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MONOGRAPHIE 4I

des villes sans beaucoup s'occuper des anciens habitants. du sol et de leurs traditions, — bien décidés à y implanter les lois, les usages, la forme de gouvernement libre de leurs pèr;s, au-delà de l'Océan. Un grand nombre de ces émigrés ou de leurs descendants jouèrent un rôle prédominant en Canada : les Baldwin, les Elmsley, les Allcock, les DeWitt, les White, les Robinson, les Smith, les Sewell, les Sher\vood,les Merritt, les Boulton, les McPherson. les Gamble.les Macauley, les Strachan. Ontario put réclamer une autre classe de Loyalistes, en 1797, les Emigrés Français auxquels le Gouvernement Impérial accorda des terres dans le Canton de Windham, H. C. : le Dr. Scadding et après lui, l'archiviste Brymner nous fournissent sur cette brillante inmiigration qui fut de courte durée, d'intéressants détails :

" It niay be interesling, dit Brymner, to note the names. ranks, and grants of land made to the French Loyalists in the 'settiement of Vv'indham. Thèse I hâve condensed from several documents, amoug the original papers in the ^lilitary corres pondence (C 620; Settlers iSoi to 1S08.)

Acres.

Comte de Puisaye 850

Comte de Chalus, Maréchal de Camp, Colonel 650

M. D'Allègre, Major Général du District de Vannes, Colonel 450

Vicomte de Chalus, Adjudant Général, Colonel 350

M. de Marseuil, Major de Division, Lieutenant-Colonel.... 300 M. Quetton de St. George, Major de Division, Lieutenant- Colonel 400

M. de Farcy, Aide-deCamp, Capitaine 350

M. Renoult, Capitaine sans commission 150

^L Segeant, Lieutenant sans commission 150

The foUowing non-commissioned officers or soldiers, ajoute t il, namely, Fouchard, Furon, Langevin, Bugle

and Marchand, reçeived a hundred acres each, 500

•' Mr. Renoult was. besides, recommended for a gran. of 1.200 acres and Mr. Segeant for a grant of 500 acres

" The name of Mr. Boiteau, Adjutant General of the District of Rennes et Fougères, with the rank of Lieutenant-Colonel, appears in the list of those holding military rank but not in the table of distribution of the lands. So far as can be ascertaineci, only one tamily, that of Mr. Quetton de St. George, is now represented in Canada. "

42 SAMUEL J. WATSOX

Si le passé du Canada Français éveille peu d'émotions chez les descendants de ces loyalistes, ils aiment néanmoins à perpétuer le souvenir des rudes commencements de leur propre existence coloniale, des épreuves et des dangers encourus par les hardis pionniers à qui ils devaient la vie.

L'origine du régime constitutionnel que Pittet Grenville leur octroyèrent, en 1791, aussi bien que leurs propres luttes contre l'oligarchie qui pesait sur chaque section du Canada, — leur dévouement en 18 12 — leurs jours sanglants de 1S37-38, pour anéantir un état de choses intolérable à tout homme libre^leurs développements — leur progrès incroyable en richesses, en population (i) depuis l'ère de la Confédération : ce sont-là autant d'agréables thèmes à broder pour leurs historiens, autant de poèmes à chanter pour leurs poètes !

Le malheur, c'est que les historiens et les poète sont rares chez eux /

L'atmosphère du Don et du Hiunbcr était peu favorable' à la muse de l'histoire. JMuddy Littlc York semblait plus sympathique aux disciples de Plutus qu'aux fils d'Apollon

Si le Haut-Canada a été pauvre en historiens et en poètes, sa presse périodique fut riche en vigoureux journalistes, en économistes, en penseurs : quelques-uns d'entre eux se sont livrés à d'importants travaux, en hi3toire,surtout l'histoire constitutionnelle et parlementaire de leur province.

Il est permis de regretter que la mort ait enlevé trop tôt un jeune journaliste Irlandais, dont les écrits sont ma'"qués au coin du talent.

Samuel-James Watson naquit à Armagh, en Irlande, en 1837, et fit ses études à l'académie de Belfast. A l'âge de vingt ans, il vint chercher fortune au Canada, fit ses premières armes dans le journalisme où il se distingua par l'exactitude et l'habileté avec lesquelles, il rendit compte

(1) En 1783, la population du Haut-Canad» était d'à peu près 3,000 âmes et celle du Bas, de 160,000. Maintenant la population d'Ontario excède celle de notre province.

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comme reporter des débats parlementaires sur l'important projet de loi sanctionné en 1S67, connu sous le nom de VActc de la Cojiféeiéraîion.

Ses aptitudes lui ouvraient en 1871, la porte à l'importante charge de bibliothécaire de la Chambre d'Assemblée d'Ontario, où il se signala par la préparation d'un Catalogue des livres de cette bibliothèque, lequel lui valut beaucoup d'éloges. Vers cette date, il s'éprit des annales canadiennes et préluda à ca genre de travail par un roman historique sur le Massacre de Lachine, en 1689, ayant pour titre : PAIX KiLLER, or the MASSACRE OF LaCHINE a Canadian Romance, 1870.

En 1874, parut le premier volume de son histoire constitutionnelle : The Constitntional History of Canada : la mort le surprit avant la publication du II volume, bien que dans l'intervalle il mît au jour, en 1876, un drame institulé Ravlan,-A Drama.

Puis, en 1879, il traitait un sujet que M, Alpheus Todd semble presqu'avoir épuisé : TÂe Pozver of Parliament, sans compter plusieurs autres.

M. Watson expirait à Toronto, le 31 octobre 1881 :

Jolm Charles Dent. Historien.

Voici M. Dent, l'un des plus brillants journalistes d'Ontario, porteur de deux superbes volumes, de 500 pages (i) chacun, imprimés sur beau papier, avec caractères neufs, luxe de portraits, de paysages, dessinés quelques-uns par la princesse Louise. Une copieuse table de matières rend facile l'accès à ces robustes in-quarto pour référence.

Si, à notre point de vue, la florissante province d'Ontario a été dans le passé, pauvre en historiens, sousle rapport des journalistes elle a été riche, très-riche. Il est facile de s'expliquer l'empire que la presse quotidienne exerce sur sa population instruite quand on songe qu'elle a compté, qu'elle compte encore, parmi ses publicistes, des écrivains comme Goldwin Smith, la plus forte plume anglaise de l'Amérique entière ; les deux Brown, George l'aîné, et son plus jeune frère, John Gordon Brown ; William Lyon McKenzie, Charles Lindsay, William A. î\Ic- DoLîgall, Morrison, Blackburn, Beattie, Sheppard, Samuel J. Watson, John Charles Dent, Martin J. Griffin, Roberts, et un groupe de littérateurs plus jeunes encore, actifs, amateurs de l'étude et pleins de talents.

'\\. Dent nous était déjà connu — avantageusement même — par son beau livre " TJie Canadian Portrait Gallcry, " (2) et les pages qu'il vient de tracer dans " Canada since tJie ^v^/c»;/ ^ 184 1 " resteront comme un monument de laborieuses et utiles recherches.

Il y a chez M. Dent de grandes qualités, des qualités que parmi les annalistes de notre pays tourmenté de divisions politiques, d'antagonisme de races, etc., l'on ne tiouve pas à toutes les portes. Il y a de l'impartialité, de la dili-

(1) The last fortj- years ; Canada since thc Union of 1S41. — By John Charles Deat — George Virtue, publisUers, Toronto 1882.

(2j II eut entr'autres pour collaborateurs : George Stewart, jr.. de Québec, et Sir Francis Hincks, de Montréal.

catesse dans les jugements formulés par lui ; il serait difficile de dire à quelle école politique il appartient.

Et s'il ne nous enthousiasme pas toujours lorsqu'il nous dévoile la carrière ardue, les nobles aspirations, les luttes désespérées de ces mâles et patriotiques figures de 1837-38, les Papineau, les Viger, les Lafontaine, les Morin, les Taché, les Cartier, c'est,croyons-nous,parce qu'il n'a pu, comme nous, assister au douloureux spectacle de la patrie agonisante, voir les acteurs à l'œuvre, les prendre sur le vif. M. Dent a grandi dans un autre milieu, dans une autre ère, subissant d'autres influences, d'autres convictions ; il n'était tenu que d'être le froid, l'impartial historien d'une époque. Aussi, avec la 3/z7/^rî'^,devons-nous répéter : C'est peut-être la première fois que l'histoire politique (du Canada) est écrite par une main anglaise sans le parti pris de toujours dire du mal des Canadiens- Français."

Il est toutefois regrettable que cet écrivain n'ait eu l'avantage, comme en ce moment M. C H. Farnham, de séjourner parmi nous quelque temps. En se familiarisant avec nos us et coutumes, avec la vie intime du peuple des campagnes, il aurait pu sans doute se garantir contre quelques appréciations qui nous semblent hasardées et plus que risquées. Jean-Baptiste est de trop bonne lignée pour toujours faire queue. Le mode de concession de nos terres, sous Vancicn régime seigneurial, avait moins

d'inconvénients que M. Dent lui en prête En fait de

culture moderne, nos bons amis du Haut-Canada, en 1S41, aussi bien quî nos cultivateurs de Québec, avaient encore bien des choses à apprendre, car l'agriculture améliorée, chimique, date, au plus, du commencement du siècle. Les élections à coup de bâton, à Montré;':l, en 1841, eussent mérité, il nous semble, une note de censure plus forte que M. Dent leur applique, à moins que l'histoire ait été singulièrement injuste à Lord Sydenham. Si l'annaliste des dcr>iieres quarante années n'a qu'à dire à ses lecteurs d'Ontario, pour que la chose soit admise, qu'avant l'Union des

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