CHAPITRE VII
DU GENRE SCUTELLA Lun. A C ).
Apres avoir défalqué du genre des Scutellcs tel que l'a caractérisé Lamarck , d'une part tontes les espèces pourvues d'entailles , de lunules, de digitations , etc., dont nous avons fait les genres Hulula, Jtuua , Mellila , Encopt, l.obophora et Amphiope ; et d’autre part, les espèces ayant l'anus marginal , tels que les Echinarachniut , les Ararhnoidrs , les Sculellines , ainsi que les espèces plus voisines des vrais Clypéasfres, tels que les Laganum, les Echinocyamu* et les iloulinia , il ne reste plus comme vraies Scnlelles, que les espèces à bords entiers , qui ont les ambulacrcs convergens et l'anus à la face inférieure.
LesSculellcs ainsi limitées sont des oursins de grande taille, ordinairement très aplatis et présentant une déclivité très graduée du sommet vers le bord. La plupart des espèces sont plus larges que longues; leur pourtour est généralement ondulé et lo cftté antérieur pour l'ordinaire sensiblement plus étroit que le cété postérieur. Le point culminant du test coïncide avec la rosette apicialc. Les pétales amlmlacraircs sont plus ou moins développés suivant les espèces ; leur longueur et leur largeur relatives constituent les principaux caractères spécifiques des espèces. La rosette apicialc présente ordinairement un pentagone assez régulier. Il n'y a que quatre pores génitaux ; les trous ocellaires , moins distincts que ces derniers , sont cependant reconnaissables dans tous les exemplaires bien conservés. Iæ corps madréporiforme se montre composé d'une agglomération de tubes capillaires comme dans les genres précédons. La face inférieure est moins uniforme que la face supérieure; les sillons surtout s’y ramifient considérablement. La bouche est centrale , entourée d'une rosette buccale ordinairement très grande et composée de dix plaques cunéiformes dont les plus grandes correspondent aux aires ambulacraires ; elle serait de plus circulaire , notaient les tubes branchiaux dont l'extrémité fait saillie sur son pourtour. L anus est petit , plus ou moins rapproché du bord postérieur ; mais jamais il n'est entièrement marginal.
L’intérieur des Scu telles rappelle à beaucoup d’égards la cavité intérieure des Lobopliores ; il n’y a ni piliers, ni cloison calcaire destinés à séparer l'intestin des organes masticatoires; mais la cavité libre du milieu est très petite ; en revanche les bords ne présentent qu’un labyrinthe de piliers calcaires , entre lesquels étaient sans doute logés , pendant la vie de l’animal , des appendices du canal intestinal. L’appareil masticatoire est en général très solide ; les mâchoires sont fortes , hérissées de lames calcaires très hautes , implantées sur une charpente massive.
Je ne connais que des espèces fossiles de ce genre. A l'exception d’une seule , le Sc. Hogrrsi , qui est de la craie, elles appartiennent toutes aux différons étages de la formation tertiaire, depuis le calcaire grossier des environs de Paris jusqu’aux Faluns de la Touraine.