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AU GENERAL HORATIO ROGSRS

Cher antiquaire,

C'est avec un vif plaisir qu'il m'est donné d'apprécier dans cette courte notice, vos recherches historiques touchant une phase notable de votre carrière colonia'e : celle qui retrace la lutte sanguinaire de votre patrie avec notre métropole, d'où origina au siècle dernier votre florissante république, et où le Canada eut sa part des dangers.

La campagne de Burgoyne dirigée de Québec, fut une mémorable campagne.

Votre tâche après huit années de labeur incessant, menée à bonne fin, avec la patience de l'antiquaire et l'impartialité de l'historien, est pleine d'intérêt pour le lecteur canadien. A chaque page, il rencontre, mis en relief par votre plume, un nom connu ou vénéré dans ses annales.

Spencer-Grange, Octobre 1885.

LilGaERRE DE L'INDEPENDANCE, 1775. (i-

'^' Haddciis Journal and Ordcrlcy Books, ly/ô-S, annotatcd by General Horatio Roger s, 1884.

Au nombre des épisodes les plus marquants de l'opiniâtre conflit entre la Nouvelle-Angleterre et l'ancienne {i/ZS-S^), l'on peut placer la campagne du Lt.-Général Burgoyne, conduite de Québec, en 1776 et close par la capitulation de l'armée anglaise, le 17 octobre 1777, sur la plaine de Saratoga.

Jamais homme de guerre n'avait d'abord semblé, à son début, plus favorisé (2) de la fortune, que le beau, l'érudit, le fastueux filleuil, le protégé, sinon le fils naturel de Lord Bingley, John Burgoyne. Uni par mariage avec la puissante maison anglaise des Derby, il sut vite capter la •faveur spéciale de son souverain, George III ; bientôt son nom, déjà connu par ses succès militaires, s'associait dans l'esprit du public, à ceux de Howe et de Clinton pour des commandements en Amérique.

Burgoyne devint l'enfant gâté de la cour, au point qu'il fut même questiou de le décorer du ruban rouge de VOrdre du Bain, sans même donner à la victoire le temps de s'inscrire sur ses drapeaux.

Burgoyne se vantait de pouvoir facilement réduire à la raison les colonies révoltées ; un seul de ses amis, dit-on, l'illustre Fox, convaincu de la gravité de la situation, lui dit un jour, en badinant, que loin de réduire l'ennemi, quand il reviendrait en Angleterre, ce serait comme "prisonnier sur parole ; " il ne s'y trompa pas.

<l^ Hadden''s Journal and Orderly Books. — A Journal kept in Canada and upon Burgoyne's Campaign,m 177U and 1777. by Lient. James Hadden, Koyal Artillery. Alsi' Orders kept by liim and issued by Sir Guy Carleton, Lient. &en. John Burgoyne and Maj. Gen. William Phillips, in 177C, 1777 and 1778, with an Explanatory C'hapter and Notes by Horatio Kogers.

Albany : Joël Munsell's Sons, 1884.

(2) Le général Burgoyne, plus tard membre du Parlement impérial pour Prestoii, Lancasshire, a laissé plusieurs drames fort en vogue, au siècle dernier, entre autre : " T)ic Maid of fhe Ociks,''^ ''Bon Ton" "The Heiress," etc.

Vastes avaient été les préparatifs de la campagne qui devaient ramener aux genoux de l'opiniâtre monarque, ses enfants rebelles, les émeutiers de Boston, etc. ; oncques, en égard au nombre, plus belle armée, n'avaic dit adieu à la plage de la Grande Bretagne. Des proclamations pompeuses en avaient annoncé l'approche. Succès assez éclatants d'abord, auxquels ne furent peut-être pas étrangère la terreur que les farouches alliés de Burgoyne, les sauvages du Canada, inspiraient de tout côté ; désastres réitérés pour la cause coloniale ; cri de désespoir, puis^ raliement suprême des Américains ; défaite du général anglais, le 7 octobre 1777, à Schuylerville N.-Y., — plus tard, capitulation de l'armée entière, — Te Dciuii à la nouvelle de la délivrance du joug impérial, suivi de l'alliauce française qui contribua puissamment à dissiper le noir nuage du désespoir qui avait obsédé Washington même : voilà autant de péripéties de cette lutte terrible, auxquelles la campagne de Burgoyne se rattache.

Le journal du Lt. Jas. Hadden, habile officier d'artillerie, mort général, et qui avait servi sous Burgoyne, relate tout ce qui a eu lieu, jour par jour, depuis la date de son départ, pour Québec, le 4 mars 1776, jusqu'à "l'époque de la bataille de Frccmaiis Farm, le 19 septembre 1777. Ce document comble bien des lacunes, les unes peut-être laissées à dessein, dans le journal de Burgoyne, annoté par le Dr O'Callaghan : le journal de Hadden, avec les Ordcrly Books étant devenu la propriété en 1873, du général Horatio Rogers, de Providence I'. I., ce militaire, fort connu par ses goûts d'antiquaire, a consacré près de huit années, à faire des recherches dans YArniy List de la Grande-Bretagne, dans les archives des sociétés historiques des Etats-Unis,dans le bureau des archives, à Ottawa, parmi la riche collection de M. l'abbé Verreau, à Montréal, et dans ctWed^ldi Société Littéraire et Historique, à Québec, etc. La relation de Hadden, un in-quarto de près de 600 pages orné de cartes, de plans de batailles, d'au moins quatre

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