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pouvaient faire et que n'ayant pas été in1tiés au séminaire aux principes de la science dogmatique, ces travaux les accableraient et les dégoüûteraient peut-être au début.
Appliqué et réfléchi, il tirait partie de son expérience personnelle, et trouvait en toutes circonstances de quoi augmenter ce trésor que rien ne remplace. Son grand sens, autant que sa modestie, avaient charmé les directeurs de Québec et de Nicolet: cet esprit n'avait besoin que du temps pour arriver à tout son développement. La patience et le vouloir ne lui firent jamais défaut. Comme la goutte d’eau en tombant sans cesse sur la dalle finit par creuser la pierre, son esprit poursuivant toujours la même idée la creusait dans toute sa portée, et finissait par la pénétrer tout entière. Sa constance était d'autant plus infatigable qu'elle était moins empressée ; l'attachement qu’il pouvait avoir à une chose ne lui faisait perdre aucun de ses exercices ; il retrouvait en entrant dans sa chambre, et en se relevant du prie-Dieu où il venait d'offrir à Jésus son travail, il retrouvait, disionsnous, ses pians, ses systèmes et ses études, et il leur disait adieu avec le même calme quelques minutes après, pour se prêter
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à tous les services qu'on réclamait de lui.
L'évêque de Québec, Mgr Plessis, se connaissait en hommes, il avait suivi l'abbé Bourget, et il partageait la pensée des messieurs de Québec et de Nicolet, que cet infatigable travailleur, si pieux tout à la fois et si zélé, promettait à l'Église du Canada un auxiliaire remarquable.
On sait dans quelles difficultés s'était trouvé cet unique évêque du Canada.
Le gouvernement anglais, toujours en crainte contre la hiérarchie catholique, désirait que l’évêque de Québec restât le seul prélat du Canada. Ce n'était pas la manière de voir du saint pontife : il comprenait trop sa responsabilité pour ne pas désirer de se faire aider par quelque autre dans sa redoutable charge. Son choix tomba sur un Sulpicien de Montréal, M. l'abbé Lartigue, qu’il emmena avec Jui en Europe, sans lui faire connaître d’abord l’objet de son voyage, convaincu qu’il était que le pieux Sulpicien opposerait à ses vues une résistance invincible.
Ce ne fut qu’à Londres et encore en partie que l’évêque déclara ses intentions au saint abbé. Malgré toutes les réclamations que M. Lartigue opposa, l’évêque
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de Québec obtint des supérieurs de Paris et du Souverain Pontife l’approbation de ses plans. Que n'obtint-il pas en même temps l’assentiment de tous les esprits en Canada !
On comprend que la situation qui fut faite au nouveau prélat, sous l'empire de semblables circonstances, était des plus délicates. L'évêque élu, qui ne quittait qu’à regret et par obéissance son humble cellule du séminaire, aurait voulu rester dans cette atmosphère de vie cléricale, et y passer ses jours. Les confrères, que ses vertus édifiaient, ne le désiraient pas moins : il fallut pourtant comprendre que dans la pratique la chose serait impossible ; car, ou le nouvel évêque deviendrait supérieur et le conseil de la communauté se transformerait en chapitre diocésain, et dans ce cas c’en était fait de l’autonomie, et même de l'existence distincte du séminaire, ou l’humble pasteur (car c'était ià son vœu), resterait simple membre de la communauté avec l’unique privilège de donner à tous l'exemple de l’obéissance et de la régularité, mais l’on comprendra qu’une situation semblable était trop anormale pour pouvoir être établie et durer dans une association de prêtres
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qui révèrent avant tout la dignité épiscopale.
Quelque pénible que la séparation dût être, le bon sens la réclamait, elle fut décidée ; et le séminaire prépara et meubla une maison au nouvel évêque, pour qu'il pit immédiatement vaquer séparément à l'administration de son diocèse. Mgr Tartigue préféra habiter la demeure que les fidèles du faubourg Saint-Laurent et les paroissiens de Saint-Jacques s’empressèrent de mettre à sa disposition.
Comme il arrive dans toutes les choses humaines, il y eut des froissements réciproques, nous pensons même qu'il dut y avoir des torts mutuels, mais ce qui nous paraît indiscutable, c’est qu'ils vinrent surtout de ces esprits brouillons, fléaux des grands hommes de tous les partis, et qui réussissent partout à semer la défiance entre les cœurs les mieux faits pour s'entendre, D'ailleurs les marguilliers croyaient ne pouvoir reconnaître officiellement un évêque que le gouvernement anglais n'avait pas reconnu, et trouvaient abusif ou compromettant de lui ériger un trône au chœur de leur paroisse.
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séminaire, il ne paraissait plus assez dégagé d'intérêts et assez indépendant pour être impartial: c'était au moins l'impression d’une partie du public. Un malaise considérable régna donc dans les premières années de l’épiscopat entre les différentes parties du clergé: Mgr Lartigue rendit plus tard toute sa confiance à ses anciens confrères, et mourut en leur donnant les marques les moins équivoques de son estime et de sa tendresse.
Nous n'avons fait allusion à ces difficultés, que pour mieux faire comprendre certaines parties de la vie de Mgr Bourget. Car, ce fut au milieu de ces circonstances qu'il connut Montréal et son clergé : il dut prendre là des impressions que le temps diminua sans les effacer entièrement ; lui aussi, comme Mgr Lartigue, professa pour les vénérables messieurs du séminaire une estime inaltérable, et rendit hommage à la pureté de leurs intentions : s’il ne put, comme son prédécesseur, empêcher les événements et les passions humaines d'amener des
. malentendus et des difficultés que les mé-
chants ont pu exploiter pour un temps, mais qui ont eu pour principal résultat de. montrer le zèle du prélat, sa fermeté et son énergie, et de l’autre côté le désin-
téressement et l'esprit de paix de MM. de Saint-Sulpice,il fut heureux de reconnaître à la fin de sa vie la confiance qu'il leur avait toujours gardée.
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