ACTE TROISIEME
LEBRASIER
Oui, Piégois, oui, mon ami... C'est Emma... Elle va coucher ce soir aux Coccinelles. Je lui prête ma chambre... Moi, j'irai coucher à l'hôtel...
PIÉGOIS
Qu'est-ce que ça signifie?... (Faisant im pas.) Je vais...
LERRASIER
iNon, Piégois, ne va pas la rejoindre.
Laisse la partir. C'est ce que vous avez de mieux à l'aire tous les deux...
PIÉGOIS
Non, non... Je ne veux pas qu'elle parle ainsi sans que je la voie, que je lui explique!...
LEIîRASIER
C'est inutile. Elle sait tout, n'est-ce pas? Elle sait que tu aimes Henriette... et qu'Henriette t'aime aussi!...
PIÉGOIS
Tais-toi, Lebrasier, ce n'est pas vrai.
LKBRASIER
Si, mon ami, c'est vrai,,. Henriette t'aime aujourd'hui. Elle aime l'Iiomme que tu es devenu, et que tu es devenu par elle et sous son influence... Et, certainement, un jour elle sera ta femme. Je ne dis pas que ce sera demain, mais tu y arriveras. Quant à Emma, sois tranquille, je ne la quitterai pas... et je tâcherai... Piégois,de la consoler peu à peu...
Toi?
LEBRASIER
Moi... Je l'aime. Et je me suis permis de le lui dire, je te demande pardon.
PIÉGOIS
Lebrasier! Lebrasier! Tu es un être admirable!... Ah! si elle pouvait t'aimer un jour!..,
LEBRASIER
Je l'espère... Au revoir, Piégois... (il lui tend la main. Paraît Herbelin.) Non, Marcel Piégois, banquier à Paris...
(Il sort pendant que s'avance Herbelin.)