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visite pastorale à Vaudreuil. Un prêtre accourt lui apporter la nouvelle du désastre ; après tant de sacrifices, tant d’espérances, tant de reconnaissance à Dieu, l'épreuve semblait cruelle! Le prélat écouta sans mot dire la terrible nouvelle, et se contenta de répéter la parole du saint homme Job : “ Dieu nous l'avait donné, Dieu nous l’ôte, que son saint nom soit béni!”
Pourtant il se rappelle l'asile de la Providence, et ne peut s'empêcher de dire :
‘ Et mes pauvres ? ’—" Ils sont sauvés ! ” Alors on vit de grosses larmes d’attendrissement couler de ses yeux, et des paroles de reconnaissance à Dieu sortirent de ses lèvres.
Voilà son cœur : sa première pensée était toujours pour les autres, surtout s'ils étaient abandonnés.
Le ciel lui ménagea une grande joie avant de lui permettre de reconstruire sa demeure épiscopale : le diocèse de Saint- Hyacinthe fut séparé de Montréal, et Mgr J. C. Prince, évêque de Martyropolis, dont le zèle, la piété et la prudence lui étaient connus, fut désigné pour le nouveau siège.
Mgr Bourget se félicita de voir sa charge épiscopale allégée, il fit aux fidèles, aux communautés et au clergé les adieux les plus éloquents ; il écrivit aux prêtres
le 24 septembre une lettre remplie d'une humilité touchante et d'une tendre sollici tude pour le nouveau pasteur.
Il leur demandait pardon de ses torts :
il était si peu fait pour être à leur tête !
Leur bon peuple voudrait bien oublier toutes ses négligences, car elles retombaient sur le peuple, qui est toujours victime des fautes des grands, et surtout des pasteurs.
La coadjutorerie de Montréal, laissée vacante par le départ de Mgr Prince, fut remplie par Mgr J. Larocque.
La pensée de réparer les ruines et de reconstruire l'évêché et la cathédrale le poursuivait sans cesse. Il voulut de nouveau prendre conseil de Rome, et il partit pour la Ville éternelle: mais cette fois ce ne fut pas sans un vrai déchirement de cœur qu'il quitta ses fidèles attristés et son peuple désolé.
. En relisant aujourd’hui ces paroles si affectueuses, il nous semblait entendre saint Grégoire faisant ses adieux à l'Eglise de Constantinople.
Nous croirions commettre une injustice envers nos lecteurs, si nous les privions de cette admirable lettre :
“ Adieu, disait-il, adieu, maintenant, ‘ pieux fidèles, ferventes communautés, ‘* clergé si cher à notre cœur. Notre der-