LE BANQUET DE LA SAINT-ANDRÉ
"Nos compatriotes écossais ont couronné leur fête patronale par un banquet dans la grande salle du collège Morrin.
"Rarement il nous a été donné d assister à une fête aussi charmante sous tous les rapports. Les Ecossais sont généralement reconnus par leur flegme et leur apparence grave et sérieuse. Dans leurs rapports sociaux, ce sont ies plus gais compagnons au monde. A voir, hier soir, l'entrain, 1 enthousiasme que soulevait chaque parole patriotique et éloquente des orateurs, à entendre les chants et les bravos, on se serait cru au milieu d'une
(1) Le Peahnây Muséum, h Cambridge, près Boston est riche en collections tle crftnes indiens, en ustensiles domestiques, en objets de poterie, de tissus, d'armes, des habitants primitifs du Mexique, de l'Amérique Centrale.
(2) Représentée par MM. George Stephens, Donald, A. Smith, Duncan Mclutyre, Eobert B. Angus, Morton Eose A Ce. , . .
(3) " The Scot in New France. " Conférence lue devant la Société Littéraire et Historique, nov. 1881.
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de ces réunions bruyantes de gaieté qui distinguent si bien la. race française.
*' La salle du banquet présentait un coup d'oeil magnifique. Le portrait de St- André dominait, artistiquement enveloppé dansles plis des drapeaux de la société où Ion pouvait lire çà et là les niseriptions : '"Nemo me impune Lacessit, ' "Touch me Gif ye daur," "Miseris succurrere discite." "Tak tent ofyouraim in Misfortune." "Desipere in loco.' '"Weel timed Daffin."
'■ Environ 60 convives prirent place autour des tables chargées.
" C'est l'hon. D. A. Ross, qui occupait le fauteuil de la présidence. Il avait à sa droite M. le maire I angelier, puis M. Tims, président de la Société St Patrice ; à sa gauche; le îieut.- Col. Cotton, commandant de la garnison.
"M. Harper, recteur du High School, agissait comme \ ice-pré sident, ayant à sa droite M F. Oliver, représentant la sotiéit. St-George, et à sa gauche M J. M. LeVloine, ancien président de la Société Littéraire et Historique.
"Après avoir fait honneur aux toasts d'usage, la Reine, le Gouverneur-Général, le Lieutenant-Gouverneur, le président proposa la santé du Maire et de la Corporation de Québec.
"L'hon, M. Langelier fut très heureux dans sa réponse. Il fut l'objet d'une véritable ovation lorsqu'il se leva pour pailer, et fut fréquemment applaudi pendant son discours.
"La santé principale : "L'Ecosse et ses enfants" avait été dévolue à l'hon. D. A. Ross. L'ex Procureur Général s'en acquitta avec cet esprit, cette verve qui égayaient autrefois les. Chambres.
"M. le Président proposa ensuite : "la terre où nous vivons," et invita ÎS). J M. Le.vloine, à y répondre.
"Voici ses remarques qui ont été chaleureusement accueillies par tous les convives :
M. le Président, JUessienrri,
Je vcus remercie de tout cœur de vos paroles généreuses à mon adresse. Je vous dirai que parmi les recherches historiques qu'il m'a été donné de faire, celles qui avaient pour but d'éclairer la question des éléments qui entrent dans la composition de la nationalité canadienne, m'ont donné des résultats qui m ont fort surpris. A pareille date, il y a deux ans, je prenais pour sujet de conférence, dans cette salle même, le suivant : The Scot in New France, L'Ecossais en Canada," et si M. Francisque Michel, dans son magnifique volume " L'Ecossais en France " nous a révélé de si étranges choses sur la position importante de vos compatriotes en France, même au quinzième siècle, je fus assez heureux, je crois, pour retracer a carrière de vos laborieux et intelligents compatriotes même jusqu'au berceau de la colonie. Je signalai même parmi les 1 10 compagnons de Cartier des noms d'une consonnance écossaise fort significative, puis je vous désignai notre historique champ
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de bataille, les Plaines d'Abraham, la propriété de maître Abraham Martin, dit l'Ecossais, pilote du Roi de France. Puis je trouvai sous la domination française, dans les prisons, 1 aimable et brave officier de Tarmée. le major Stobo, né à Glasgow en 1727, prisonnier de guerre avec un nommé Clark et un 1 t. Stevenson,pendant quatre années, 1755-9, ici même. Il était si aimable—disent les J/^;//6'/;r.f du temps -que les dames Françaises de Québec se l'arrachaient. Puis, en 175g, un serviteur dévoué du roi de France, mais pourtant de descendimce écossaise, le commandant de garnison de Québec en septembre 1759, le niajor de Ramsey. Quand la fortune de la guerre le força a remettre les clefs de notre ville, à qui les remit-il ? A un autre Ecossais, le Général James Murray. Puis, vient une série de gouverneurs écossais, et tous amis du progrès et des lettres : le Duc de Richmond ; le Comte de Dalhouiie, le fondateur de la société Historique en 1S24 ; l'éloquent Comte d'Elgin ; puis notre lettré Vice Roi, le Marquis de Lorne, le fondateur de la Société Royale pour le progrés des sciences et des lettres. Jetez un coup-d'œil sur nos hommes d'Etat. Que voyez-vous dans notre province ? Un Écossais, appelé et rappelé comme ministre des finances, M Robertson, et assez audacieux pour entreprendre cette tâche plus qu'humaine. Voyez à Ontario, les Mac kenzie, les Mowat, les Fraser, les Brown, — Mackenzie chargé pendant cinq ans des destinées de cette vaste puissance. Mais voyez au dessus de tout cette grande figure écossaise, la gloire suprême de l'Amérique Britannique, celle de Sir John A. Mac donald. A qui devons-nous en Canada la première presse à imprimer ? A des Ecossais, Gilmore et Erown. Et puis cette magnifique ligne océanique, à qui la devons-nous ? Aux Allan, des Ecossais. Ces princes de la finance, Duncan Mcintyre, Stephens, Angus, ces maîtres du Nord Ouest, qui sont-ils ? Des Ecossais. Oui, M. le Président, vos compatriotes ont en effet raison de porter haut la tête. Pour peu que leur marche de conquérants continue, ils courent risque de dominer tout."
Je dois noter ici deux incidents récents, propres à promouvoir le gotît dea sciences en Canada et à faire connaître du même coup les avantages que notre jeune mais vaste pays offre comme séjour aux populations Européennes : la présence et les séances publiques, à Montréal, en 1882, de V Association Américaine pour le progrès de la science, à l'Université McGill Grand nombre de ses membres se rendirent à Québec ; les citoyens leur donnèrent un banquet, dans le cours d'une excursion par eau qui fut organisée à nos frais dans le beau havre de Québec.
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Des adresses de félicitations leur furent présentées de la part de notre municipalité. En ma qualité de Président à.Q\d. Hocictc Littéraire ci Historiqu-:, je fut chargé de leur souhaiter la bienvenue, ce que je fis dans les termes suivants :
{Frnin Canadian Illiistrated Xeics, IC sei>t. 1SS2.]