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LAN 1634 LE

XTE

15 ÏVILETIE-ETE-PLA PRËMIERE-P C GIFART SEIGNEVR-DE CE LIEV

La première ligne a été, sans doute, gravée avec une pointe, l'incision plus indécise est aussi moins profonde, de même que les lettres nte ajoutées audessus de PLA. pour faire le mot planté, que l'art du graveur ou la largeur du ciseau n'avait pas su contenir daas la troisième ligne.

284 LE MAXOIR DUCHESXAY.

Les lettres des trois dernières lignes ont été coupées avec un ciseau de un demi pouce de large, l'incision est nette et bien dessinée ; on voit encore les lignes qui ont été tracées dans toute la largeur de la plaque, au moyen d'une pointe pour guider le ciseau du graveur.

Dans le centre de la plaque, on distingue avec peine un écusson portant un cœur renversé et flammé ; au centre de l'écu, trois étoiles. Impossible de dire si elles sont posées en face ou sur un champ quelconque. Le tout a dû être surmonté d'un heaume, car on voit encore de chaque côté de l'écu des lignes courbes multiples qui doivent nécessairement représenter les lambrequins ; sur le côté gauche, un bout de banderole, mais Xartiste a dû abandonner sa première idée, car le haut- de la banderole se perd dans les lignes du lambrequin.

J'ai lu dans la lettre qui accompagnait l'envoi de madame Gugy, que les ouvriers, qui avaient travaillé aux ruines, disaient avoir trouvé la plaque de plomb roulée avec certains documents qui seraient tombés en poussière au toucher. La chose me paraît impossible. Le dessous de la plaque indique qu'elle a été posée à plat sur un lit de mortier ; et la partie gravée, du moins •celle où sont gravées les armoiries, qu'une pierre pesante a été placée dessus, et c'est par l'enfoncement de sa surface inéga'e que la plupart des lignes gravées ont été détruites. On voit encore dans le plomb oxidé, l'empreinte d'une coquille pétrifiée qui se trouvait agrégée au calcaire.

En roulant le bloc supérieur, les ouvriers ont pu plier le métal ; de là, l'erreur de croire que la plaque était roulée ; elle a dû, comme toutes choses de ce genre, être placée dans une cavité comme fond, où on avait déposé le document tombé en poussière et les '" quelques sous '' que ces honnêtes o jvriers ont gardés pour eux, sans doute, sans en connaître la valeur.

Peu habitué à lire de telles inscriptions, mais connaissant la piété des premiers colons du Canada, j'essayait de donner un sens courant à l'inscription et je trouvai qu'on pouvait lire ceci :

Jesii Hoviinu77i Salvatore, Maria Immaciilatâ Ausùice.

(^Sous les auspices ou la protection de Jésus, Sauveur des hommes et de Marie-Immaculée.)

L'an 163.1., 'e

25 juillet — je — été plantée

première par (ou pour) C. (chirur ) Gifart, Seigneur de ce lieu.

Jusqu'à présent la chose se lit bien, le sens en est raisonnable et positif Supposant le chirurgien un homme instruit et lettré, l'inscription latine se complète d'elle-même. Mais, hélas 1 il y a •un mais, — la lettre C avant Gifart me trouble un peu. Comme je -n'ai sous la main aucun volume, aucune tradition du temps à

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consulter, je suis obligé de m'en tenir aux correspondances de journaux, et je trouve dans toutes le prénom de Robert — ce qui ne commence pas du tout par un C ! Mais le C, le malheureux C, ne serait-il pas l'initiale de Cloutier, le charpentier ou l'entrepreneur avec lequel Gifart avait fait un contrat à Mortaigne, le 14 mars 1634, quatre mois à peu près avant la pose de la première pierre ? Alors il faudrait lire : j'ai été plantée par Cloutier, Gifart étant seigneur de ce lieu.

Je m'arrête, le souvenir de certaines inscriptions sur certain pont vient troubler toutes ces belles spéculations. A forre de vouloir être savant, on pourrait faire dire à Robert Gifart des choses qu'il n'a jamais pensées.

Si, après tout, ce Gifart n'était pas savant, et qu'il eut voulu dire par I H.' S., Jésus-Christ, et M. I. A., Maria ; ce serait trop fort. — J aimerais mieux la théorie de M. le Dr Marsden et de M. Bédard, Maria, Joachini, Anna. Le 25 juillet étant la fête de- saint Joachim, il serait plus raisonnable de penser qu'on aurait mis la construction du premier manoir canadien sous la protection et les auspices du saint du jour.

Reste à savoir si la Saint Jacques se fêtait le 25 juillet, la Saint Joachin le 26, en l'an de Notre Seigneur 1634

Je laisse à d'autres de mieux trouver.

Quoiqu'il en soit, cette date 1634 est un centenaire mémorable, car c' est en 1634 que Jacques-Cartier visita le golfe Saint- Laurent et c'est en 1534, qu il remonta notre beau fleuve jusqu'à Hochelaga, cent ans avant la première concession seigneuriale de Beauport.

J'ai l'honneur d'être, ' 'onsieur,

Votre humble serviteur,

Cte d'ORSONNENS

L'inscription du manoir de beauport.

l'armi une masse de vieux documents que je possède, concer nant la seigneurie de Beauport et ses . seigneurs, j'ai trouvé le reçu suivant :

" Je soussigné, confesse avoir reçu un billet de cent cinquante livres de inonsieu de Beauport, pour ce qu'il m'avait promis pour faire sa bâtisse de logis de B^^auport.

" Faict ce 27ième juillet 1642.

"P. Clust.'

Cela donnerait peut-être une explication des abréviations " P. C. " de l'inscription trouvée dans les ruines du vieux manoir.

En effet, il est loisible de supposer que cet architecte a fait ce que ses confrères modernes font encore, et qu'il a gravé ses ini

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