SCENE Iïï
Les Mêmes, MONSIEUR GÉSARIN, MARGELLIN, EUGÉNIO.
MONSIEUR CÉSARIN, arrivant vivement par la galerie, suivi de Marcellin.
Vite, monsieur Laurent, un soupçon de Champagne ! Mademoiselle en veut juste pour humecter Son gosier desséché.
(Laurent ayant versé du Champagne dans une coupe passe cette coupe à M. Césarin auquel Marcellin la prend.)
l MARCELLIN, empressé.
Je vais le lui porter !
(En courant vers la galerie.) Vous servir! Vous servir à genoux, Rosereine!
(Il se heurte encore à Eugénio qui surgit de derrière la portière. )
EUGÉNIO, lui enlevant la coupe.
Donnez vite! Donnez, jeune homme! Elle entre en scène t (Il disparaît.)
MARCELLIN, interloqué.
Il me traite à présent de haut!
LAURENT
Tout comme moi! j Car maintenant chez nous c'est lui fait la loi!
MONSIEUR CÉSARIN, cherchant à faire parler Laurent.
Ah! C'est lui qui?... Vraiment?
LAURENT
Pour sûr !
Est-ce qu'on jase
LAURENT
Dame!... Il est très pressant... Elle, elle est en extase! On déjeune et l'on dîne ensemble tous les jours; On répète la pièce avec tous les mamours; Sous prétexte de rôle on s'embrasse sans cesse,^ Si bien qu'on ne sait plus où commence la pièce, Et, tant cette chaleur a de sincérité, Si l'on n'est pas en plein dans la réalité.
Vous avez entendu, Marcellin?
MARCELLIN
Médisance!
Ce cynisme apparent prouve leur innocence; Lorsque l'on joue un îôle, on doit le vivre un peu..."* Ils jouent juste, et nature...
LAURENT, goguenard.
Ils ont un très bon jeul Du reste, à ne pas voir ce que chacun raconte Vous êtes au moins deux : vous et monsieur le comte. (Il sort majestueusement à gauche au troisième plan.)