OUA.RLES ET PA.RIS
nuit. Les amis de Paul, témoins de toutes ces attentions, le félicitaient d'avoir été providentiellement conduit chez un docteur à la fois si habile et si complaisant. Tous ceux dont il avcfît donné les noms avaient été religieusement avertis de l'événement par une no e écrite de la main de M. Valésien. Don Antonio de Scintilla et le général Mazade étaient accourus des premiers, et ils se montrèrent aussi les plus assidus. Don Antonio moins froid qu'il le paraissait, passa plusieurs nuits au chevet de Paul et oublia complètement son habitude paternelle de lui faire des remontrances amicales. Il venait assez souvent le visiter le soir, parce que, disait-il, une partiede sa journée était prise par les leçons qu'il s'était insensiblement laissé aller à donner dansle pensionnat pour faire plaisir à madame Duravel. Le docteur Valésien eut bientôt distingué cet ami de Paul entre tous les autres. Ils avaient ensemble des conversations fort animées sur la médecine des colonies, et Paul découvrit que sans avoir étudié dans une école ni en Espagne, ni en France , le colon philosophe ayant été pro-
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priétaire d'une ou de plusieurs habitations cultivées pardes noirs, avait cru de son devoir d'étudier leurs maladies, afin de leur porter au besoin les premiers secours de l'art. Selon le docteur Valésien, don Antonio 8e Scintilla était dans son genreun^^/Tz/j/n'^Mede quelque mérite, et un observateur plein de sagacité. Sa confiance en lui alla jusqu'à lui lire un chapitre particulier de ses mémoires , qu'il passait toujours en les lisant à ses plus intimes amis.
Parmi ceux qui visitèrent Paul dans la maison du docteur Valésien, ce fut M. d'Armentières qu'il vit le moins souvent. Ce n^était pas chose surprenante ; M. d'Armentières était obligé de partager son intérêt entre le neveu blessé et la tante malade. Peut-être aussi, s'étant presque coudoyé le premier jouravec legénéral Mazade,la crainte de rencontrer celui-ci pouvait bien expliquer la rareté de ses visites.