‹ Monsieur Piégois; comédie en trois actesChapitre 150 sur 156 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

PIÉGOIS

Tu le trompes et tu es injuste, car ce n'est pas moi qui ai eu l'idée de vous présenter. C'est elle... oui, c'est elle qui a désiré te connaître... et moi, je m'y suis d'abord opposé de toutes mes forces...

EMMA

Tu Tas donc vue? Quand l'as-tu vue?

PIÉGOIS

Mais... un peu avant que tu n'entres.

Tu as causé seul avec elle?

PIÉGOIS

Quelques instants.

EMMA

Alors, c'est encore plus triste pour moi, car si elle a voulu me connaître, c'est qu'aujourd'hui elle t'aime... El comme tu l'aimes aussi,

et qu'elle est libre, aucune puissance humaine ne vous empêchera de vous réunir, et surtout pas moi, pauvre fille!...

PIÉGOIS

Madame Audiy et moi ne serons jamais que des amis ou des camarades. Crois-le, ou ne le crois pas, ça m'est égal ! Fais toutes les suppositions que lu voudras, je n'y puis rien...

EMMA

Des amis ou des camarades, vous deux ! Tu me crois donc bien naïve!... Entre vous deux, veux-tu que je te dise? il n'y a plus qu'un obstacle, c'est moi ! Tu ne t'en rends peut-être pas compte toi-même, mais tu ne m'épousais que pour te faire aimer de cette femme... Puisque ca y est maintenant, lu n'as plus besoin de moi...

PIÉGOIS

Arrêtons-nous veux-tu? Nous finirions par nous diie des choses blessantes... J'ai deux ou trois personnes à voir. Attends-moi ici, je

te retrouve.

(11 sort.)

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