‹ Monseigneur Henry VerjusChapitre 78 sur 226 · Prov., xi, 2. — Ubi humilitas, ibi et sapientia · texte numérisé non relu

Prov., xi, 2. — Ubi humilitas, ibi et sapientia

188 LE SCOLASTICAT

s'enfonçant tous les jours dans ces mystiques profondeurs et il }r trouvait un divin charme. Son corps lui-môme prenait la forme de son âme. Je ne sais quoi de contenu, de vivant tout à la fois et de réservé, de doux et d'harmonieux, l'envahissait peu à peu et amenait sur les lèvres de ses Frères le beau mot de saint Paul : « Que votre modestie se montre à tous, car le Seigneur est proche ' ! » Le Seigneur était là tout près, en effet, dans ses perpétuels renoncements, dans son empressement à rendre service, à faire plaisir, dans la suavité de ses paroles, dans le sourire de ses lèvres. Quand nous aurons dit que le frère Verjus vénérait la pauvreté comme une reine et qu'il l'aimait comme une mère-, nous aurons peut-être achevé de peindre sa physionomie en ces années du scolasticat romain.

A la fin de l'année 1881 et au commencement de 1882, il y eut de belles fêtes dans notre maison de Rome. Le Cardinal-Vicaire, Son Em. Monaco La Vaietta, consacra l'ancienne église Saint-Jacques à Notre-Dame du Sacré- Cœur. Ce fut une grande joie dans toutes les résidences des Missionnaires et particulièrement à la place Navone. Le Saint-Siège pouvait-il donner à la chère dévotion une approbation plus éclatante? Le T. R. P. Chevalier se rendit à Rome. Il devait être là, celui qui avait prononcé, le premier, ce nom si doux ; Notre-Dame du Sacré-Cœur. «Nous avons eu le bonheur, écrit le frère Verjus, de recevoir notre bien-aimé et très vénéré Père supérieur général... Il me suffit de le voir pour sentir mon cœur s'enflammer d'amour pour ma vocation et d'un désir immense de de-

1. Philipp.j iv, 5. — Modestia vcstra nota sit omnibus hominibus. Dominus enim prope est.

2. « J'ai la permission de me faire une malle. Je la veux faire moi-même, pour qu'elle soit plus pauvre, plus solide, plus à la Missionnaire... Je n'emporterai que mes Constitutions et mon Novum; pas même une aiguille, sans permission. » 27 février 1881.

venir un saint '. » Le prélat consécrateur fut le Cardinal- Vicaire, assisté de Mgr Marchai, archevêque de Bourges, et de Mgr Forcade, archevêque d'Aix. Durant la cérémonie, le frère Verjus porta le livre devant Son Eminence. Le soir il écrivait : « 0 sainte journée 2 !» Le 9 décembre, le T. R. P. Chevalier fît à la Communauté, avant de rentrer en France, une lecture spirituelle dont nous trouvons dans les notes du bon Frère un écho attendri : « Notre vénéré Père nous a recommandé l'esprit de pauvreté et d'humilité comme le double cachet de notre chère Société. En nous redisant les paroles de saint Jean : « Mes petits « enfants, aimez-vous les uns les autres », il avait les larmes aux yeux. Je suis sorti de là plus Missionnaire du Sacré- Cœur que jamais. »

Le lendemain de la consécration de l'église de Notre- Dame du Sacré-Cœur, le Pape canonisait Benoit Labre. Le 22 janvier, Mgr Mermillod, évêque d'Hébron, consacrait dans notre église le premier autel élevé à Rome au bienheureux pèlerin. Après la fonction, l'éloquent évêque commenta les paroles de la liturgie. Dans le résumé que le correspondant du journal VUnivers donna de ce discours3, on sent encore comme un frémissement de la grande àme de l'évêque-apôtre. L'orateur évoqua d'abord les autels bibliques : l'autel sur lequel fut égorgé le doux Abel, premier précurseur de Jésus crucifié, l'autel qu'éleva le patriarche Abraham et sur lequel il se disposait à immoler Isaac, l'autel où Melchisédech le grand prêtre offrit le sacrifice du pain et du vin, figure expressive du sacrifice eucharistique, l'autel lui-même où, journellement, s'immole, comme au Calvaire, l'Agneau de Dieu. Pour la consécration de nos autels catholiques, l'évêque bénit l'eau, la cendre, le vin. L'eau symbolise la pureté de la foi, la cendre les énergies de la pénitence, et le vin la force du

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