SCÈNE III
MADAME CÉSARIN, DÉSIRÉ, IGNACE, puis MONSIEUR CÉSARIN.
MADAME CÉSARIN, déposant sur la table de M. Césarin un plateau avec une tasse, une serviette et trois petits pains.
J'annonce le patron, d'humeur assez maussade... Attendez-vous tous deux à quelque rebuffade.
(Elle va prendre le café sur le poêle. Entrée de M. Césarin avec quelques paperasses à la main.)
IGNACE, empressé.
Bonjour.
DÉSIRÉ, même jeu Bonjour.
MONSIEUR CÉSARIN, bourru.
Bonjour... Vous arrivez bien tard.
DÉSIRÉ
Mais nous étions...
MONSIEUR CÉSARIN, brusquement.
C'est bon! J'ai fait un cauchemar Affreux !... Un inventeur...
(Remarquant que Désiré et Ignace écoutent en souriant.)
Attendez donc, pour rire!...
Inventait une mécanique pour écrire;
11 remplaçait par des leviers, par un déclic, La main, noble instrument de l'écrivain public. C'était la fin d'un art, la fin d'une science, Qui veut du goût, du cœur, et de l'expérience. Les clients me quittaient, moi, le maître, l'ancien, Pour aller se fournir chez le mécanicien!
Alors, pour prévenir une ruine brève...
DÉSIRÉ, timidement.
Nous, que devenions-nous?
Vous n'étiez pas du rêve!...
Je liquidais mon fonds et je cédais mon bail.
MADAME CÉSARIN, qui a préparé le petit déjeuner. Avant de déjeuner, donne-leur du travail.
MONSIEUR CÉSARIN, allant à son bureau.
C'est juste.
(A Désiré lui donnant des papiers.)
Vous, d'abord, de ces deux circulaires Faites-moi vivement quatre cents exemplaires. Pas de pattes de mouche ou gribouillis de chat... (Donnant un manuscrit à Ignace.)