PAYSAGE RUSTIQUE
En face de la place publique du village — qu'entourent le cimetière, l’église, le presbytère, quelques magasins et des habitations—de la large piazza où je m'allonge nonchalamment dans ma grande chaise, je vois d’un côté le chemin s’élever en pente douce et se terminer par la ligne bleue du ciel ; de l’autre, faisant un angle droit, il descend rapidement jusqu’à un petit pont peint en rouge jeté sur un cours d’eau. Ce chemin est bordé, à gauche, par de gigantesques ormes, des peupliers et des saules, à droite, par les maisonnettes de bois qui s’échelonnent gracieusement. Il est six heures et demie du soir. Le chemin est désert, Le calme de la cessation du travail a remplacé le peu d’agitation d’auparavant,. On sent une transition. C’est l'heure du souper. Toutes les familles sont réunies autour de la table, Le soleil qui descend lentement derrière moi plonge ses rayons mourants sur la route, Tout à coup, une dizaine de vaches apparaissent là-bas, sur le petit pont rouge. Lentement elles viennent en ruminant, guidées par l'enfant qui les mène au pâturage chaque
matin et les ramène chaque soir.