‹ Monsieur Césarin, écrivain publicChapitre 103 sur 132 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

MONSIEUR CÉSARIN, seul; puis MARCELLIN, puis LE COMTE.

Où diable en suis-je de ma double comédie?

Où finit le théâtre? Où commence la vie?

Comment diable sortir de mon scénario?

J'ai fait à Rosereine aimer Eugénio,

Mais comment détourner l'amoureux qui s'entête,

Avant de faire entrer la jeune fille honnête?

Je manque d'habitude et de dextérité...

Et dire, ô Césarin! que Scribe est à côté!

MARCELLIN, arrivant par la galerie.

Patron! Quand Kadoudjah, découvrant son visage

Soigneusement voilé selon le vieil usage,

L'a très vite, un instant, fait voir au price Igor,

La salle tout entière a crié : « Bis!... Encor! »

Quatre fois elle a dû redécrocher son voile!.

A partir d'aujourd'hui, patron, c'est une étoile!

Enfin il est venu le soir réparateur;

Je vois enfin briller, de première grandeur,

L'étoile qu'Apollon vole au ciel de Cythère!

MONSIEUR CÉSARIN. s

Et moi je vois dans i' herbe un petit ver de terre

Amoureux de l'étoile... Au bel astre parti

Il apparaît de loin de plus en plus .petit;

Bientôt, toujours montant, l'astre distingue à peine

L'atome demeuré dans l'ombre de la plaine;

Dans son ascension son éclat s'est accru,

Mais dans la nuit d'en bas le ver a disparu!

MARCELLIN

Si je comprends, l'étoile alors?...

C'est Rosereine.

MARCELLIN

Tandis que moi, je suis?

L'atome dans la plaine!

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