‹ Monseigneur Joseph-Octave Plessis, premier archevêque de Québec [microforme]Chapitre 8 sur 13 · RARE ER · texte numérisé non relu

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rend à pied jusqu’à Lamballe, et de là prenant la poste, se trouve en peu de jours prêt à embarquer à Larochelle. Sa famille désolée ne sait ce qu’il est devenu ; une mère tendre, des frères, des sœurs chéries, pleurent amèrement son départ ; son père troublé passe plusieurs jours en recherches de différents côtés. Mais, où courez-vous père aveugle ?

Ne savez-vous pas qu'un vrai disciple de Jésus-Christ n’a pas même la liberté de vous aller ensevelir ? M. Briano est déjà sur le point de faire voile pour le Canada.

Hâtez-vous donc, généreux étranger. Venez enrichir notre hémisphère de l'éclat de vos vertus. Apprenez-nous Ce que c’est qu'un cœur docile à la voix de Dieu. Déployez vos talents et faites les servir au salut de ces heureux colons. Inspirez à cette jeunesse dont l'éducation va vous être confiée des sentiments nobles, des sentiments modestes, des sentiments pieux, tels, en un mot, que ceux qui vous rendent si estimable. Faites retentir la voûte de cette Eglise du chant des Psaumes, auquel vous destine le devoir canonial. Ré.

tablissez la paix dans les monastères troublés

ant

lée

par des dissensions intestines. Réunissez sous votre seule houlette les brebis dispersées dont chacune court après un pasteur différent, Soyez le dépositaire des secrets d’un grand prélat et le confident de ses peines ; son conseil dans les affaires épineuses ; sa joie dans les délassements domestiques ; son support dans les calamités publiques.

Car ce fut, Messieurs, à toutes ces bonnes œuvres que se livra M. Brranp en arrivant dans ce diocèse. Il trouva l’ingénieux secret de remplir en même temps des fonctions qui jusqu'alors avaient semblé incompatibles.

Tantôt chargé de la conduite d’une troupe de jeunes séminaristes, il les porte par ses pa: roles et par son exemple à la pratique des

plus solides vertus. Tantôt assis au milieu:

des chanoïnes ses confrères, il les édifie également et par son assiduité aux offices divins et par sa sagesse dans leurs asemblées délibérantes. Tantôt plongé dans les ténèbres d’un ministère obcur, il amasse dans le confessionnal de deux communautés qu'il dirige successivement ces palmes précieuses que Dieu seul peut estimer, comme lui seul est

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témoin des peines par lesquelles on les gagne. Tantôt attaché au service de son évêque, aujourd’hui dans la ville épiscopale, demain en campagne dans la visite laborieuse des paroisses, il voit, comme saint Basile encore jeune, rouler presque sur lui seul toutes les 4 affaires de l'Eglise ; continuellement en ha- 1 leine, il se trouve partout, il pourvoit à tout, à À mais avec une présence d’esprit, une aisance, | une liberté, un détail, une modestie, une dé- \. férence pour les autres, dont on ne peut se former d’idée à moins de l'avoir connu particulièrement.

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Ames mondaines, qui si souvent gémissez

sous le poids de votre inutilité et de votre non-

(. chalance, venez apprendre de notre illustre

mort comment remplir ces jours (vuides) de | | bonnes œuvres qui occupent la plus grande

Li partie de votre temps, interrogez ce cercueil | | qui renferme ses précieux restes : interrogez | ceux qui ont eu l’avantage de le suivre dans {

4 } | ses travaux multipliés ; ils vous diront si j'a- Dh: joute un seul coup de pinceau à la vérité ‘1 dans l’image que je vous présente de son ac- | \ tivité infatigable.

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Au reste, Messieurs, n'allez pas croire qu'au milieu de ce grand nombre d’occupations, M. Brian» fût un homme perdu pour la société, ou qu’il tombât dans ce sérieux mélancolique ou dans cette misanthropie sèche que le monde regarde comme l’apanage inévitable du ministère ecclésiastique. Personne ne sut peut-être mieux que lui allier la gravité de son état et les agréments de la société : ce qu’on doit à Dieu et ce qu’il faut accorder aux hommes. Il était l’âme des sociétés, la joie des conversations, recherché non seulement de ses confrères, mais encore des généraux et des intendants, des officiers civils et militaires, en un mot de tout ce que la colonie renfermait de plus distingué et de plus respectable. Ami fidèle, il savait ménager son temps de manière à pouvoir s’épanouir dans des conversations intimes où Dieu trouve bon qu’on se délasse avec une sainte joie des fatigues de la journée. Mais, c’est surtout auprès du prélat dont il possédait entièrement la confiance qu’il montra, dans

. tout son jour, cette candeur, cette politesse,

cette cordialité, cette modestie aimable qui

font l'éloge complet de la docilité de son cœur, cor docile.

Des nuages s'étaient abaïssés sur la maison épiscopale ; il les dissipa en un instant ; il y attira, il y forma une société de personnes choisies dont les qualités respectables faisaient l'éloge de son tact. Il en chassa cette tristesse qui tue pour introduire cette gaîté qui porte à Dieu et qui soutient dans son service. Luimême leur proposait des sujets d'entretien, d'instruction el de récréation.

Par ces changernents heureux, il prolongea de plusieurs années la vie de son illustre prédécesseur, dont la santé dépérissait sensibilement, et mérita cette confiance publique . dont Dieu se servit pour le conduire comme par la main à des fonctions infiniment plus importantes.

Voyons-le donc, meintenant, sur un autre théâtre, déployer toute, cette grandeur d'âme dont la docilité de son cœur n'était que la base. (Car, s’il fut remarquable par ce premier endroit, il ne le fut pas moins par la noblesse de ses vues et la grandeur de ses entreprises, cor splendidum.

‘“ Les désordres qui régnaient dans cette colonie s'étaient élevés jusqu’au ciel, avaient crié vengeance et avaient provoqué la colère du Tout-Puissant. Dieu la désola par les horreurs de la guerre, et, ce qui fut considéré par les âmes justes comme un fléau encore plus terrible, l’église du Canada se trouva veuve et sans chef, par la mort du prélat qui la gouvernait depuis dix-neuf ans. Perspective désolante ! Ah ! qu’elle répandit d’amertume dans toutes les familles chrétiennes. Chacun plaignaïit son malheureux sort et s’afifligeait de ne pouvoir quitter un pays où le royaume de Dieu allait être détruit pour toujours. Nos conquérants, regardés d’un œil ombrageux et jaloux, n’inspiraient que de l'horreur et du saisissement. On ne pouvait se persuader que des hommes étrangers à notre sol, à notre langage, à nos lois, à nos usages et à notre culte, fussent jamais capables de rendre au Canada ce qu’il venait de perdre en changeant de maîtres. Nation généreuse, qui nous avez fait voir avec tant d’évidence combien ces préjugés étaient faux; nation industrieuse, qui avez fait germer des richesses que cette terre ren-

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fermait dans son sein ; nation exemplaire, qui, dans ce moment de crise, enseignez à l'univers attentif en quoi consiste cette liberté après laquelle tous les hommes soupirent et dont si peu connaissent les justes bornes ; nation compatissante, qui venez de recueillir avec tant d'humanité les sujets les plus fidèles et les plus maltraités de ce royaume auquel nous appartinmes autrefois; nation bienfaisante, qui donnez chaque jour au Canada de nouvelles preuves de votre libéralité ; —non, non, vous n'êtes pas nos ennemis, ni ceux de nos propriétés que vos lois protègent, ni ceux de notre sainte religion que vous respectez.

Pardonnez donc ces premières défiances à un peuple qui n’avait pas encore le bonheur de vous connaître ; et si après avoir appris le bouleversement de l’état et la destruction du vrai culte en France, et après avoir goûté pendant trente-cinq ans les douceurs de notre empire, il se trouve encore parmi nous quelques esprits assez aveugles ou assez mal intentionnés pour entretenir les mêmes ombrages et inspirer au peuple des désirs criminels de retourner à ses anciens maîtres ;

n’imputez pas à la totalité ce qui n’est que le

1 ; ; : vice d’un petit nombre } 24 e.

ne "ès ‘ Bien éloigné de donner dans ces erreurs, | si Mgr Briand vit à peine les armes britanniques on

placées sur nos portes de ville, qu’il conçut en ec { un instant que Dieu avait transféré à l’Angleterre le domaine de ce pays, qu'avec le chan-

1el gement de possesseurs nos devoirs avaient

ai- changé d’objet ; que les liens qui nous avaient de jusqu'alors unis à la France étaient rompus, 4 n, que nos capitulations ainsi que le traité de 1 de «paix de 1763 étaient autant de nœuds qui

UX nous attachaient à la Grande Bretagne en

ez. nous soumettant à son souverain ; il aperçut un : ce que personne ne soupçonnait que la re- ; de | ligion elle-même pouvait gagner à ce chan- 4 le gement de domination, etc. 4 on “4 A 16 “ Mgr Briand avait pour maxime qu’il n’y À A a de vrais chrétiens, de catholiques sincères, 4 REA que les sujets soumis à leur souverain légi- 1 a time. Il avait appris de Jésus-Christ qu'il faut A de rendre à César ce qui appartient à César ; de x dE | saint Paul, que toute âme doit être soumise 1

je, aux autorités établies ; que celui qui der va à ?

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la puissance résiste à Dieu même, et que par cette résistance il mérite la damnation; du chef des apôtres, que le roi ne porte pas le glaive sans raison, qu'il faut l’honorer par obéissance pour Dieu, propter Deum, tant en sa personne qu’en celles des officiers et magistrats qu'il députe, sive ducibus tanquam ab eo missis. Tels sont, chrétiens, sur cette matière, les principes de notre sainte religion; principes que nous ne saurions trop vous inculquer, ni vous remettre trop souvent devant les yeux, puisqu'ils font partie de cette morale évangélique à l’observance de laquelle est attaché votre salut. Néanmoins, lorsque nous vous exposons quelquefois vos obligations sur cet article, vous murmurez contre nous, vous nous accusez de vues intéressées et politiques, et croyez que nous passons les bornes de notre ministère ! Ah ! mes frères, quelle injustice ! Avez-vous jamais lu que les premiers fidèles fissent de tels reproches aux apôtres, ou ceux-ci au Sauveur du monde lorsqu'il leur développait la même doctrine ? Cessez donc de vouloir nous imposer silence ; car nonobstant vos reproches, nous ne cesse-

rons de vous le redire : soyez sujets fidèles, ou renoncez au titre de chrétiens.

‘ Lors de l'invasion de 1775, notre illustre prélat connaissait déjà la délicatesse, ou plutôt l'illusion d’une partie du peuple à cet égard. Mais, il aurait cessé d’être grand $i une telle considération l’avait fait varier dans ses principes ou vaciller dans l'exécution. Sans donc s'inquiéter des suites, il se hâte de prescrire à tous les curés de son diocèse la conduite qu’ils doivent tenir dans cette circonstance délicate, Tous reçoivent ses ordres avec respect et en font part à leurs ouailles. Le prélat prêche d'exemple en s’enfermant dans la capitale assiégée. Dieu bénit cette résolution ; le peuple, après quelque incertitude, reste enfin dans son devoir : les citoyens se défendent avec zèle et courage. Au bout de quelques mois, un vent favorable dissipe Ia tempête.

Les Assyriens confus se retirent en désordre ; Béthulie est délivrée, la province préservée, et

* nos temples retentissent de chants de victoire

et d'actions de grâces. etc., etc.”

SERMON PRÊCHÉ À LA CATHÉDRALE DE QUÉBEC, LE 4me DIMANCHE DU CARÊME, {er AVRIL 1810, A LA SUITE DE LA PROCLAMATION DE SON EXCEL- LENCE LE GOUVERNEUR EN CHEF, DU 21 MARS, MÊME ANNÉE.

« Accepit ergo Jesus panes, et cùm gra- “ tias egisset, distribuit discumbenlibus :

“ simililer el ex piscibus, quantum vo- ‘ lebant.”

« Jésus prit donc les pains, et, après “avoir rendu, grâces il les distribua à “ ceux qui étaient assis, et leur donna # aussi du poisson autant qu'ils en vou- “ lurent.”’ De l'Evangile de ce jour, en S. Jean, ch. 6.

En réfléchissant, MES FRÈRES, sur la libéralité miraculeuse avec laquelle Jésus-Christ nourrit dans le désert une multitude affamée, multipliant les vivres de manière que cinq pains et deux poissons ,suffirent à rassasier cinq mille personnes ; je serais naturelle-

ment porté à continuer mes précédentes instructions sur le précepte de l’aumône. Mais un autre objet vient fixer aujourd’hui notre attention. Les circonstances du moment exigent que je vous développe de nouveau une matière déjà traitée dans cette chaire, il n’y a pas six mois: matière très désirée par

les uns, peut-être très mal vue par les autres,

et de laquelle néanmoins dépend tout votre bonheur temporel, et votre salut éternel en grande partie. Je veux parler, MES FRÈRES, de vos devoirs, comme sujets, envers le gouvernement et de ce que Dieu exige de vous en cette qualité ; et déjà j'aperçois, d’un côté, des visages que la joie fait épanouir; de l’autre, des fronts qui se rident et portent l'empreinte du mécontentement... Mais, attendez, je dirai la vérité; je la dirai toute nue ; je la dirai à tous, et me garderai de rien avancer qui ne soit fondé sur l’expérience, sur des observations certaines, ou sur la plus saine théologie. Ave Maria.

J'ai affaire ici principalement à deux sortes de personnes. Les uns, chauds et ardents amis du Gouvernement auquel la Providence ‘

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nous a heureusement soumis, voudraient que les chaires chrétiennes retentissent continuellement de nos actions de grâces de ce bienfait, et que la plupart de nos instructions roulassent sur les obligations et les devoirs qu’il nous impose. J’admets avec eux que ce bienfait est grand ; et qui est plus à portée que moi d’en juger et de le connaître ? J’admets encore que les obligations et les devoirs qui en résultent sont un point de la morale chrétienne. Mais enfin, ce n’en est qu'un point, et le corps des vérités s'étend à beaucoup d’autres articles que nous ne devons pas laisser ignorer aux fidèles. Celui que vous avez si justement à cœur est, de votre aveu, un article important et délicat. Il demande donc à n'être traité qu'avec quelque préparation et il ne faut pas exiger qu'il fasse la matière de nos instructions, le jour précis que vous avez fixé pour l'entendre.

Si cette considération vous avait frappés, comme elle le devait, Messieurs, vous vous seriez épargné tous ces jugements, toutes ces plaintes amères, toutes ces accusations de déloyauté dont vous avez aspergé votre clergé

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dans les premiers jours de la semaine dernière.... Point tant de précipitation... Ne savez-vous pas la liaison étroite et nécessaire qu’il y a entre l’autel et le trône ? Et si vous vous perrmettez aussi légèrement de censurer les ministres de la religion, quelle confiance pouvons-nous mettre dans la réalité de votre respect pour le gouvernement ?.… Rassurezvous. Le clergé de 1810 connaît ses obligations à cet égard comme celui de 1775. J’espère qu’il les remplira. Les informations déjà venues d’une partie du diocèse donnent lieu d’augurer favorablement du reste. Mais, encore une fois, modérez votre zèle ; et puisque c'est pour vos pasteurs un ministère consolant que d’avoir à vous rappeler vos devoirs envers un gouvernement toujours bienfaisant et toujours libéral, laissez leur au moins la liberté de déterminer le temps et le jour où il convient de vous en parler,

Une autre espèce de personnes, tombant dans l’extrémité contraire, ne peuvent comprendre qu’il n’y ait rien de commun entre les devoirs civils et les devoirs religieux. Ils sirritent lorsque les ministres de la religion

les exhortent à la fidélité envers le gouvernement politique, prétendant qu’en cela, ils sont conduits par l'intérêt et qu'ils dépassent les bornes de leur ministère. Mais, je vous le demande, Mes FRÈRES, est-ce l'intérêt qui dirigeait le chef des Apôtres, cet homme si pauvre, si méprisé du monde, si ignoré des grands de la terre, lorsqu'inspiré du Saint- Esprit, il considérait les devoirs de sujets comme nécessairement attachés à ceux du christianisme, puisqu'il ne séparait point ces deux préceptes ; Craignez Dieu; honorez le Roi, Dewm timete ; Regem honorificate ? (Petr. 2. 17.) Direz-vous que saint Paul dépassait les bornes de son ministère, quand il consacrait une partie considérable du 13m° chapitre de son épitre aux Romains à établir, par sept arguments, dont je ne mentionnerai que les principaux, la nécessité de l’obéissance aux souverains ? | (Rom. 13.1.) ‘Que toute âme, dit:il, soit soumise aux puissances supérieures.” Tel est son principe, et en voici la première preuve: ‘ c’est qu’il n’y a point de puissance qui ne vienne de Dieu, non est enim potestas

nisi a Deo.” C’esi comme s’il eût dit: Dieu, en créant les hommes, n’a pas voulu les laisser, sur la terre, vivre dans la confusion, l’indépendance et l'anarchie, livrés à la méchanceté les uns des autres et se dévorant entre eux comme les animaux des forêts ou les poissons de la mer. Il les a réunis en sociétés, en républiques, en royaumes, en empires,

‘auxquels il a préposé des chefs. Souvent il

a permis que ces états passassent d’une puissance à l’autre, quelquefois pour leur’ bon-. heur,.quelquefois pour leur malheur, mais toujours pour sa gloire. Souvent, en puuition des péchés des peuples, il leur a fait éprouver de terribles et sanglantes révolutions ; il a souffert que les formes de leurs gouvernements fussent modifiées et altérées et que des conquérants heureux se missent en possession d'états qui ne leur appartenaient pas auparavant. C’est Dieu qui, par son autorité suprême, a permis tout cela.

C'est lui qui à établi ces magistrats, ces princes, ces souverain$, et leur a partagé l'empire du monde. Ceux même qui ont souillé de crimes et trempé dans le sang de

Dieu,

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mais puriifait oluleurs érées ssent arte- » par cela. ces tagé ont de

leurs sujets les couronnes dont ils se couvrent sont encore établis par son autorité ; Non est enim potestas nisi a Deo.”

Vous donc, chrétiens, que la Providence a fait naître ou passer sous quelqu'un de ces divers gouvernements, vous devez être soumis à ceux qui y commandent. Jésus-Christ, en vous donnant une religion toute propre à vous conduire au ciel, ne vous a pas chargés de surveiller et de contrôler les souverains sous lesquels (Luc 12.25) vous vivriez. Laissez, dit-il à ses disciples, les rois des nations les dominer. Mais vous, qui devez vivre dans le recueillement, dans le silence, dans la mortification, dans des soupirs continuels vers une autre patrie, vous n'avez rien de semblable à faire. “ Vos auiem non sic.” La religion n’exige qu’une chose de vous, mais elle l'exige impérieusement ; c’est que vous reconnaissiez que c’est Dieu qui dispose des couronnes, qui préside aux empires, qui les réumt et les partage à son gré et qui met à leur tête ceux qu’il veut bien y mettre. “ Non est enim potestas nisi à Deo.” La foi chrétienne a pénétré partout; elle a commencé

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sous des empereurs ; elle a vu ses états changer plusieurs fois de forme. Partout elle a respecté les constitutions et les autorités établies; partout elle s'est montrée supérieure aux constitutions et aux autorités, parce que partout elle a présenté aux hommes une loi telle que toutes les constitutions et les autorités humaines n’en sauraient produire, je veux dire une loi pure et sans tache, qui domine les consciences, qui maîtrise et convertit les âmes. ‘ Lex (Ps. 18.8.) Domini immaculata, convertens animas. ”

(Rom. 13.2.) Poursuivons le raisonnement de saint Paul. # Mui autem resistunt, ipsi sibi damnationem acquirunt.” ‘Or ceux qui résistent, s’attirent à eux-mêmes la damnation.” Mais quoi! Est-on damné pour des fautes légères? Non. C’est donc un péché considérable, un péché mortel, je ne dis pas de se révolter, je ne dis pas de renverser un gouvernement établi, entreprise dont je crois tous ceux qui m’entendent, fort éloignés, mais même de s'opposer aux vues louables de ce Gouvernement et d’en contrarier les ordres. Pourquoi? Parce qu’il en résulte

chanelle a s étarieure e que ne loi ; autoire, je jui doonverimacu-

\ement psi sibi rui réation.” fautes nsidéde se 1 goucrois ignés, uables er les ésulte

nécessairement du trouble, du désordre, du scandale, et que Jésus-Christ a maudit celui par qui le scandaie arrive. Voilà pourquoi le même Apôtre exige que notre soumission ait pour motif non seulement la vengeance que le souverain peut exercer contre nous, mais encore la crainte de transgresser et de troubler l’ordre (Rom. 13.5.) établi par Dieu : “Non solüm propter iram, sea etiam propter conscientiam.” |

Telle est, chrétiens, la doctrine constante de l'Eglise catholique sur la soumission due aux souverains ; soumission qu’elle a toujours fait profession d'observer beaucoup plus scrupuleusement que les sectes qui se sont séparées d’elle ; soumission qui fait sa gloire, comme elle fait la sûreté des états, en sorte qu'il n’y a pas de trônes mieux affermis que ceux qui sont environnés de vrais enfants de l'Eglise, et que pour les renverser, ces trônes, on a commencé à déclarer la guerre à cette religion. C’est de quoi la révolution de France en particulier vient de donner une preuve éclatante, puisque c'était un principe gér“ralement admis par ses malkcureux au-

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teurs, que pour révolutionner ce royaume, il fallait le décatholiser.

Mais pourquoi chercher ailleurs des preuves de la doctrine de l'Eglise sur ce point, lorsque nous en avons chez nous de

subsistantes. Qui a jamais été plus sincère-

ment attaché au Saint Siège et à la foi catholique que les évêques qui ont successivement gouverné l’église du Canada depuis cinquante ans ? En même temps, qui a jamais montré plus constamment qu'eux l'exemple de la soumission, de la loyauté et du respect pour le gouvernement ? Avez-vous oublié que si cette colonie a évité d’être engloutie dans la révolution américaine, elle en a été redevable en grande partie, aux efforts et à la vigilance d’un deses prélats et de son clergé ? Il est vrai que le peuple d'alors avait plus de déférence qu'aujourd'hui pour les avis et les remontrances de ses pasteurs : qu'on ne lui avait pas donné prématurément une constitution très estimable en elle-même, mais qu’il est peu capable de porter; qu’il ne croyait pas alors avoir le droit de censurer et de contrecarrer ceux qui le gouvernent ;

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MONSEI:NEUR PLESSIS. 79

qu’on ne l’endormait pas dans l’idée trompeuse d’une liberté don’ : . » connaît pas les bornes et qui (Petr. 2. 16) sert souvent de voile à la méchanceté ; qu’on ne lui avait pas encore fait entendre que là où il y a trois branches de législation, il y a aussi triple souveraineté, en sorte que la dernière de ces branches était, dans l'administration générale, aussi respectable que la première que nous appelons le roi ou le pouvoir exécutif. Avouons, MES FRÈRES, que de tous les sophismes dont on a abusé, dans ces derniers temps, pour leurrer et égarer les nations et les disposer à la révolte, voilà peut-être le plus méchant, comme il est aussi le plus faux et le plus absurde, je veux dire, le système de la souveraineté du peuple. C'est celui que tendait à établir, parmi les Juifs, Jean le Galiléen, à une époque où depuis longtemps les Romains les avaient subjugués : système que Jésus-Christ Notre-Seigneur détruisit par ce raisonnement tout simple. ‘Montrez-moi, dit-il, une pièce de monnaie. De qui est (Mat. 22. 19.) cette image et cette inscription ? De César. Eh bien ! c’est donc César qu'il faut reconnaître

mo

et honorer comme souverain” Je pourrais de même prendre en main une pièce de..

monnaie d'Angleterre, une guinée, par exemple, et vous demander à tous, quelle est cette empreinte et cette image ? Est-ce celle du peuple ? Non: c’est celle du Roi. Eh bien! C'est donc le roi et non le peuple qui est souverain. C’est donc au roi que sont dus (Rom. 13. 7.) ‘ l'honneur, la crainte, les tributs, les impôts” dont parle saint Paul. Et qu’on ne vienne pas nous dire que ces préceptes de Jésus-Christ et de ses Apôtres étaient bons pour le temps où ils ont été donnés et ne s'appliquent pas de même aux circonstances où nous nous trouvons. Car ou il ÿ a de l’impiété à prétendre que les préceptes évangéliques ne sont pas pour tous les temps et pour tous les lieux, ou il faut dire que l’Apôtre des nations nous a trompés en déclarant que tout ce qui est écrit l’a été pour notre inscruction :” Quacumque (Rom. 15. 4.) scripta sunt, ad nostram doctrinam scripta sunt.”

Pour moi, Mes FRÈRES, j'aime et j'honore le roi : je respecte sa dignité et son autorité non seulement dans sa personne, mais encore

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dans celui qui le représente, et je croirais offenser Dieu, si je me permettais quelques ‘ réflexions malignes sur sa conduiteet sur son administration. Ce principe solidement établi s'applique de lui-même à tous ceux qui peuvent être successivement envoyés ici pour y occuper cette importante station. Le gouverneur qui était à la tête de cette province il y a vingt ans n'était pas le même qui y est aujourd'hui. Celui qui la gouverne présentement n’est probablement pas le même qui en sera chargé dans vingt ans d'ici. N'importe : j'honore celui qui tient la place, comme jai honoré celui qui l’a tenue et comme j'honorerai celui qui la tiendra.

Dans ce gouverneur je vois la personne du roi auquel Dieu m'a soumis et m'oblige d’obéir : je respecte ses intentions : j'admire la bonté de son cœur et la condescendance sans exemple avec laquelle il daigne exposer à toute la province et sa conduite et ses motifs. J'applaudis au témoignage avantageux qu’il rend à la masse de mes compatriotes.

Comme lui, je les crois braves et loyaux su-

jets, sincèrement attachés au gouvernement

de la Grande Bretagne, capables d'apprécier leur bonheur, sensibles au langage amical et paternel de l'excellente proclamation que ‘ vous venez d'entendre, la première qui ait été jamais lue dans la chaire de cette Eglise depuis sa fondation, c’est-è dire, depuis plus de 150 ans: je les crois, dis-je, bons, sincères, respectueux, obéissants, mais égarés en ce moment, entraînés dans des factions dont ils ne sentent pas assez les conséquences et étourdis des plaintes et des murmures aussi indécents que mal fondés que l’on fait retentir à leurs oreilles. Mais j'espère, Ô bon peuple, que ces préjugés ne tarderont pas à s'évanouir ; que bientôt vous sentirez mieux que jamais les avantages inestimables que vous pouvez retirer de votre situation présente et pour votre religion et pour vous mêmes ; que vous vous affectionnerez de plus en plus au plus sage des Gouvernements et au meilleur des rois, le seul dont le trône soit demeuré inébranlable au milieu du tourbillon qui a renversé tous ceux de l'Europe depuis vingt ans. Cnmme preuve de votre respect et de votre attachement pour

‘écier cal et que ‘ ui ait Eglise s plus , Singarés ctions Lences mures )n fait ô bon pas à mieux Ss que n prévous ez de vernel dont milieu eux de preuve nt pour

ce roi chéri, j'exige que vous unissiez à l'instant vos cœurs et vos voix dans la prière que nous allons adresser au ciel pour la prospérité et la conservation de Sa Majesté.

Domine, salvum fac Tegem..

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