‹ Monographies d'Echinodermes vivans et fossilesChapitre 23 sur 84 · XI. Encope stokesii Ag · texte numérisé non relu

XI. Encope stokesii Ag

Tab. 6 a, fig. 1-8.

On rencontre souvent, sur la limite des genres, des espèces qui, par U combinaison de leurs caractères, semblent se soustraire à la détermination zoologique. VE. StoJwii est dans ce cas : sa physionomie est tout à fait celle des Encopcs; mais si Ion vient à ouvrir l’intérieur, on est tout étonné d’y trouver la structure des Mollîtes. Au lieu de la cloison calcaire, qui sépare la cavité buccale delà cavité intestinale, et qui s'étend en outre sur le flanc droit, entre les replis de l'intestin grêle , nous n'avons ici que des piliers calcaires qui s'élèvent des aires inlerambulacraires , absolument comme ceux que nous avons décrits dans le M. pentapora (Tab. 3, fig. G et 7). J’ai voulu m'assurer si ce caractère particulier existait dans tous les exemplaires , et je l’ai retrouvé le même dans les adultes comme dans les jeunes , ensorte qu'il ne peut y avoir de doute sur sa valeur réelle. Si d'un autre côté nous considérons que VE. Siolutii a tous les caractères extérieurs des Encopcs, la forme générale , la grandeur de l'étoile ambulacraire, la forme arrondie et souvent ouverte des lunules , et enfin les cinq pores génitaux, ensorte que pour qui ne connaîtrait pas la structure intérieure, il ne pourrait y avoir aucun doute sur le genre auquel il faut rapporter celle espèce; si, dis-je, l’on tient compte de toutes ces circonstances , on devra couvenir qu'il est à peu près impossible , dans l'état actuel de nos connaissances sur l'anatomie de ces animaux, de prononcer un jugement définitif; aussi n'ai-je pas la prétention de décider la question dés maintenant II est un seul caractéro extérieur qui, quoique secondaire, semble cependant trahir une plus grande affinité a\ec les Mellites, c’est la couleur , qui est verte , comme daos les Melliles ; tandis que nous avons vu que toutes les Encopes, dont les teintes sont conservées, sont brunes , violettes ou lilas.

Considéré en lui-mêiuc el comme espèce , VE. Slokesii se fait remarquer par sa forme circulaire dans les jeunes individus, et plus ou moins tronquée en arriére dans les adultes. Le diamètre transversal et le diamètre longitudinal sont à peu près égaux. Le point culminant correspond au sommet apicial et la face supérieure présente une déclivité uniforme vers les bords (voyez fig. 3). I-cs pétales ambulacraircs sont larges et arrondis à leur extrémité, mais n’alleignent pas le bord des entailles. La lunule de Taire interambulacraire impaire est de forme ovoïde et très rapprochée du bord. La bouche est au centre de la face inférieure , entourée d'une rosette buccale décagonale (fig. 2). Lorsque les soies sont conservées, comme c’est le cas de la plupart des exemplaires que je possède, l’ouverture buccale est masquée par des soies trèsroides qui naissent sur son pourtour. L'anus est pyriforme, situé à moitié chemin entre la bouche et le bord postérieur. Les sillons de la face inférieure sont très marqués , même dans les exemplaires revêtus de leurs soies; ils se bifurquent une ou plusieurs fois avant d’atteindre le bord.

J’ai représenté des exemplaires de différons Ages, afin de faire mieux ressortir les modifications que subissent ces animaux en grandissant. J'ai pu m’assurer en comparant une vingtaine d'exemplaires de taille différente , que , dans cette espèce au moins , les entailles des aires ambulacraircs, au lieu de s'élargir avec Tàge, tendent au contraire à se refermer sur le bord. En effet, elles sont très ouvertes dans le petit exemplaire de fig. 1 ; dans les exemplaires de fig. 2 , 5 et 8, clics montrent déjà une tendance très prononcée à se fermer; enfin, daus l'exemplaire de fig. 6, les entailles antérieures sont complètement fermées, et les postérieures ne sont que très peu ouvertes sur le bord.

Les soies varient de forme suivant leur position ; celles de t fig. prises à la face supérieure, se font remarquer par leur forme essentiellement cia voilée. Celles de fig. 7 sont de la face inférieure; elles se distinguent parleur forme cylindrique et subulée. La fig. e r représente une partie du piquant 7c sous un grossissement double , montrant la forme el la disposition des fines dentelures dont sont hérissées les stries longitudinales. Tous ces piquans ont la face articulaire très distincte el séparée par un anneau ou renflement circulaire très marqué.

La fig. 8 montre la cavité intérieure avec les piliers calcaires que nous avons signalés plus haut ; autour de ces piliers , s'étend le canal intestinal , qui est ici représenté à l étal desséché , ce qui le fait paraître si étroit. Je me suis assuré par l’examen de la cavité d'autres exemplaires que la partie qui occupe le flanc gauche est sensiblement pins large que dans la fig. 8.

L'appareil masticatoire est loin d’étre massif ; la charpente des mâchoires surtout est très mince

et les lames verticales très délicates. La face inférieure prèseutc une petite caréné qui s'ailaplo dans un sillon du sommet des auricules. Ces dernières sont petites et rapprochées.

Celle espèce parait être commune sur les eûtes occidentales de l'Amérique tropicale. Je dois à l’obligeance démon ami, M. Stokcs, la communication d’une série considérable d’exemplaires provenant des Iles Gallopagos. leur couleur est d'un vert cendré , un peu plus foncé dans les vieux individus que dans les jeunes. Les naturalistes de la Bonite , MM. Kvdoux et Soulève! en ont déposé au Muséum d’histoire naturelle de Paris plusieurs exemplaires , provenant de Guayaquil , teintés de lilas , mais dépourvus de leurs soies.

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