‹ Monographies d'Echinodermes vivans et fossilesChapitre 11 sur 84 · I. MeLLITA QITOQCBFORA Ag · texte numérisé non relu

I. MeLLITA QITOQCBFORA Ag

Tab. 3.

Six. ScuteUa quinquefora Lani. 3' Ed. Toin. 3. p.280. — E. Dcsl. Enc. Tom. 2, p. 676, ÎH° 5. — DcBI.

Dict. Sc. nat. T. 48, p. 223, — DcsMoul. Tabl. syo. p. 224, N® 7.

Scutclla pentapora DcBI. Zooph. p. 220. — Agass. Prod. p. 18S.

Cette espèce figure généralement dans les collections d’Europe sous le nom de Scutclla quin que fora que lui a donné Lamarck. Ayant un jour eu l'occasion de comparer une série assez nombreuse d’exemplaires qui m’avaient été envoyés de Porto Rico, je m'aperçus qu’on avait confondu plusieurs espèces sous ce nom. Les exemplaires provenant de la Vcra-Crux différaient évidemment de ceux de Porto Rico , et comme c’est l’espèce de la Vera-Crux qui se trouve figurée dans Leske , je lui conservai le nom de MeUita tesludinata que lui avait donné Klein , en la distinguant du MeUita quinquefora , qui est l'espèce de Lamarck.

Les fig. 1 et 2 représentent le MeUita quinquefora avec ses teintes naturelles , lorsque les soies sont enlevées. La fig. 3 le montre avec scs soies par la face supérieure. La fig. 5 est une esquisse d'un jeune individu vu par la face inférieure. Un coup d'œil jeté sur ces diverses figures suffit pour en faire ressortir l’un des caractères les plus importans, la largeur extraordinaire du test comparée à sa longueur. Dans l'exemplaire de fig. 3, l’un des plus beaux et des plus

(•) Lorsque je fis exécuter les planches ci- jointe», je n’avais pas encore distingué le genre Mcllita de* Eocopes: c’est pourquoi ceuc espèce y figure sous le nom d 'Eneope pentapora , an liau de MeUita quinquefora.

grands que je connaisse , le diamètre transversal est de 1 j: plus long que le diamètre longitudinal , et l'on remarque que la région postérieure est toujours plus large que la région antérieure ; au reste , la forme du test est assez généralement subcirculaire. Le côté antérieur est tantôt arrondi, tantôt tronqué. 11 en est de même du côté postérieur; en sorte que le plus ou le moins de régularité dans le pourtour du test ne peut point être invoqué comme un caractère spécifique. L’exemplaire de fig. 6 a même une forte échancrure au bord postérieur dans le prolongement de la lunule de l’aire interambulacraire impaire ; mais il est probable que cette échancrure n’est qu’accidentelle , peut-être même le résultat d’une brisure qui se sera cicatrisée et recouverte de soies avec le temps. La fig. 4 représente le proûl de cette espèce qui , comme on le voit , est très plate ; le plus fort renflement correspond à la région postérieure. Les lunules sont au nombre de cinq t ainsi que l’indique le nom spécifique. Il y eu a une dans le prolongement de chaque amhulacrc et une dans l’aire interambulacraire impaire ; l’ambulacre impair en est dépourvu ; toutes ces lunules sont étroites et trés-allongèes ; celle de l'aire interamhulacraire est la plus grande. Les pétales ambulacraires sont larges et s'étendent jusqu’au delà de mi-bord ; elles montrent un léger renflement au milieu. Les deux pétales pairs postérieurs sont ordinairement un peu plus grands que les antérieurs , plus ou moins tronqués à leur extrémité et légèrement fléchis en dedans, sans doute par l'effet de la lunule de l’aire interam* bulacraire impaire qui les refoule latéralement. L’espace occupé par les petits sillons , ou la zone porifère proprement dite , est plus large que l’espace intermédiaire. La fig. 9 représente une partie d’un ambulacre sous un très fort grossissement , où l’on voit que même l'espace entre les sillons est garni de petits tubercules très rapprochés et disposés par rangées transversales. La face supérieure du test présente une granulation très homogène qui correspoud à l'uniformité des soies. 11 n’y a que les bords des lunules qui soient garnis de tubercules plus gros ; aussi portent-ils des soies beaucoup plus développées, qui souvent ferment presque entièrement les lunules. La rosette apiciale est petite et d’une structure spongieuse. Les quatre pores génitaux sont placés à l'extrémité des rayons de cet organe spongieux, au sommet des aires ioterambulacraircs. Les trous ocellaires, placés au sommet des aires ambulacraires, sont à peine visibles à l’œil nu. La face inférieure , ainsi que nous l’avons dit à l’article du genre , u’a rien de l'uniformité de la face supérieure ; les aires intcrambulacraires y sont garnies de tubercules beaucoup plus nombreux que les aires ambulacraires; aussi portent-ils des piqnans sensiblement plus grands. Cette différence dans la structure delà face inférieure se réfléchit même dans les teintes de l’animal, qui sont toujours plus claires sur les aires intcrambulacraires que sur les aires ambulacraires, alors

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même que les soies sont enlevées , voy. fig. 2. La fig. 10 représente une portion grossie d'une aire intcrambulacraire de la face inférieure; les tubercules y sont entourés d une granulation excessivement fine que l’on n’aperçoit qu’à l'aide d’une forte loupe. Les sillons qui correspondent aux amkulacres, sont criblés de petits porcs dans tonte leur étendue, jusqu a l’extrémité des rameaux latéraux les plus menus. Ces sillons , très marqués dans cette espèce , se ramifient d’une manière fort irrégulière, ensortc que la fréquence des branches latérales ne peut pas être envisagée comme un caractère spécifique : elle varie d'un individu à l’autre, et souvent même les sillons d'un seul et même individu peuvent présenter des variations très notables, comme c’est par exemple le cas de l’exemplaire figuré : les sillons des ambulacrcs postérieurs sont bien plus ramifiés que ceux des ambulacrcs antérieurs et, qui plus est, ils empiètent même sur faire intcrambulacraire impaire , qu'ils sillonnent dans tous les sens (fig. 2). La bouche est subcentrale , plus rapprochée du bord antérieur que du bord postérieur; elle est de (orme circulaire et entourée, dans lès exemplaires bien conservés , d'un cercle de soies qui la masquent plus ou moins. Son apparence ondulée provient uniquement des saillies que font sur son pourtour les tubes des branchies buccales, qui occupent la partie antérieure de6 sillons ambulacraires. Ces tubes sont plus longs dans les sillons des ambulacrcs postérieurs que dans ceux des ambnlacres antérieurs , par la raison que dans ces derniers les deux branches du sillon ne se réunissent que dans le voisinage du pourtour de la bouche. L’anus est de forme ovoïde et très rapproché de la bouche , il est ordinairement fermé par un tissu de plaques calcaires de forme irrégulière.

J'ai pu étudier, dans l’exemplaire de fig. 3 , les trois sortes de piquans qui caractérisent les Mollîtes : ceux de la face supérieure sont en général petits , mais d’une forme particulière ; on dirait de petites massues très renflées à leur extrémité ; la fig. 1 1 a en représente un sous un très faible grossissement. Ceux de la face inférieure sont les plus longs, cylindriques etsubulès; enfin les soies qui occupent le bord des lunules, forment la troisième espèce; ce sont des piquans moins longs que les précédens, mais sensiblement plus massifs; les fig. 1 4 l et c les montrent par leur face aplatie , qui présente d’un côté une espèce de dépression en forme de cuillère allongée. La fig. d représente le même piquant vu de profil par sa face tranchante. Toutes ces soies paraissent soumises dans leur disposition à des lois constantes. Ceux de la face supérieure sont généralement inclinés vers la périphérie avec une tendance plus ou moins marquée à se courber latéralement, disposition qui n’est pas visible à l’œil nu à cause de la petitesse des soies , mais qu’on aperçoit fort bien au toucher. Les soies des lunules sont généralement dirigées obliquement des bords vers le milieu , ce qui fait que souvent elles masquent à peu prés complète-

ment ces dernières. A la face inférieure, les soies des aires mlcranilmlacraires postérieures paires sont dirigées en dedans, tandis que celles des aires antérieures le sont en dehors. Comme la même disposition se reproduit à peu prés dans toutes les espèces dont j’ai observé les soies, je renvoie à la fig. 1 1 de pl. ta qui représente la face inferieure du Slellita hexapora avec ses soies.

La disposition des organes intérieurs est d'un très grand intérêt : la fig. 6 de Tab. 3 représente l'intérieur du test , vu d'en haut, le plancher supérieur étant enlevé. On y reconnaît très distinctement la forme et la direction de l’intestin , qui , en quittant le sommet de la rosette apicialc interne , passe par dessus la mâchoire antérieure droite , de là se déploie , sous forme d'estomac , sur le flanc gauche , passe ensuite sur le flanc droit , remonte vers le bord antérieur et revient de nouveau en arrière ; en sorte qu'il passe deux fois sur le cété droit et nne fois sur le coté gauche. Toute la masse du test est en outre remplie de cellules , que j'ai trouvées tapissées d une membrane brunâtre , absolument semblable à l'intestin, en sorte que je ne doute nullement qu elles ne soient destinées à recevoir des appendices du canal intestinal. L'appareil masticatoire occupe le rentre de la cavité intérieure ; il est séparé de la cavité intestinale proprement dite par les piliers qui s'élèvent du plancher inférieur Ams les aires intcrambolacraires. La fig. 8 représente l'appareil masticatoire isolé , vu par sa face inférieure. On remarque que les deux rayons postérieurs de la rosette sont sensiblement plus longs quo les antérieurs. Cette différence tient uniquement à ce que les lames inférieures sont beaucoup plus longues dans la mâchoire postérieure que dans les autres, ainsi qu’il est facile de s’en convaincre en étudiant attentivement les mâchoires isolées. Les dents , dont l’extrémité seule est émaillée , sont fixées par leur tranche dans le sillon des mâchoires. La fig. 7 représente la partie centrale du plancher inférieur , après en avoir enlevé la rosette masticatoire. On y distingue la position et la forme des auricules destinées à supporter l'appareil masticatoire; elles sont larges et présentent une légère échancrure au milieu. La bouche, qui est au centre , est entourée de soies rayonnantes. Enfin l'on aperçoit aussi dans cette même figure les piliers calcaires, qui sont situés, ainsi que les auricules, dans les aires interambulacraires. J'ai déjà fait remarquer plus haut que ces piliers varient considérablement de forme et de grosseur suivant les individus.

Je dois à l'obligeance de mon parent, M. Auguste May or, de New-York, une série nombreuse d'individus de cette espèce , recueillis par lui à Porto-Rien. Tous sont d une liellc teinte verte.

i H. Melijta testidivàta Kl.

Tab. 4o, fig. 7-9.

Syn. Mcllita iestudinata Klein, Ed. Leskc, pag. 25, Tab. 21, fig. C. D. — Ejusd. Maxilbc, p. 36, Tab. 33, fig. r ei s. — Klein Gall. § 82, p. 92, Tab. 1 1 , fig. C.

Fchinodiscut quinquiet perforatus Lesl.e apud Klein, p. 197, sp. 51 .

F.ehinus orbiculus var. */ Lin. Syst. nat. 12* édit. p. 1105.

Echinuj pentafom * Lin. Gm. p. 3189.

Echinoglycus quinque canalibus pendus van Phels. Brief over ZeeEgelen, p. 35.

Pain (T épice de la f r cra-Crux Davila. Calai. T. 1, p. 423.

F.ehinus laganoides orbicularù Sçba , Thés. Tom. 3. Tab. 15, fig. 9 cl 10.

Scutel/a quinquejora Encycl. niéih.T. 149, fig. 3 et 4.

Echinodiseus Gualt. Test. Tab. 110, fig. E.

Muller Délie, nat. I. p. 93. Tab. D. I, fig. 16.

I /espèce dont il est ici question a déjà été décrite et figurée par Klein , et comme les figures que cet auteur en donne se trouvent reproduites dans l'Encyclopédie méthodique, et que la ligure dcSeba semble être la même, j ai rapporté au M. iestudinata tous les synonymes des auteurs anciens , en ne citant au Jf . quinque fora que ceux des auteurs qui ont décrit des exemplaires du Muséum de Paris ou du moins les ont eus sous les yeux.

\jo principal caractère qui distingue le M. Iestudinata du M. quinquefora consiste en ce que le plus grand diamètre transversal, au lieu de correspondre à la région postérieure, correspond au contraire à la région antérieure. Cette différence , bien qu'essentielle et constante, ne frappe pas au premier abord , surtout lorqu’on n’a pas l'habitude d'orienter les individus en les étudiant. Sous tous les autres rapports le M. iestudinata présente à peu prés les mêmes particularités de structure que nous avons signalées dans le M. quinquefora (voyez la description ch-dessut). La fig. 10 représente les tubercules de la face supérieure sous un fort grossissement , afin de faire voir leur forme et la manière dont ils sont entourés de plus petites verrues. Les soies présentent la même structure et la même disposition que dans le M. quinquefora. J ai figuré au microscope (fig. 7 a) l'un des piquans qui bordent les lunules à la face supérieure, afin de faire voir que malgré son apparence lisse, il est cependant hérissé de nombreuses aspérités, comme les piquaus de tous les Ecbinides en général. Le dessin le représente par la face aplatie.

Klein a donné une figure assez imparfaite de l’une des màcboircs. Je n'ai pas eu foocasiou d’observer moi-méme l’appareil masticatoire dans son ensemble ; mais je ne pense pas qu'il puisse ♦‘•Ire bien différent de celui du if. quinquefora , qui se trouve figuré sur la pl. 3, fig. 6 et 8.

Tous les exemplaires de cette espèce que j’ai pu examiner jusqu’ici proviennent de la Verat .rux , d’où était aussi originaire l'exemplaire de Klein. Je les ai tous trouvés d’une teinte brunâtre ; mais comme les soies des lunules sont encore vertes dans l’exemplaire figuré , il est vraisemblable qu a l’état vivant ces animaux sont verts comme le if. peidapora. Les exemplaires figurés font partie du Muséum de Paris et m’ont été communiqués par M. Valenciennes.

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