COUCY LE CASTEL
Petit donjon aux allures presque fe'odales, flanqué d'un bois, sur la rive sud de la Petite Rivière St-Charles, avec plateforme, couleuvrines et pierriers. Par son nom, il rappelle la patrie des ancêtres maternels de l'hon. Louis Panet, le fondateur : les Badelart de Coucy le-CasteJ, en Picardie. Le nom du Dr Badelart, par les f-oins qu'il prodigua aux blessés, (i) au combat des Plaines d'Abraham, est associé à l'ancien régime, et au nouveau, par l'utile et longue carrière qu'il fournit comme médecin, sous les généraux Murray et Carleton.
L'hon. Louis Panet, partageait ses loisirs entre son petit castel, ses amis, ses livres, ses oiseaux auxquels il avait construit une jolie volière, et les plaisirs de la chasse et de la pêche qu'il allait chaque semaine goûter à son chalet solitaire et pittoresque de Lorette—Castorville.
Ce beau vieillard dosait naguère une honorable carrière à l'âge dir 90 an.^, regretté et respecté pour l'aménité et la
(1) Les armes du Docteur Badelart. — M. James Thompson, fils, consigne le trait suivant dans ses mémoires inédits. Après avoir décrit plusieurs antres contemporains du siège de 1759, il ajoute :" John Fraser." Il reçut un dangereux coup de sabre sur le Iront à la bataille des Plaines d'Abraiiam, le 13 septembre 1759,. Epuisé, il se laissa choir sur le gazon, le dos appuyé sur une clôture. Un chirurgien des troupes françaises voyant que ses camarades pliaient, se retira en an-ière et rencontra Joim Fraser, dont la blessure saignait abondamment. La chirurgien se mit de suite à panser sa blessurepuis, il se constitua son prisonnier de guerre, lui délivrant ses armes, lesquels ne consistaient qu'en un pistolet de poche à deux coups, bien monté en argent, avecles initiais sur la culasse (P. B.) Philippe Badelart.
John Fraser et le chirurgion français, par la suite devinrent fort liés d'amitié : ils étaient voisins. Le premier était propriétaire de la maison, rue des Jardins, plus tard occupée iiar feu P. Hartigan, peintre (maintenant par 5I3I. INIalouin, avocats) tandis que le Dr Badelart, possédait celle vcisine de M. Charles Panet [le lot a été rebâti et est occupé maintenant par la résidence do ville du juge Jean Thos Taschereau] petit fils du Docteur Badelart, les deux lots se rejoignant en an-ière.
31. Fraser y ouvrit la première école anglaise tenue à Québec.
M. Fraser rendit le pistolet en question à sou premier maître en 1810 et je devins le locataire de Bernard Panet, le petit-fils du Docteur Badelart. Bernard Panet était mon ami : il me fit présent du susdit pistolet qui avait appartenu à son grand-père. Je le gardai 47 ans, et le 13 septembre 1809, le centième anniversaire de la bataille des Plaines j'en fis restitution à un des descendants du Docteur Badelart, le donnant ;V M. John Panet, Coroner de Québec, fils de Bernard Panet. Le docteur Badelart et M. John Fi-aser utteipniient tous deux un âge fort avancé et furent jusqu'à la fin de leurs jours" dé cliauds amis. Le Dr Badelart avait la prestance digne d'un gentilhomme : il portait constamment l'épée au côté, selon la mode du temps."
{Memoirs of Jus. Thompson, Depuiy Commissary General, 18G7.)