APOLOGUE
10 I | {tait au milieu de l'été, il Û Uue orgueilleuse feuille d'érable, du poétique nom | de Rama, découpée à ravir, pimpante en son vêtement d'émeraude, se balançait coquettement au bout | d’une branche solide et nerveuse, Son petit cœur de feuille goûtait ce bonheur des h, el délicats: être joli, habillé avec richesse, jouir d’un 118 | idéal spectacle, et il battait voluptueusement. 1 Hélas ! comme il arrive souvent, ce bonheur facile nu | | avait rendu superbe cette délicieuse créature, 1 | Hi Un jour, que, plus belle—si possible—que d’habi- | in! tude, elle avait écouté les compliments flatteurs des oiseaux galants, son âme se gonfla d’insolence. Elle ï { voulut faire sentir son mépris aux êtres privés de j L| |
| ces avantages, leur montrer sa supériorité sur eux. , | i | Un modeste saule croissait non loin. Avisant une à des feuilles, la plus proche, la brune Foliolès, Rama
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