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LA GUERRE DE L'INDÉPENDANCE

cents notes, est une véfitable encyclopédie historique, d'une incontestable valeur,ajoutée aux documents historiques de cette période, Le général Rogers visitait le Canada, en 1881, en quête de renseignements. En ma qualité de président de la Société Littéraire et Historique, j'éprouvai beaucoup de plaisir à mettre à sa disposition les archives de cette société et autres renseignements historiques en ma possession dont il a fait bon usage, comme il se plait à le reconnaître, Parmi les grandes figures de notre histoire, esquissées, soit dans de volumineuses notes, soit dans les copieux appendices, notons surtout Guy Carleton, Lord Dorchester, Haldimaod, Sir John Johnstone, Luc de la Corne St, Luc, Capt. Pitre De Boucherville, Capt, Monnin, tous deux commandant des compagnies canadiennes sous Burgoyne ; Arnold, Montgomery, le général Fraser, le capitaine Nairne, Dambourgès, le capitaine George Laws, le Baron Riedesel, Allan McLean, le général Henry Watson Powell, l'ancien propriétaire de Powell Place, maintenant Spencer-Wood, Chs Tarieu de Ja Naudière, et une foule d’autres.

Les annotations du journal de Hadden jettent du jour sur une question jusqu'à présent fort douteuse et fort débattue : la descendance du général Burgoyne. Le fils de Madame J. Burgoyne était-il bien le fils de son mari, ou bien le fils naturel de Lord Bingley, qui lui laissait un legs considérable sous d'étranges circonstances ?

Un autre point où Hadden mérite d’être lu et examiné, c'est là où il traite de la convention de Saratoga et de Ja question délicate des drapeaux anglais, séquestrés pour les empêcher de tomber aux mains des colonistes révoltés, ainsi que des declarations officielles faites à c

Le général Rogers a consacré comme sa e, un chapitre assez étendu pour explic itio de l'armée wirte de Burgoyne, composée e vieux régiments anglais, dont la plupart avaient vu du service ; de Æessois et de Zrunsiwickois sous Riedesel, Baum et l’ausch ; de

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provinciaux levés dans la Nouvelle- Angleterre, etc. ; de Canadiens sous les capitaines De Boucherville ct Monnin; enfin, de sauvages sous Sir John Johnston et Luc de la Corne St. Luc, ie survivant du naufrage de l'Anguste. Tout en rendant justice à la bravoure éprouvée de ce vétéran, le volume nous le montre sous certains aspects peu attrayants ; d'abord, plus féroce que ses féroces sauvages : puis, prêt à déserter son drapeau, à la nouvelle de la reddition prochaine de Montréal, aux envoyés du Congrès, soumission que Montgomery refusa d'accepter,

La lecture du journal de Hadden, fera peu pour restaurer la réputation avariée de Burgoyne, enclin plus d'une fois à rejeter sur ses alliés, les Allemands qu'il affectait de mépriser, et sur ses alliés, les sauvages qu'il n'aimit pas, la non réussite de ses opérations militaires.

Le général Rogers soumet également plusieurs thèses historiques qui auraient besoin d'être éclaircies par nos historiens et dont il a vainement chercher la solution dans les écrits de nos antiquaires Verreau, Bois, Tanguay, etc. Horatio Rogers, appartient à l'école des chercheurs de la trempe des Jacques Viger, des Ferland, des Faillon. etc. ; son beau volume devra, selon nous, se trouver dans les bibliothèques publiques, ainsi que chez nos érudits.

Lé u À PHon. {| G. oancfet Percepteur des douanes QUEBEC.

La nomination d'un Percepteur des Douanes,dans le port de Québec, me semble plus qu'un incident ordinaire des nominations officielles. J'aime à y voir, ce jour, l’affirmation d’un principe.

Avant l'ère du gouvernement responsable, pour nous le résultat immédiat de linsurrection de 1837-8, le choix d’un Canadien-Français, comme ‘ Collector of Customs at Quebec,” eüt semblé une impossibilité à la classe influente qui seule avait voix au chapitre. Nous avons évidemment fait beaucoup de chemin depuis ce temps, de glorieuse mémoire pour nos martyrs politiques et leurs adhérents. Si l'étude de l’histoire me porte à jeter un regard ému sur le passé, veuillez croire que ce n’est pas dans le but stérile de rappeler des jours mauvais, des passe-droits, des torts à réparer ; non, je serais le dernier à vouloir éterniser de vieilles querelles, de tristes animosités de races. Sous le nouvel état de choses, un tel procédé ne tendrait qu'à diviser, à neutraliser nos forces nationales, partant, à amoindrir notre prestige comme peuple, nous, ‘“ alliés indépendants de la Grande-Bretagne,” si j'ai bien saisi le sens des paroles que notre illustre et sympathique Vice- Roi adressait au Communes, en réponse à üne adresse, le 28 mai 1883, à Ottawa, Si le sang nous enjoint le culte de not:e passé, un amour durable nour ce qui se rattache à notre hisicrique n:ovince, le solennel nacte des provinces

unies, en 1867, sans éteindre ce qui existait, nous a créé de nouveaux devoirs, un culte, un amour pour quelque chose bien plus vaste qu'une province. Le temps heureusement est loin de nous où le Canada renfermait un groupe de races hostiles les unes aux autres, des territoires étendus, mais sans cohésibn, où l’on voyait certains éléments de la population lutter pour une injuste prépondérance, sous un régime oppressif. Si nous tenons à compter pour quelque chose en présence de la république colossaie qui nous avoisine, si les provinces unies entendent continuer de se prévaloir du prestige et de la protection du pavillon britannique, il faut qu'avant tout il existe chez nous, un vif sentiment de loyauté au Canada confédéré de 1867 ; Son Excellence, le marquis de Lorne, vient de nous le répéter en termes non équivoques, en répondant aux adresses de félicitations, que la Caledonia Society et la société Saint- Fean-Baptiste de Montréal, lui ont présentées.

Tout en félicitant le nouveau Percepteur des Douanes pour le port de Québec, sur sa nomination, je me permettrai de jeter un regard en arrière sur le personnel de cet important service, Voici quelques détails que j'emprunte à l’excellent Rapport sur nos archives nationales fait par l’archiviste M.Douglas Brymner et présenté aux Chambres, à la session de 1883 ; je me permettrai d'ajouter à ces détails, quelques bribes d'histoire et de généalogie, sur les titulaires de la Douane de Québec. D'après M. Brÿ:muer, le premier Percepteur des Douanes de sa Majesté Britannique à Québec fut M. Thomas Knox, nommé le 5 avril 1762. (Thos. Knox, étaitil parent de l'officier distingué, le Capitaine John Knox du 43e Régiment qui servait sous le Général Wolfe, et qui nous a légué srn intéressant Journal du Siège, en deux in-quarto de 500 pages chaque?) Le premier ‘ Comptroller ” fut Thomas Ainslie; le département fut alors constitué officiellement ici, et le Port de Québec devint un Port d’'Entrée pour les marchandises, Montréal fut, en même temps, érigé comme “Out-Port,” c’est-à-dire,

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succursale au Port de Québec. Thomas Lambe devint “ Surveyor ” et Richard Oakes ‘“ Waiter et Searcher ” à Montréal. Je crains de me hasarder à donner en français l'équivalant de ces importantes positions dans les :ouanes du Canada, En 1799. Charles Stuart (lisez Stewart) le père de Charles Grey Stewart et le grand-père du courtier actuel de douanes, M. John Stewart, fut nommé “ Comptroller et Thomas Ainslie ‘“ Collector.” En 1810, le “ Collector of the Port,” M. Scott décéda, et fut remplacé, la même année, par M. (plus tard l’Hon.) Michael Henry Perceval, le parent et le protégé de l'éminent homme d’État, l'honorable Spencer Perceval, Chancelier de l’Echiquier de la Grande-Bretagne, traîtreusement assassiné au moment où il franchissait le vestibule de la Chambre des Communes, à Londres, le 11 mai 1812, par Bellingham. Il était allié de près au comte d'Egmont dont la famille était des Perceval : il donna en conséquence le nom de Spencer à son beau domaine.

L'Honorable Michael Henry Perceval, le Percepteur des Douanes, à Québec, cumulait divers emplois. Il était membre du Conseil Exécutif, aussi bien que membre du Conseil Législatif : heureusement que l'ennemi acharné des pluralistes comme on les appelait, Lord Durham, n'était pas encore venu. L'Honorable Michael Henry Perceval vivait d'une manière princière Sur son domaine de Spencer Wood, acheté du vieux LeHouillier, Au lieu du modeste traitement actuel de 4850 le Percepteur des Douanes à Québec recevait sous le régime impérial un traitement sous forme d'honoraires, égal à 48,000. De plus, la grande dame qu'il avait épousée à Lordres, ‘a fille ainée de Sir Charles Flower, Lord Mayor de Londres en 1809 —lui avait apporté comme dot £40,000—-puis, un héritage de £60,000. Un percepteur impérial des Douanes, à Québec, avec un salaire de £8,000 par année et une épouse riche de £ 100,000, pouvait, il est vrai, rouler grand train. Feue madame Peter Sheppard, la mère de M. Wm, Shep-

pard, Inspecteur des Postes et du Capt Percy Sheppard A. D. C. des Lieutenant-Gouverneurs; Robitaille et Masson, une des habituées de Spencer Wood,à l'âge d’or des Perceval,a eu en 1877,l'obligeance de nous communiquer un petit mémoire sur cette joyeuse période qu'elle avait vue de près, où les réunions de virtuoses et d’artistes, lui assuraient avec sa harpe, ses entrées régulières, Il y avait alors beaucoup moins de villas dans le voisinage que maintenant : les hommes les plus connus sur le chemin St-Louis, éta.>nt l’'Honorable William Sheppard, de Woodfield, mort en 1867, Henry Atkinson, du Cap Rouge, mort en 1865 et Alexandre Simpson, caissier de la l'arnque de Montréal, à Québec, décédé récemment.

Madame Sheppard nous a laissé une peinture séduisante de la gracieuse, élégante et savante madame Perceval, qui, après la mort de sa mère, faisait, avec distinction, les honneurs à la Mansion House de Tondres, en 1809, pour son père Sir Charles Flower, le Lord Mayor. Elle était excellente musicienne, femme de ménage sans pareille, parlait quatre langues, l'anglais, le français, le latin, l'italien : son salon se remplissait chaque quinzaine de la meilleure société anglaise et française de Québec, etc. ; au reste, il est probable que l’hon. M. Perceval tenait à continuer les traditions de gaieté et d’hospitalité de son fastueux prédécesseur, le gouverneur Sir James H, Craig, Little King Craig, comme on le nommait, Notre vieil ami, M. P, À. DeGaspé, nous a laissé, dans ses Mémoires, une vive description d’une fète champêtre, à Powell Place, en 1809. M. Perceval en arquérant ce beau domaine, changea le nom Powell Place que le général Henry Watson Powel, lui avait donné en 1792, en celui de Spencer Wood pour commémuier le souvenir de son illustre parent, Spencer Perceval, si tragiquement assassiné. ‘“ Je ne puis me rappeler après un demi-siècle, nous disait madame Sheppard, les noms de tous ceux que je rencontrais à Spencer Wood, chaque fois que madame Perceval m'invitait à pin-

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cer de la harpe dans ses réunions musicales. Je me rappelle entre autres, l’hon Mathew Bell et son épouse, née McKenzie, son associé M. Monroe qui résidait à Wolfefield, Sir John Pownall, les Montizambert, le juge Kerr, les Uniacke, les Duchesnay, les Vanfelson, les DeGaspé, les Baby et une foule d’autres : feue madame Sheppard a eu l’oblifeance de nous communiquer une notes des alliances de la famille Perceval, fort nombreuse comme l’on sait.

“ Éliza, l'aînée des filles, épousa Sir George Denys, Bart ; Caroline, la seconde, le col. Alexander Houston, de Clerkington ; la troisième, Isabella, devint l'épouse d'un français distingué et fort riche, le Baron de Veauce ; Mary Jane, la quatrième, épousa Sir James Mathieson, Bart ; la cinquième fille décéda à l’âge de 18 ans.”

Le fils aîné, Spencer, devint général dans l'armée anglaise, Il y avait en outre plusieurs autres fils : George Ramsay—qui choisit les armes comme carrière ; Michael Henry et le Col. Charles Perceval, des Gardes. La famille quitta Québec en 1828, pour séjourner à Florence, en Italie ; l’'Hon. M. H, Perceval en revenant au Canada, expira en mer, le 12 oct, 1829, son excellente épouse après lui avoir longtemps survécu terminait ses jours en Ecosse, chez son gendre, sir James Mathieson, le 23 nov. 1876.” Lady Dalhousie et Madame W, Sheppard, de Woodfield, allaient herboriser à Spencer Wood, en 1827, et ce beau site était fréquemment exploré, en 1832, par Lady Aylmer, comme il l'avait été, en 1818, par la famille du Du: de Richmond, notre Gouverneur Général d'alors. Je demande bien pardon au lecteur, de m'être laissé entraîner à la dérive,sur ce beau fleuve de la chronique des anciens jours.

Continuons : M. Perceval eut pour successeur, comme Percepteur, en 1830, M. L. H. Ferrier.

Montréal, en 1831, fut créé port d'entrée général et le ‘ Surveyor ” Henry Jessupp en devint le premier ‘ Collector ” et William Hall, ‘“ Waiïiter and Searcher,”' devint ‘“ Comptroller ” en 1832.

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M. Ferrier, le percepteur des douanes à Québec, mourut en février 1833. Henry Jessupp, le percepteur du port à Montréal, fut promu à la charge de percepteur du port à Québec et William Hal!, le “ Waiïter and Searcher ” devint percepteur à Montréal, en juin 1833. Cette année la charge de “ Comptroller ” fut abolie, Toutes les nominations précédentes avaient été faites par les Lords de la Trésorerie* et le Bonrd of Commissionners of Customs, à Londres.

En 1851, le gouvernement canadien nomma M, John William Dunscomb, alors commissaire des douanes, percepteur, et l’hon. Louis Massue, membre du Conseil Législatif, ‘ Surveyor,’—le premier à la place de M. Henry Jessupp, qui fut mis à sa retraite et le second à la place de L. Charles Grey Stewart, Ces nominations furent les premières faites à Québec, par le gouvernement du Canada, bien que les autorité impériales eussent commencé, dès l’année 1849, à effectuer le transfert du département, aux autorités canadiennes.

M. Dunscomb avant de remplir les fonctions de commissaire des douanes, que remplissait naguère feu M. Robert Shore Milnes Bouchette, était membre du parlement provincial pour le comté de Beauharnoiïis. Pendant sa longue tenure d'office, 1851-83, ses talents et sa probité le désignèrent à plusieurs reprises différentes, pour des postes de confiance. Avec feu Alex. Maurice Delisle, le percepteur des douanes de Montréal, il fut chargé d’une mission commerciale par le gouvernement, aux Antilles, etc, dont il connaissait le commerce, pour y avoir pris part plusieurs années antérieurement, quand il était l'associé de M. Leaycraft, à Québec,

M. Dunscomb après une carrière de plus de quarante ans dans le service public, s’est retiré pour faire place à l’hon J. G. Blanchet, ex-président de la chambre des Communes,

Québec, 22 octobre 1883.

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MN. À. AN. Dobeff

J'ai souvenance d'une bruyante réunion, en 1876, de la jeunesse de Sillery. Sans être bien jeune, j'y avais été spécialement convié par mon excellent voisin, M. Dobell, pour prendre part à un Arbre de Noel, qu'il y avait préparé.

I] me semble encore contempler la verte épinette, attiffée de rubans, resplendissante de lumières jusqu'à sa cîme, étalant avec pompe sa ramure, parmi le houx et le gui, au centre du salon de la splendide villa Beauvoir.

M. Dobell, sans vouloir m'en dire plus, m'assura que j'avais un intérêt directe dans l'arbre sacré. Je me rendis donc à la fête.

Le Châtelain de Beauvoir avait eu en effet l'aimable attention de suspendre à l'Arbre de Noël, à mon adresse et, mêlée aux offrandes si prisées de la jeunesse, une fort jolie canne antique portant inscription. La canne était à coup sûr, antique, elle avait été artistement confectionnée à même la membrure de chêne de la vieille frégate française L'ORIGNAL, qui avait sombré, comme l'on sait, à l'Arnse des Mères, au moment où elle était lancée des chantiers du Roi de France, à Québec, en 1750.

J'avais, à sa demande, fourni à M. Dobell, les détails de ce désastre, quand la drague du capitaine Giguères en eut repêché du lit du fleuve, à cet endroit, la carène noircie.

M. Dobéll me permettra de lui faire hommage de cette esquisse d'une coutume nationale vivace au lieu où il vit le jour et choyée de lui, dans sa patrie d'adoption : L' Arbre de Noël,

Spencer Grange, Noël 1885.

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