Septembre
pauvre Stanislas1 ! » — « Aujourd'hui je me suis mortifié à mon aise. Je n'ai cependant pas assez de courage. Ah! que je voudrais donc avoir quelqu'un pour me martyriser continuellement 2 ! »
En mai 1879, il souffre d'un mal de gorge qui menace de dégénérer en bronchite. Il écrit avec une naïveté charmante :
« O mon Jésus, vous savez bien que j'ai besoin d'une bonne poitrine pour vous prêcher et pour être martyr. Je veux vous sacrifier mon corps tout entier, mais un corps qui soit sain. O mon Jésus, quand viendra ce jour béni ? »
En ce temps-là, l'évangélisation des îles Aukland fut offerte aux Missionnaires du Sacré-Cœur. Vite le frère Verjus se propose pour le premier départ. « O bonheur! Merci, mon Jésus ! J'ai parlé au T. R. P. Supérieur général : il a bien accueilli mes désirs. Il m'a promis que je serais de la première colonie !... Oh ! quand viendra le jour où je verrai couler mon sang, pour témoigner de la divinité de Jésus 3 ! »
Après de tels élans vers l'apostolat, vers la souffrance et le martyre, ce jeune religieux de dix-neuf ans a-l-il besoin de nous dire : « Je me sens porté vers Dieu avec une force insolite 4 » ?
Au mois de juin de la même année, le 17, il est auprès du lit de mort d'un Missionnaire du Sacré-Cœur.
« Xotre cher P. Georgelin, écrit-il, est malade. J'ai eu le bonheur d'être désigné pour aller le veiller. Il m'a bien édifié. Quelle vie pleine! Quelle patience dans les souffrances ! Quelle sainte obéissance ! O mon Jésus, je suis heureux que vous ayez de tels serviteurs. Il m'a promis de prier pour moi. Je veux lui demander sa bénédiction avant sa mort qui arrivera peut-être celte nuit. »