CHAPITRE XIII
DU GEXRE MOULINIA Ag.
Ce petit genre constitue un type tout-à-fait particulier et fort différent de tous les genres dont nous avons traité jusqu'à présent , mais qui cependant paraît se rapprocher sous plusieurs rapports des Echinocyames et des Scutelles. Je l'ai dédié à M. Ch. DesMoulins , dont les travaux sur les Echinodermes ont si puissamment contribué à l'avancement de nos connaissances sur cette classe des Rayonnes. Je n'en connais encore qu'une seule espèce,qui est le
MOULIMA CASSIDCLINA Ag.
Tab. 22, fig. 1-6.
Srw. Scutella cassidulina DesMouI. Tabl. syn. p. 232.
Le caractère qui frappe le plus dans cet Oursin , c'est la présence de sillons profonds entre les différentes rangées de plaques , ensorte que le test se trouve divisé extérieurement en vingt sections très marquées ; ce qui fait que le bord est fortement ondulé. Les sutures transversales sont également indiquées par de petits sillons , qui cependant sont moins profonds que les sutures des rayons. Ces sutures ou dépressions ne sauraient être le résultat d'une altération, car dans ce cas les tubercules et l'épiderme auraient disparu; or, loin de là, tous deux sont parfaitement conservés ; les tubercnles surtout sont très saillans et fort distincts. Les pétales ambulacraires divergent fortement à leur extrémité ; les pores ne sont pas réunis par des sillons transverses ; ils ne s'ouvTent pas non plus dans des plaques particulières , comme c'est le cas de la plupart des autres genres ; mais ils sont percés dans les plaques mêmes de l'aire ambulacraire, absolument comme les plaques des Galérites, avec cette différence qu'ils sont limités
à la face supérieure. On pourrait dés lors se demander si cette espèce appartient bien réellement au groupe des Scutellcs et s'il ne vaudrait pas mieux la reporter avec les Fibulaires dans le groupe des Galérites. Il est incontestable que l'affinité est grande entre ces deux genres , et si je me suis décidé à l'associer au groupe des Scutelles , c'est eu égard à sa forme très aplatie , qui rappelle tout particulièrement les Scutellines. La bouche est centrale et circulaire. L'anus , situé à la moitié de la distance entre le bord et la bouche , est également circulaire et de grandeur moyenne. Je n'ai pas eu l'occasion d'observer la structure de l'intérieur du test, ni l'appareil masticatoire.
L'espèce dont il est ici question, est de forme subcirculaire, un peu plus longue que large , très plate , à bords minces , ondulés et arrondis. Les Cg. 1 , 2 et 3 la représentent de grandeur naturelle par les faces supérieure, inférieure et de profil. Afin de faire mieux ressortir les détails du test , j'ai représenté ces mêmes figures sous un grossissement de deux diamètres dans les fig. 4 , 5 et 6.
La fig. 4 a montre une portion de la surface sous un grossissement plus considérable encore , afin de donner une idée de la disposition des tubercules spinifères, qui sont distinctement mamelonnés , perforés et entourés d'un cercle de tubercules miliaires qui paraissent être conformés de la même manière. Mais un caractère particulier qui ne se retrouve dans aucun autre genre du groupe des Scutelles , pas même dans les Echinocyames , c'est qu'au lieu d'être entourés d'une aréole lisse, les tubercules s'élèvent immédiatement de la surface du test, ce qui les fait paraître si saillans. Je n'ai pas pu observer la rosette apiciale ; mais je ne doute nullement qu'elle ne présente encore quelque caractère particulier qui permette d'établir d'une manière plus complète les affinités naturelles de ce genre.
Je ne connais cette espèce que par un seul exemplaire, que je dois à l'obligeance de M. Des- Moulins. 11 provient des côtes de la Martinique, où cette espèce a été découverte par M. Rang.
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