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L'AGRICULTURE DANS NOTRE PROVINCE

Bien que nous n'ayons pas encore tous les chiffres du dernier recensement agricole, nous constatons par les renseignements que M. H. Nagant, directeur du (( Journal d'Agriculture a bien voulu nous fournir, que la valeur des récoltes de grande culture, en 1910, dans la province de Québec, atteint la somme de $103,- 187,000.00. Si, à ce chiffre, nous ajoutons la valeur des fruits et légumes, la vente du bétail, la valeur des animaux abattus à la ferme, celle des produits laitiers, des œufs, du miel, du sucre d'érable, etc., soit au moins $50,000,000.00, nous arrivons à une production totale annuelle valant au moins 150 millions de piastres ! .

Les quatre grandes cultures dominantes dans la province de Québec sont, par ordre d'importance, les prairies à foin, les pâturages, l'avoine, et les pommes de terre.

Foin de graminées et de trèfle. — En 1911, la province de Québec a produit 5,742,000 tonnes de foin d'une valeur de $58,- 396,000.00, ce qui représente, en argent, plus de la moitié de toutes les récoltes de grande culture.

Pâturages. — Nos pâturages forment, par leur étendue et leur rôle économique, la base de notre industrie laitière et animale, et leur valeur productive s'apprécie par les produits qui en dérivent (produits laitiers et animaux) pour une somme annuelle d'au moins $30,000,000.

Avoine. — Si notre Province produit peu d'orge (2,413,000 minots) et encore moins de blé (1,260,000 minots), par contre, elle fournit chaque année, une grosse récolte d'avoine, soit 37,- 512,000 minots en 1911, d'une valeur de $19,769,000.

Pommes de terre. — Récolte de 17 à 20 millions de minots. En 1911, elle n'était que de 17,435,000 minots, mais avait conservé une valeur de $11,681,000.

Animaux de la Ferme. — En 1911, il y avait dans la province : 368,419 chevaux, 856,000 vaches laitières, 600,000 autres bêtes à cornes, 549,000 moutons et 651,000 porcs. Mais ce nombre d'animaux est loin de répondre*aux^besoins du marché dans nos villes et villages. Le plus grand nombre des animaux de boucherie nous viennent des Provinces'deîl'Ouest^canadien et

de la Province d'Ontario. Étant donné l'excellence des pâturages, nos cultivateurs canadiens devraient entreprendre l'élevage des animaux sur une plus grande échelle. Tous y trouveraient de grands profits.

Culture fourragère. — La neige abondante qui protège en hiver, nos prairies et nos pâturages, tout en y apportant une dose non négligeable d'engrais azoté, l'irrigation naturelle du pays tout entier par son réseau de rivières et de ruisseaux, des pluies régulièrement abondantes, le rôle rafraîchissant des forets, voilà les principaux éléments qui caractérisent notre climat et le rendent éminemment favorable à la production fourragère. C'est le fourrage qui fait la richesse agricole de notre Province, en rendant prospère notre industrie laitière et animale, et c'est par la culture fourragère améliorée que nous arriverons à doubler et tripler les revenus de nos fermes.

Industrie laitière. — Notre principale industrie agricole progresse d'une façon régulière et prend chaque année plus d'importance. Le recensement de 1910 donne comme suit la production de l'industrie laitière dans la province de Québec :

Beurre 37,346,107 lbs

Fromage 67,741,802 lbs

Le nombre total des fabriques de produits laitiers do la Province, enregistrées en 1912 au Ministère de l'Agriculture, à Québec, est de 2,064 et comprend 526 beurreries, 939 fromageries et 599 beurreries et fromageries combinées.

Journal d'agriculture. — Cet organe officiel du Ministère de T Agriculture de Québec contribue pour beaucoup à la diffusion des connaissances agricoles dans toute l'étendue du pays. Son tirage atteint près de 100,000 numéros par mois, dont 89,500 français et 8,900 anglais.

Autres institutions officielles. — L'organisation agricole de la province comporte, en outre, 664 cercles agricoles, 83 sociétés d'agriculture, 34 sociétés coopératives agricoles, dont cinq en relation avec des vergers de démonstration ; 29 syndicats d'élevage, L3 stations expérimentales d'arboriculture fruitière ; plusieurs sociétés d'horticulture et d'agriculture et d'agriculture ;

une grande École de Laiterie à St-Hyacinthe, avec un laboratoire officiel de recherches et d'analyses ; une florissante société d'Industrie laitière ; trois collèges ou instituts agricoles ; une école vétérinaire à Montréal ; des groupes de conférenciers et instructeurs agricoles ; des inspecteurs officiels des fabriques de produits laitiers, des inspecteurs de ruchers ; tout un système d'encouragements à 20 écoles ménagères, à la pratique de l'horticulture dans les écoles, à la conservation d'animaux reproducteurs de choix, à la tenure des concours de Mérite Agricole, etc.

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