LUE CL
dent Mais, voici qu'un prêtre à peine rompu aux
affaires arrive dans une paroisse profondément
de la divisée. [l a devant lui exemple de quatre de ses oètes prédécesseurs qui ont échoué. Les partis sont trancons- chés, sur le qui vive. Au milieu de tous ces chocs, irent où se diriger ? Comment obtenir les renseignements ma nécessaires, éviler les froissements, ménager les me. èrent susceptibilités ? IL faut pourtant faire cesser le êtres. désaccord, bâtir l’église à l'endroit voulu malgré les pier- oppositions et ne froisser personne,
plai- Prudent, sage, d'un caractère mélangé de douent. ceur et de fermeté, M. Déziel sut surmonter tous les suite obstacles. IL fallait d’abord concilier les esprits 'oisse, surexcités par plus de quatre années de querelles, sition consoler les plaideurs maïlheureux. C2 fut ‘son niser. premier travail. Il y réussit si bien que l’église qui
élait à peine commencée à son arrivée fut livrée au culte dans le mois d'octobre 1839.
M. Déziel ne put fermer toutes les plaies : il y en ne de avait de trop profondes ; mais il suts’attirer si bien fiance les sympathies que tous les paroissiens, sans »xcep-
s de — tion, regardèrent son départ comine un vrai mal-
88e : Si heur,
tâche En accomplissant ces travaux, M. Déziel ne négligeait pas les devoirs orcinaires du ministère. Tout
es qui & se faisait dans la paroisse avec la plus grade ponc-
nve et tualité. Ses prédications fortes et onctueuses ont iqui porté des fruits tellement vivaces qu'aujourd'hui erles | encore on entend raconter à des vieillards que Monuiser sieur Déziel disait telle et telle chose *.
Dès lors, M. Déziel commence la vigoureuse croisade, qu’il continua jusqu’à la fin de sa vie, contre
1 Lettre de M. l’abbé Chs.-Z. Garceau, ancien curé de St-Pierre les Becquets.
Fintempérance et le luxe. Digne émule du grand vicaire Mailloux, il établit à St-Pierre une société de tempérance des modes qui existe encore.
Rien ne faisait plus plaisir au curé Déziel que de voir hommes et femmes habillés du produit de la laine de leurs moutons. Il avait dit au prône qu’il aimait mieux ces vêtements que les robes de soie couvertes de diamants, parce que ces produits de Pindustrie domestique sont un témoignage de la sagesse, de l'intelligence et de l’économie de la femme canadienne, qui resplendit sur tout la famille. A son avis, c'était un signe d’aisance et même de richesse,
Ceux qui voulaient former partie de la société fondée par le curé Déziel s’engageaient à ne porter que des habillements de l’étoffe du pays dans la paroisse. Les personnes riches, cependant, lorsqu’elles étaient en promenade, pouvaient suivre les usages que demandent le rang et la position dans le monde.
On vit alors dans chaque maïson, depuis le petit jusqu’au grand, chacun se faire honneur de porter les bonnes et belles étoffes canadisnnes. Chaque foyer possédait sa petite filature et tous rivalisaient de zèle pour fabriquer l’étoffe la plus durable.
Les premières familles de St-Pierre ont précieusement conservé cette louable coutume et leur exemple produit le meilleur effet sur la population. N'’estpas un beau spectacle que de voir ces braves cultivateurs s'habiller, comme sous l’empereur Auguste, avec les tissus fabriqués par leurs femmes et leurs filles avec la matière première fournie par leurs brebis ? Il serait à souhaiter que cette admirable simplicité de mœurs eut partout droit de cité.
En 1843, M Déziel laissait Saint-Pierre-les-Becquets pour devenir curé de Saint-Joseph de la Poin-