SCENE XVI
Lrs Précédents, AUGUSTE, JULIE.
AUGUSTE
Ah ' Monsieur le Baron , consentez à ce qu'il soit aussi mon juge. Si je vous ai jamais manqué de respect , si j'ai trahi les lois de Thonneur , je suis indigne de ma cousine , et je serai le premier à me condamner moi-même.
LE BARON
Hé bien , soit , je consens à ce que Brouillon soit notre juge à tous... Allons, mon cher ami, tu es instruit de tout: prononce.
BROUILLON, Il part.
La maudite commission.
Dis franchement ce que tu penses. Sans doute, ce n'est pas moi qui ai tort ?
BROUILLON, bas au Baron.
n s'en faut bien.
Mad. D o R s A N V I L L E.
Parlez , parlez , j'espère que j'ai toute raison , moi. BROUILLON, 7i Madame Dorsanville.
Certainement , madame.
AU G u s T E.
Je n'ai rien à craindre , n^esi-ce pas ?
BROUILLON, à Auguste.
Absolument rien.
Moi, monsieur, je^puis, je crois, être bien tranquille.
BROUILLON, ît Dumont.
Parfaitement.
LE BARON, a Brouillon.
Hé bien , tu hésites ?
Non , mais c'est que vous me placez là dans une situation très-difficile. Vous sent' z bien que je ne puis donner raison ù
M. Brouillvn. 4
l'un sans Jonner ton à l'autre, et c'est contre mes principes ; moi, je n'ai jamais blâmé personne j cîuicun dans ce monde fait comme il veut : j'approuve tout ce qui se passe, tout ce «jue je vols , tout ce que j'entends , et j'ai tellement contracté cette habitude j que dans ce moment je crois que vous avei tous raison: cà me fait cet eiïel-là. Vous êtes tous brouillés d'ailleurs, avec mon caractère conciliant , qi<e voulez-vous que je fosse?... Je ne puis que rapprocher des parents faits pour s'estimer , unir des jeunes gens nés pour s'aimer, récompenser un vieux serviteur de ses longs services , et rassembler les voisins et les amis pour célébrer dans un m^me jour votre réconciliation et le mariage de vos enfants. Hé bien, vous êtes là à me regarder! Voilà, je cois, où vous en étiez quand je suis arrivé : supposons que je ne sois pas venu.
Mais...
E r. o u I L L o N , bas au Baron.
Je sais tout cela ; mais un mauvais arrangement vaut mieux que le meilleur procès.
C'est vrai.
îiad. DORSAN VILLE, Cl BrouUloTl.
Cependant....
BROtiïLLON, bas a Madame Dorsanvilte.
Sans doute ; mais ne vaut-il pas mieux donner son bien à s«* «nfanis qu'à la justice.
Mad. D 0 R s A N V I L L E.
J'en conviens.
Vous, M. Auguste , vous avez des torts....
AUGUSTE
Moi , Monsieur ?
BRO U ILL ON
O.ii, Monsieur, vous-même. ( A part.')QoVi\e\\ti-Cï\ ,\% tais bien qu'au fond vous êtes très-excusable.
AU G u ST E.
Ah! Monsieur, croyez que mon repentir....
C'est bon , c'est bon , on vous pardonpe.
LE B A R O N'
Comment, comment?....
D n o u I L L o N , a TJumont.
Quant à toi , tu n'es qu'une mauvaise langue.
DU M o N T.
Moi , Monsieur, mais je n'ai rien dit....
BROUILLON, bas a Dumont.
Tais-loi donc , tu vois bien que c'est pour Tappoiser un peu. ( Haut. ) Tu devrais tomber aux genoux de M. le Baron , et le remercier : il veut bien oublier tes fautes 3 il te garde avec lui, et te donne ces deux louis en reconnaissance de tes bons services.. Ile' bien , y a-t-il quelqu'un de vous qui soit mécentenl? Ai-je mal arrangé les choses, qu'en pensez-vous, Mademoiselle r" ( Au public.') El vous. Messieurs, vous me voyez entouré des heureux que j'ai faits 5 mais ccpcnà;iMt c'est une chose très-diUieile-quc d'être l'ami de tout le monde, et on doit être indulgent pour celui qui se eliarge dun pareil rôle.