‹ Monsieur Piégois; comédie en trois actesChapitre 14 sur 156 · ACTE PREMlEl · texte numérisé non relu

ACTE PREMlEl

que cinq ans d'existence! Nous commençons à faire concurrence à Ludion et à Bagnèresde-liigorre!... Un casino I... des courses de taureaux!...

DE CERNEUIL

Des courses do taureaux?...

HER15ELTN

Oui, mon cher Monsieur, nous avons, le 4 5, une course de taureaux. Elle est même déjà interdite, le préfet vient de m'en aviser. J'ai fait afficher l'interdiction et toutes les places sont déjà louées... Mais savez-vous ce qui fait notre succès grandissant? C'est que nous sommes avant tout une station de familles... de familles élégantes, de familles qui s'amusent, mais de familles... Vous connaissez les Jantel, n'est-ce pas? Los Jantel, de Paris?... Grande maison do banque, honorable, solide... Eh bien! les Jantel viennent de s'installer ici... Yoilà l'élément qu'il nous faut... Ah! parbleu! je sais bien qu'il commence à s'en introduire un autre... l'élément cosmopolite... les cocottes... mais il est encore peu nombreux et nous tenons la main, Piégois et moi, à ce qu'il ne se développe pas trop rapidement.

DE CERNEUIL

Pourtant, des cocottes n'ont jamais nui à la prospérité d'une ville d'eaux.

HERBELIN

Les grandes, je ne dis pas. Mais nous n'avons encore que des petites, des débutantes qui nous arrivent de Toulouse, de Bordeaux, pas même de Paris... comme ces deux-là, par exemple !...

(il désigne deux jeunes femmes élégantes qui viennent de rentrer par la gauchie.)

DE CERNEUIL

Elles sont charmantes.

HERBELIN

Vous les connaissez?

DE CERNEUIL

Pas du tout.

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