II PRÉFACE
chantaient l'histoire de Fingal (Knne façon, les autres d*une autre façon, et ii était impossible de reconnaître dans tout cela la véritable histoire du grand Fingal.
Un Anglais, nommé Macpherson, voulut démêler la vérité. Il partit pour TÉcosse, et rassembla les divers chants des bardes. Il les arrangea, les accorda entre eux, et en composa des poèmes que l'empereur Napoléon aimait beaucoup et lisait sans cesse. On a soupçonné Mac|)herson d'avoir imaginé une grande partie de ces poésies, et de les avoir mises sur le compte d'Ossian ; mais c'est une chose qui n'est point prouvée. Qu'importe d'ailleurs de qui sont ces poésies, pourvu qu'elles soient belles et intéressantes!
Il en e^t de M. le Vent et de madame la I4uie comme du grand Fingal. Ma grand'-mère racontait l'histoire de madame la Pluie, sans parler de M. le Vent. Mon oncle savait l'histoire de M. le Vent, et ne disait rien de madame la Pluie. Ma nourrice, qui était de Bretagne, mêlait ensemble les deux histoires, et n'en faisait qu'une seule plus complète et plus merveilleuse. Il y a bien longtemps, je suis allé en Bretagne; et. pour suivre l'exemple de Macpherson, j'ai rassemblé tout ce qu'on y racontait de M. le Vent et de madame la Pluie, qui fréquentent beaucoup ce pays-là. Comme vos mamans vous apprennent sans doute à détester le mensonge, je ne vous dirai