‹ Monographies de plantes canadiennes [microforme]Chapitre 74 sur 89 · A UNE FEMME POETE · texte numérisé non relu

A UNE FEMME POETE

Ecoute ce récit :

Du haut d’une montagne sombre et géante, dont les pics déchiraient les nues, s’élançaient, sur une pente rapide, à travers les rochers, les gouffres, les ravins et les bois, une dizaine de ruisselets coulant dans différentes directions.

Ils fertilisaient la plaine, étanchaient sa soif, murmuraient des chansonnettes, puis soudain prenaient des airs graves de ruisseaux monotones, pour disparaître dans l’Océan. ;

L'un d'eux, fatigué de ce rôle modeste ou ne se rendant pas compte du bien qu’il faisait, de la gaieté qu’il apportait, se dit un jour:

“Mon humble existence est tout à fait inutile icibas. Assez de fleuves, de rivières, de ruisseaux roulent leurs eaux dans les environs, pour me dispenser de ma tâche. Disparaissons donc et replions-nous sur nous-même,”

Le pauvret, inconscient de son œuvre, cessa de parcourir la route accoutumée et sa source tarit !

À quelque temps de là, les terres qu’il arrosait devinrent brûlantes et infécondes ; les plantes se desséchèrent et périrent.

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