‹ Monographies d'échinodermes, vivans et fossiles (volume 2)Chapitre 91 sur 187 · III. Galerites vclgaris Lam · texte numérisé non relu

III. Galerites vclgaris Lam

Tab. 2,fig. 1-lOetTab. 13,fig. 4-6.

SYiN. Galerites viilgaris Lam. III. p. 307. (non Gldf.) — E. Desl. Enc. T. 2, p. 431. — DeBl. Zooph. p. 203. — Gratel. Ours. foss. p. 56. N° 8.— Ag. Prodr. p. 186.— DesMoul. Tabl. syn. p. 230. N" 4. (var. a.)— ' Âg. Catal. syst. Ectyp. p. 6.

Echinites vulgaris ( pro parte). Leske apud Klein p. 165. Coiiulus gedanensis ( pro parte). Klein p. 20 §. 32. Tab. 14, fig. e, f. Galerites ocaii/s Lam. III. p. 310. — E. Desl. Enc. T. 2, p. 433. Jacoba Melle. Ecli. Wagr. Tab. 1 , fig. 3.

Le G. vulgaris semble avoir été longtemps une sorte d'incertœ sedis dans lequel on rangeait, sans critique , cette quantité de moules siliceux de Galerites qui sont si fréquens dans la craie. J'ai vainement cherché , dans les auteurs, une figure qui représentât cet Oursin avec son test. Tout le monde s'en rapporte aux figures de Klein. Or, quoique ces figures soient assez défectueuses, on peut cependant y reconnaître des moules de différentes espèces. La plupart représentent évidemment le G. abbreviata, que l'on distingue aisément à sa forme conique et circulaire. D'autres indiquent des moules d'une espère plus élevée, subpentagonale et voisine à plusieurs égards du G. Albo-galerus. Ce sont ceux que Lamarck paraît avoir eus en vue , lorsqu'il distingua son G. vulgaris de son G. abbrevinia. Comme le test de celte espèce n'est encore décrit et figuré nulle part , je vais essayer d'en indiquer les principaux traits ainsi que ses rapports avec les moules. Le caractère le plus saillant du G. vulgaris consiste dans sa forme ramassée. Sa hauteur est au diamètre (le la base comme 4 à 5, et, sous ce rapport, il tient en quelque sorte le milieu entre les G. pyramidalis, conica et Albo-galerus, d'une part, et les G. abbreviata , angulosa, lœvis , Castanea, etc., de l'autre. La face inférieure est subcirculaire et parfois subpentagonale , surtout dans les moules. La bouche paraît , au premier abord , circulaire ; mais si l'on vient à l'examiner de près , on trouve qu'elle est anguleuse, comme dans toutes les autres espèces. L'anus est grand et de forme elliptique. Sa position est, à vrai dire, infra-marginale; mais comme les bords du test sont fortement arrondis , il en résulte qu'on le voit en entier de profil et en dessous (voy. fig. 3 et 4). La

carène sur-aDale, sans être très-forte, est cependant très-distincte, surtout dans les moules (fig. 6). La structure du lest offre une grande variété de détails ; mais pour bien en saisir les rapports, il faut les examiner à la loupe ; c'est dans ce but que j'ai joint à mes figures de grandeur naturelle les figures 7 et 8 représentant, l'une le sommet du test avec l'appareil génital , et l'autre une partie d'une aire ambulacraire et d'une aire interambulacraire vues sous le même grossissement. Les tubercules principaux sont répartis sur toute la surface du test, mais ne forment pas de séries régulières. Ils sont plus serrés que dans le G. Albo-galerus, car on en compte de seize à vingt sur une plaque interambulacraire du milieu du test (fig. 8), tandis qu'il n'y en a guère qu'une douzaine sur les plaques interambulacraires de cette dernière espèce. Les plaques des aires ambulacraires sont beaucoup plus petites et de plus irrégulières (fig. 8) ; on en distingue de deux sortes , les plaques primordiales ou celles qui s'étendent sur toute la largeur d'une demi-aire, et les petites plaques intercalées qui sont limitées aux bords ; les pores ambulacraires s'ouvrent indifféremment dans les unes et dans les autres.

Pour donner une idée aussi parfaite que possible de l'appareil génital, je l'ai représenté isolé dans la fig. 9. Les quatre plaques génitales paires sont celles qui frappent le plus, autant par leur forme et leur grandeur que parce qu'elles sont les seules perforées. La plaque génitale impaire est imperforée et de moitié plus petite. Ces cinq plaques forment un anneau qui entoure le corps madrépori forme ; elles sont même si intimement unies à ce dernier, qu'on n'aperçoit aucune trace des sutures qui les séparent; elles semblent faire corps avec lui. Les plaques ocellaires sont très-petites et bilobées à leur bord externe , de manière que le sommet de l'aire interambulacraire vient s'insinuer dans l'échancrure qui sépare les deux lobes , comme cela se voit dans le dessin grossi de fig. 7. Les plaques ocellaires sont également percées d'un petit trou, qui, quoique d'une exiguité extrême , est cependant visible à l'aide d'une bonne loupe ; c'est par inadvertance qu'ils ont été omis dans les figures ci-jointes (fig. 7 et 9).

Le moule , comme on le pense bien , ne montre aucune trace de ces ornemens qui caractérisent le test ; mais sa forme est en général la même. On y reconnaît toutes les divisions principales du test , et même l'empreinte des sutures qui unissaient les plaques entre elles. Les aires ambulacraires présentent même un relief plus marqué qu'à la surface du test. L'ouverture anale y paraît aussi plus grande ; mais c'est là un caractère propre à la plupart des moules.

Si nous groupons autour du G. vulgarts les diverses espèces suivant leur affinité, nous trouverons que les plus voisines sont le G. anguhsa, le G. subrolimda, le G. Albo-galerus et le G. comca. Le premier cependant est plus anguleux et moins élevé , le second est plus hémisphérique

et a l'ouverture anale plus haute. Le G. Albo-galerus est plus conique; ses bords sont moins renflés, et sa face inférieure est plus plate. Quant au G. conica , il ne paraît en différer que par sa forme plus élevée et plus comprimée vers le sommet. Le G. vulgan's est ainsi en quelque sorte l'espèce typique du genre; elle est comme un centre auquel les autres espèces viennent se rattacher, les unes, par tel caractère, les autres, par tel autre.

Cette espèce se trouve à-peu-près partout dans la craie blanche , et peut être comptée parmi les fossiles caractéristiques de cette formation. L'original des fig. 1 , 2 , 3 et 4 fait partie de la collection du Musée de Berne, et m'a été communiqué par M. Studer. Le moule représenté dans les fig. 5 et 6 provient de l'île de Wight , et a été déposé au Musée de Neuchàtel par M. Ibbetson. C'est le plus grand que j'aie rencontré jusqu'ici ; il est simplement pyriteux , tandis que le plus grand nombre , et notamment ceux du nord de l'Allemagne , sont calcédonieux et semi-transparens. Je rapporte à cette espèce le monstre de Tab. XIII , fig. 4-6 , dont il a été question dans l'introduction à l'article des anomalies. Il se pourrait cependant que sa forme renflée ne fût qu'une conséquence de son test déformé, et dans ce cas , on devrait l'envisager comme un G. Albogalerus , car c'est de cette espèce qu'il se rapproche le plus par la disposition de ses tubercules interambulacraires, qui sont moins nombreux et plus gros que ceux du G. vulgaris.

Il ne faut pas confondre cette espèce avec le G. vulgaris de Goldfuss , qui n'est autre chose que le G. ahhremata Lam. , décrit ci-dessous. Quant aux autres synonymes , je n'ai rapporté que ceux dont l'identité m'a paru incontestable. Les citations des auteurs anciens , que l'on place ordinairement en tête de cette espèce, se rapportent toutes plutôt au G. ahhrei'iata ({\\ an G. vulgaris.— Le G. ovatus Lam. n'est pas une espèce particulière; M. Agassiz, qui a eu l'occasion d'examiner l'original de Lamarck au Muséum de Paris , m'a assuré que ce n'est autre chose qu'un très-grand G. vulgaris comprimé.

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