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Monseigneur Déziel [microforme]

Cet opusculé est consacré à la mémoire de monseigneur Joseph David Déziel, Camérier de sa Sainteté Léon XIIT, premier curé et fondateur de Lévis.

L'histoire de cet homme. de bien est si intimement liée à celle de Lévis qu'il serait difficile de l’en séparer.

En redisant les œuvres du curé Déziel, nous ne faisons donc que rappeler les pénibles commencements et les rapides progrès de cette ville qu'il a fondée,

Ces fastes domsstiques, nous avons voulu les raconter dans toutes leurs intimités. Une foule de détails peuvent paraitre inutiles aujourd’hui,mais dans dix ans ils vaudront leur pesant d'or. " |

Le temps est comme un flenve qui, à chaque instant du jour, ronge ses bords et entraîne une pierre au courant : chaque heure emporte son souvenir,

Récits épars dans les journaux, documents ‘enfouis dans les poudreuses archives, papiers jaunis des correspondances, nous avons essayé de tout compulser, de tout rassembler.

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l'inte,médiaire obligé de la richesse et de l'indigence ; qui voit le pauvre et le riche frapper tonr à tour à sa porte ; le riche pour y verser l'aumône secrète, le pauvre pour la recevoir sans rougir ; qui, n'étant d'aucun rang social, tient également à toutes les classes : aux classes élevées par l'éducation, la science et l’élévation des sentiments qu'une religion philanthropique inspire et commande. Cet homme, c'est le curé, ”

Ce portrait tout sympathique qu'il soit ne nous peint pas cependant le vrai curé tel qu’on le comprend au Canada, tel que l’histoire nous le montre depuis les. premiers établissements du pays, tel qu'il était autrefais dans les temps qui ont précédé 1798.

A côté de l'Eglise, il y a la société civile, et le prêtre canadien a su jouer dans ces deux grandes armées un double rôle qui l’honore. A l’origine, il a fondé la paroisse, découvert la moitié du continent, protégé la colonie par ses avant postes jetés au milieu des tribus sauvages, répandu à lui seul les bienfaits de l'éducation et de la civilisation. À la cession, le peuple abandonné par les grands, les riches, s’est rallié autour de lui. Le clergé fut alors la sauvegarde de la nation et il a continué depuis, par tradition et par principe, ce double rôle de prétre et de citoyen dont le turé D'ziel fut certaiment un des types les plus parfaits,

Né au commencement du siècle, en même

temps que les Ferland, les Gaunvreau, ! les Vinet, les Proulx, les Quertier, les Gingras, les deux Cazeau, Mgr Déziel fut de cette génération ardente, si pleine de dévouement, et qui a laissé de si grands souvenirs.

11 arrive au sacerdoce a1 moment où le pays est au milieu d’une agitation politique qui doit se terminer par une insurrection. Il devait assister plus tard aux grandes transformations sociales qui signalèrent le règne de Lafontaine - Baldwin. C’est l’époque où tout s'organise à neuf : le système municipal et le système scolaire. Le régime seigneurial disparaît et la colonisation prend un essor étonnant. Les curés de -paroïisse eurent alors une noble tâche à remplir. L'Eglise avait besoin du conducteurs de peuple, de fondateurs, d'apôtres. Elle sut les trouver dans son admirable fécondité. Le curé Déziel fut un de ces élus.

Il vint, il y a trente-cinq ans, planter la croix sur les falaises désertes de Lévis. Et son. souffle a fait surgir une ville qui se place aujour d'hui

‘ Au troisième rang dans la province.

Sa charité n’a pas connu de bornes, sa munificence s’est répandue partout avec une égale bonté. Ce sont les œuvres de ce prêtre-citoyen que nous avons eutrepris de raconter.

x Fondateur de l'a-ile des lépreux de Traca lie.

La famille Déziel.— Naissance de Mgr Déziel.—Sesétudes.— Séminaire de Montréal.—Séminaire de Nicolet.—Prètrise.— Vicariat,

La famille Déziel, dont le véritable nom patronymique est Delguel, est originaire de Daissat, petit village de l’évèché de Swiist, dans l’ancienne province de Bordeaux :.

Jean Delguel dit Lab: ‘che et son :.ere Pierre Delguel suivirent le courant migraioire créé par l’intendant Talon lorsqu'il vouiut peupler ses seigneuries du comté à’Orsainville.

Marié à Québec en 1668 avec Louise Vaucher, de Chalençon près de Paris, Jean Delguel habita d’abord le village de Saint-Claude, paroisse de Charte. bourg, ainsi qu’en fait foi un acte du greffe de Pierre Duquet.

En 1670, il achète de Melvine Camusat, habitant de Charlebourg, ‘ une habitation consistant en une maison, grange, terres labourables et grands bois, joignant d’un côté à Jacques Bédard,de l’autre à Etienne Roy.” Le prix d’achat qui était de 900 livres tour. nois fut payé à la Noël par M. Millet, prêtre demeurant à St-Germain l’Auxerrois à Paris. Le 26 août 1674, Delguel s'établit dans la commune même.de Charlebourg sur une terre que lui vend Louis Boulduc, conseiller et procureur du Roy ;, et, cinq ans

LS

x Ce nom s'est transformé en Delquiel, Delziel, Déziel dit Labrèche. On trouve aussi dans le district de Québec des familles Da/sres,

a Ses devant Rageot.

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