ACTE DEUXIÈME
MADAME CÉSARIN, faisant le guet à la porte du fond.
C'est l'apothéose.
Vous avez l'esprit vif, votre léger vernis Faites-le foisonner...
MADAME CÉSARIN, écoutant toujours au fond. Les méchants sont punis.
Emettez un avis dans toute controverse.
ISABELLE
Vous verrez, si l'on vient à parler de la Perse! C'est effrayant, parrain, ce que j'ai déjà lu Depuis le jour heureux où je vous ai connu.
N'ayez donc pas pour rien gagné des névralgies A pâlir jour et nuit sur des anthologies; Evitez encor le déhat grammatical, Mais citez du Corneille et risquez du Pascal.
Vous allez voir!... Ah, j'ai fini le dernier iivre.
MONSIEUR CÉSARIN, lui remettant les livres apportés par sa femme.
Tenez. Vos fournisseurs ont du mal à vous suivre; C'est étonnant ce que votre ignorance a faim!
MADAME CÉSARIN.
Igor et Kadoudja triomphent...
C'est la fin.
ISABELLE
Monsieur... monsieur parrain, avant que l'on revienne, Dites-moi s'il a lu ma lettre quotidienne? Notre lettre d'amour, le billet quotidien, Marcellin l'a-t-il eu ce matin?
Je crois bien!
Et, toujours étonné de sa bonne fortune, Il me la lut encor comme il fait pour chacune; Sa tendresse discrète à nouveau le charma Mais il maudit encor le long anonymat De celle qu'il suppose une femme du monde, Princesse pour le moins, belle, très riche, et blonde.
ISABELLE
Belle, princesse, et riche?
MONSIEUR CÉSARIN, à sa femme.
Et j'ai ri de bon cœur En lui voyant baiser ma lettre avec ferveur!
(Tous deux s'amusent de cette idée.)
ISABELLE, un peu froissée.
Mais ce qu'il embrassait... mais*., c'étaient mes idées! C'étaient les choses que je vous avais dictées! Du reste, j'en sais bien assez long à présent Pour n'avoir plus besoin d'user d'un remplaçant, Et j'écrirai moi-même... Et je veux qu'il embrasM