ACTE TROISIÈME
EUGÉNIO, même jeu.
Venez, triomphateur!
(Tous trois disparaissent. Entrée de Laurent.)
MONSIEUR CÉSARIN, à Laurent.
Où sont mes deux commis?
LAURENT
Venus à la cuisine, L'un se croyait Corneille et l'autie Jean Racine. Ils étaient ivres-morts... Avec un goût douteux Ils répétaient partout que la pièce était d'eux.
MONSIEUR CÉSARIN, effrayé.
Oh!
LAURENT
Toute vérité n'étant pas bonne à cire, Je les ai sur-le-champ fait tous deux reconduire, Disant qu'étant donné leur énorme succès On les mandait d'urgence au Théâtre- Français!
Vous avez fort bien fait.
LE COMTE, arrivant, suivi de Rosereine et d'Eugénio.
Mes amis! Sur la scène Quatre fois le public a voulu qu'on me traîne!
(A Rosereine et à Eugénie) Il me faut un théâtre à moi!... Vous y jouerez!
(Rosereine ayant reçu de M. Césarin, à la dérobée, le billet commandé, le glisse dans la main d'Eugénio.)
ROSEREINE.. en donnant le billet.
Vite, prenez ce mot!... A part vous le lirez...
(Haut à Laurent.) Qu'on serve le souper!
eugénio.
Tous ces gens, je présume, Aimeront à nous voir de tout près en costume.
LE COMTE, sortant à gauche.
Venez, on nous attend... Je vais vous annoncer.
ROSEREINE.
Allez.
(Elle a pris le bras d'Eugénio, et avant de sortir avec lui.) Au fait, Laurent, vous allez leur dresser Une table ici-même... Et donnez-leur Eugène...
(A M. Césarin.)
J'ai peur que de souper par «là ça ne vous gêne...
Vous serez entre vous... Bonsoir... Bon appétit!
(Elle sort appuyée coquettement sur le bras d'Eugénio victorieux.)