‹ Monsieur de Cupidon (volume 2)Chapitre 7 sur 48 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

On plaint Babet. — Pendant ce temps, la grisette a dispara. — Rne de Lille. — > Une grande dame est à son balcon. — Elle nous lorgne. — La deaxiènie, flèclie de M. de Gapidon.

— C'est fini? demandai-je.

— Oui, répondit M. de Cupidon.

— Quoil il ne se trouva là personne pour sauver Babet ?

— Personne.

— Huml c'est un peu triste, votre petite histoire.

— Que voulez-vous que j'y fasse I Êtês-vous donc de ceux qui n'aiment que les dénoûments arrangés et consolants?

— Non, oh! non; mais enfin, je ne peux m'empêcher de plaindre cette jardinière.

— Vous avez raison... Allons! tout en causant, voilà que nous avons perdu sa trace.

— La trace de qui ?

— La trace de Babet.

— Ah oui ! m'écriai-je, de Babet ressuscitée et devenue grisette. J'avais oublié votre système,

M. de Cupidon regardait de tous les cô.tés.

— Est-ce à droite ou à çauche qu'elle a tourné ? se demandait-il.

— Je crois que c'est à gauche, du côté de la place de la Concorde.

— Place Louis XV, voulez-vous dire, objecta M. de Cupidon.

— Pourquoi pas la foire Saint-Ovide ! répond is-je en riant; vous savez bien que chaque gouvernement a à cœur de rebaptiser Paris tout entier. Je sais telle rue qui a plus de noms qu'un Castillan.

Nous arrivâmes à la hauteur de la rue de Lille. Décidément, Babet nous avait échappé I M. de Cupidon poussa un soupir, et, tirant sa montre :

— N'est-il pas l'heure de l'Opéra? fit-il en m'interrogeant.

Mais en ce moment mes yeux étaient attachés sur le balcon d'un vaste hôtel, oCi se tenait, gracieusement incluse dans une robe de soie noire, une belle dame, armée d'un lorgnon d'or. Je la fis remarquer à M. de Cupidon, qui s'écria:

— Vraiment! cette dame a fort bon air; je veux

inscrire son adresse sur mes tablettes.

De son côté, la dame du balcon avait abaissé son

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regard dans la rue et elle examinait M. de Gupidon avec une attention toute particulière. Une flèclie qu'elle reçut de lui au plus fort de son examen ne réussit qu'à lui arracher un faible soupir.

— A votre place, dis-je, je lui en décocherais une seconde; celle-là s'est peut-être perdue dans les plis du corsage.

— Venez donc, répondit M. de Gupidon en haussant les épaules, et conduisez-moi à l'Opéra.

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