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Monsieur Isaac S. Desaulniers [microforme]

Enregtstré conformément à l’acte du Parlement du Canada en l’année mil huit cent quatre-vingt-trois, par Capteux & Deroues, au bureau du Ministre de l'Agriculture à Ottawa.

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MESSIRE 1I.-S. LESIEUR-DÉSAULNIERS.

Un homme avait rempli l’anivers de son nom et de sa science ; il avait été comblé d’honneurs et de distinctions par ses concitoyens. Appelé, un jour, à parler dans une circonstance solennelle, il aperçut, parmi ceux qui l’écoutaient, un vieillard vénérable qu'il reconnut pour son ancien professeur. Obéissant à un noble sentiment de reconnaissance, il laissa un instant le sujet qu'il traitait et dit, d’une voix émue, qu'il était heureux de voir dans son auditoire distingué l'homme savant et modeste qui ayait guidé ses

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6 MESSIRE 1-8. LESIEUR-DÉSAULNIERS,

premiers pas dans le chemin de la science, et de déposer à ses pieds les hommages et les honneurs qu'il devait à ses enseignements.

. On loue souvent le mérite des hommes qui ont illustré leur pays par l'éclat de leurs talents et de leurs vertus, et on oublie ceux qui ont formé l'intelligence et le cœur de ces hommes remarquables.

Ainsi, en parcourant un jardin rempli de fruits et de fleurs dont la vue nous charme, on n’a pas une pensée pour le jardinier dont la main habile a fécondé toutes ces merveilles.

Pourtant, la véritable grandeur n'est pas toujours dans le bruit et l'éclat du monde, dans la pourpre et la soie ; on la trouve souvent dans le silence et la solitude, sous le voile d’une sœur de charité ou dans les humbles fonctions du sacerdoce et de l’enseignement.

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MESSIRE 1.8. LESIEUT-)ÉSAULNIERS. 7

Voulant rendre hommage à ceux qui ont tant fait pour ie peuple canadien en l'instruisant, je me suis arrêté, par hasard, devant la grande figure de Messire I.-$.

Lesieur-Désaulniers, ancien supérieur du collège de Saint-Hyacinthe. Il m'a semblé qu’un homme dont tous les élèves, sans distinction, parlent avec tant d'amour et d’admiration, devait être un homme remarquable. J'ai reconnu, après avoir étudié la vie et les mœurs de ce prêtre éminent, que c'était une grande âme, une intelligence d'élite, une des gloires les plus pures et les plus brillantes de l’éducation en ce pays.

M. Désaulniers naquit à Sainte-Anne d'Yamachiche,le vingt-huit novembre mil huit cent-onze. Il tenait, par son père et sa mère, aux sources les plus fécondes de notre origine ; son père et son grand-père maternel avaient tous deux siégé dans notre parlement.

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8 MESSIRE 1.8, LESIEUR-DÉSAULNIERS.

Charles Lesieur, qui vint en Canada en mil six cent soixante et dix, épousa Francoise de Lafond, fille de Marie Boucher, qui était sœur de Pierre Boucher, gou-

verneur des Trois-Rivières. Ilest le père de tous les Lesieur : les Lesieur-Désaulniers, Lesieur - Duchêne, Lesieur - Coulombe, Lesieur - Lapierre. La famille Désaulniers est alliée aux de Boucherville, de Courval, de Tonnarcourt, de Varennes.

L'intelligence et la piété du jeune Désaulniers firent présager, dès son bas 4 âge, sa destinée ; au collège de Nicolet, où il entra pour faire ses études, en mil huit cent vingt-trois, il se distingua par ses vertus et ses talents. Ceux dont le dévouement et le patriotisme avaient :

fondé cette maison d'éducation, dans le Là but de former des hommes pour la religion et la patrie, n’eurent garde de négliger un pareil sujet. Des prêtres éminents

1ada en a Franoucher, r, goule père Désaul- :. Coufamille ucherrt, de

MESSIRE 1I.-S. LESIEUR-N“SAULNIERS. 9

comme MM. Leprohon et Ferland devaient être heureux de développer cette jeune plante.

Voici le témoignage porté sur M.

Désaulniers par un condisciple : “Il a

toujours été sage ; je ne me rappelle pas qu'il ait été puni une seule fois pendant tout le cours de ses études; les élèves, petits et grands, aimaient et recherchaient sa compagnie, à cause de son franc rire, de son caractère toujours gai et aimable ; à mon souvenir, il n’a j:mais eu la moindre difficulté avec qui que ce soit. Je l'ai toujours regardé comme un confrère de von exemple sous tous les rapports.”

C'ést dans ses dernières classes qu'il donna surtout l’idée de ce qu’il serait plus tard. Son intelligence s’épanouit aux premières lueurs de la philosophie et se livra avec ardeur à l'étude de cette science, Le leçon ordinaire ne suffisait pas à son

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besoin de savoir, à son esprit curieux et indépendant ; il cherchait sans cesse de | nouveaux horizons et prenait plaisir à 14 s’aventurer seul dans le dédale des théo- R ries les plus abstraites.

Un exemple fera voir combien il aimait no - la discussion, la controverse.

(il | Il avait un frère, doué comme lui de ‘4 talents remarquables, et qui fut l’une des gloires du collège de Nicolet.

Un soir, vers le soleil couchant, Mme M } 1 Désaulniers, regardant par une fenêtre de D ; la maison qui donnait sur la rivière, ? p \'4 aperçut vaguement à travers le feuillage à ln | deux formes humaines qui s’agitaient, et Lo | crut entendre des voix quise parlaient c À avec vivacité. h :

—Va donc voir ce que c’est, dit-elle à £ son mari. c

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