‹ Monsieur Piégois; comédie en trois actesChapitre 137 sur 156 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

VOUS laquine bien quelquefois à propos de Picgois, mais sans mauvaise intention, je vous assure. Je ne partage pas du (ont l'opinion de ceux de nos amis qui prétendent que vous rainiez comme une folle...

HENRIETTE

Moi!... On dit?

MADAME JANTEL

On le dit, et on me le dit. Mais je réponds que vous avez au contraire pour Piégois une aversion véritable. C'est bien cela, n'est-ce

pas?... (Madame Jantel, après un assez long silence d'Henriette, changeant de ton et lui prenant les mains.)

Ma pauvre Henriette!... Quelle lutte insensée vous soutenez contre votre propre cœur!

HENRIETTE

Ah! Louise, Louise! vous voulez donc me forcer à avouer que je suis malheureuse! et troublée! et bouleversée! Et que mes chères idées d'autrefois étaient celles d'un enfant pas encore entré dans la réalité! J'ai vu

depuis à quoi tenaient la probilé, l'honneur, et j'ai compris qu'à l'origine de toutes les fortunes, il y a peut-être les mêmes iuipuretés et les mêmes scandales... Si j'avais su cela plutôt, j'aurais fait comme tout le monde, comme tous ces gens qui sont là, tenez, qui dansent et qui s'amusent, mêlés les uns aux autres, ne suivant que leurs désirs et ne cherchant que la joie, et j'aurais pris tout de suite l'homme que j'aime... oui, Louise, c'est vrai, l'homme que j'aime, sans me soucier de sa condition et de ses vertus. Je suis punie de ma naïveté et de mon ignorance de la vie. Et maintenant, il est trop tard.

MADAME JANTEL

Mais non, ma pauvre amie, il n'est pas trop tard...

HENRIETTE

Je lui ai dit des mots qui nous séparent à jamais.

-MADAME JANTEL

Vous attachez beaucoup trop d'importance à ces mots-là, et en général à une foule de

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