X. Lagasim hostratlm Ag
Tab. 25.
Celle espèce appartient au type du L. I.tmturi ; elle est très allongée et ovale. Le côté postérieur est moins large que le côté antérieur. Le pourtour du test n'a point cette forme anguleuse qui caractérise l’espèce ci-dessus mentionnée , bien que l'on remarque encore de légères troncatures dans le prolongement des aires ambulacraires , surtout des postérieures. Mais un caractère particulier de cette espèce consiste dans la déclivité uniforme de la face supérieure (voyez le profil en fig. 3). Le bord est épais sans être renflé. Les pétales ambulacraires, étroits et lancéolés, ne se ferment point à leur extrémité. L’espace intermédiaire entre les zones poriféres a le double de la largeur do ces zones elles-mêmes. La rosette apieiale est assez large et lorsqu’on l’examine de pris , l’on y reconnaît la même structure spongieuse qui caractérise la plupart des Scutelles. Les pores génitaux, au nombre de quatre, sont très apparens ; l’un d'eux , celui de l'aire intcrambulacraire postérieure droite, est même double dans un de mes exemplaires. Je n'ai pu reconnaître que des traces incertaines des trous ocellaires qui paraissent cachés sous l’épiderme (voyez fig. 4, qui représente la rosette apieiale et deux pétales grossis).
La face inférieure est complètement plane. L’ouverture buccale est centrale et circulaire ; elle est entourée d'un cercle de petites soies très roides et distinctement striées dans le sens de leur
longueur. Les sillons ambulacraires sont très marqués et, comme d'ordinaire, ils contiennent une quantité de petits pores. Les aires interambulacraires forment une bande étroite et assez distinctement limitée ; elles affectent même une teinte plus vive que le reste du test dans les exemplaires qui ont conservé leur couleur. L'anus est très rapproché du bord ; son pourtour est garni de petites soies , qui naissent dans la dépression même de l’ouverture anale et qui, par leurs dimensions , sont intermédiaires entre celles des tubercules spinifères et celles des tubercules miliaires. C'est la seule espèce qui m’ait présenté une disposition pareille des soies autour de l'anus. La surface entière du test présente une granulation très uniforme , mais remarquable en ce que les tubercules spinifères sont bien moins serrés que dans la plupart des autres Laganes. On ne remarque à cet égard aucune différence sensible entre la face supérieure et la face inférieure.
L'intérieur , que j’ai représenté dans la fig. 5 , le plancher inférieur étant enlevé , m’a fourni de précieux indices sur plusieurs points obscurs de l’organisation des Sculelles : j’y ai trouvé , outre la position relative des principaux organes que nous avons décrits à l’article du genre (p. 106), les pétales ambulacraires garnis intérieurement d'une espèce de tissu spongieux qui parait avoir été mou durant la vie de l’animal et que je crois être les véritables branchies, car elles sont composées de feuillets qui viennent aboutir à la rangée externe des pores, absolument comme dans les vrais £chinus. Ces branchies ne s'étendent pas an delà de l’extrémité des pétales ; ensorte qu'il y a tout lieu de présumer qu’ils constituent un organe différent de celui dont dépendent les suçoirs de la face inférieure. L’appareil masticatoire est remarquable par son apparence massive. Les mâchoires sont très hautes par suite du développement extraordinaire des lames feuilletées à la face inférieure. La charpente elle-même , et particuliérement ses arcs montans sont très forts , et , vus d’en haut , Us forment à la face supérieure de l’appareil masticatoire un cercle très massif, lorsque les cinq mâchoires sont réunies (fig. 7). Les fig. 8 , 9 et
10 représentent une mâchoire isolée de grandeur natureUe, vue d’en haut en fig. 9, de profil en fig. 10, et par derrière en fig. 8 ; ces deux dernières figures donnent une idée de la hauteur extraordinaire des mâchoires et de la disposition des feuillets calcaires. Les dents sont fixées de champ dans le sillon de la face supérieure des mâchoires ; mais comme cclles-ci sont très hautes,
11 en résulte qu’au lieu d'être horizontales , comme dans les espèces à mâchoires plates , les dents doivent être obliques et très arquées pour atteindre l'ouverture buccale ; de plus elles ne sont émaillées qu'à leur extrémité, de même que dans les vrais Clypéastrcs. L'appareil masticatoire est maintenu en place par cinq fortes auricules, qui, au lieu de servir de pivot aux mâchoires , comme c’est le cas des I/>bophorcs , forment au contraire de puissans contre-forts qui
les empêchent de dévier. Ces auricules sont toujours placées sur les aires interambulacraires , comme on le voit par la fig. 6 qui représente la face interne du plancher inférieur avec la bouche au milieu.
La couleur de cette espèce est d’une teinte brunâtre tirant sur le violet. Elle provient de la Nouvelle-Zélande ; j’en ai dû des exemplaires à M. DesHayes et à M. Michelin.