‹ Monologues comiques et dramatiquesChapitre 34 sur 43 · CHAUD LES MARRONS · texte numérisé non relu

CHAUD LES MARRONS

POÉSIB

PUe par M. Peutat, du théâtre national de VOh'on,

A mon ami Georges [omn.

Chaud là, les marrons, chaud 1 II gèle. Le bitune

Craque sous les pieds froids du passant qui s'enrhame.

Chaud là, les marrons, chaud! La bise en sifflant tord

Les arbres dépouillés du boulevard et mord,

Féroce, tous les nez qu'en route elle rencontre.

Chaud là, les marrons, chaud 1 Dans l'ombre, appuy*^ ooL-tre

Un réverbère éteint par le vent, un petit, —

Que sans doute décembre a mis en appétit,

— Demande en grelottant un petit sou pour vivre,

Mais il voit, un par un, tous les passants se suivre,

Et pas le moindre sou ne tombe dans sa main.

Chaud là, les mairous, chaud 1 II mangera demain.

Mais, là-bas, un monsieur — qu'une pelisse immens© Enveloppe des pieds à la tête, — s'avance. L'enfant quitte sa place et court à lui tout droit I — '^ Un sou ?

— Non.

" • J'ai faim I

— Non.

— Monsieur I

— Il fait trop froid.

Et le monsieur, — plongeant son museau dans sa loutre,

— Fait deux petits brrr, brrr, et, guilleret, passe outre. Chaud là, les marrons, chaud I Le savoyard du coin, -- Le marchand de marrons, — voit la scène de loin : Approche ici, petiot 1 Viens-t'en chauffer tes pattes 1

Et le pauvret, au feu, tend ses mains écarlates.

Il rayonne : ohl c'est chaud I ohl ça brûle! oh! c'est bon!

Et puis il rit tout haut des tic-tic du charbon.

— Prends des marrons, va, mange; un peu de vin, tiens.

[liche. Dit le vieux savoyard, j'en serai pas moins riche. Et l'enfant mange et boit en regardant le vieux, \e vieux qu'il remercie en clignotant des yeux.

— T'as fini ?

— Hopl alors* en deux temps, passe au large!

CHAUD LES MARRONS f 159

Et tâche de De pas revenir à la charge. — Merci, m'sieur.

— Pas de quoi, va te coucher, crapaud. Et l'enfant disparait. Chaud là, les marrons, chaud l

Page 1