CURÉ-D 'OFFICE DE MONTREAL
Diledus Deo et hominibuf; cujus memoria
tn benedictione est.
Mme de Dieu et des hommes, sa mémoire
est en bénédiction. {Ecdi. ch. 45. r. 1.)
Il vient de se faire un grand vide dans les rangs du clergé canadien. Le 14 du mois de septembre 1864, la mort a ravi à la paroisse de Ville-Marie un saint pasteur, à la maison de St. Sulpice un de ses membres les plus distingués, à l'Eglise un de ses ministres les plus fidèles et les plus dévoués.
C'est bien là le sentiment universel que l'on a vu se
manifester dès la première annonce de la mort de Messire Michel-François-Hyacinthe Prévost. Le deuil qu'elle causé a été véritablement un deuil public. La ville s'est levée tout entière pour escorter à sa dernière demeure, ce digne prêtre qui l'honorait autant par sa capacité que par la solidité et la douceur de ses vertus. Le nom de Messire Prévost appartient désormais à nos annales canadiennes, à cause de l'édification que doit produire l'histoire de sa carrière sacerdotale et la révélation de ses vertus.
Pourquoi faudrait-il que de telles vies demeurassent cachées ? Et au jour où Dieu appelle à lui cessâmes fortes, ne veut-il pas que leur souvenir se conserve religieusement sur la terre pour l'encouragement des faibles et pour l'édification des bons ? In memoriâ ceternâ eritjustus ; la mémoire du juste sera éternelle. . . Opéra illorum seqvMTiiur illos ; ses œuvres Vacœmpagneront. Les payens n'élevaient-ils point des autels à leurs grands hommes, à leurs héros ? Et ignorons-nous que l'Eglise, qui est venue perfectionner tout ce que la vieille société payenne avait conservé de bon, de beau, de vrai, de touchant au milieu de ses traditions perdues, prescrit à ses enfants de transcrire avec respect les actes des saints, et les faits édifiants de la vie des plus humbles fidèles ? Dans l'ordre royal et divin du sacerdoce, que
prêtre fut plus soumis à la discipline ecclésiastique, plus esclave de ses devoirs, plus passionné pour le salut des âmes, plus attachant par la douceur proverbiale de ses mœurs et la suavité de ses paroles, que celui qui est en ce moment le sujet de notre deuil et de notre douleur ?