‹ Monsieur Piégois; comédie en trois actesChapitre 80 sur 156 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Lebrasier. Pourquoi me marierais-jc, je vous prie de me le dire?... C'est presque honteux à avouer, et vous allez trouver cela souverainement injuste, mais je suis une des plus heureuses femmes qu'il y ait. Jai de bons amis et une famille exquise que j'adore. Mon fils se poite bien et son éducation occupe ma vie. Le souvenir de mon mari m'est plus mélancolique que douloureux... Vous voyez combien il serait absurde de compromettre tout cela dans l'aventure d'un second mariage, le plus grand risque que puisse courir une femme de mon âge. (La femme de chambre entre par la baie du fond, avec un plateau contenant les verres, le café, et le dépose sur la table à gauche. Suzanne et Marguerite traversent la scène et vont sur la terrasse, où elles font signe aux invités que le café est servi.) Rassurez-VOUS donc,

Lebrasier, si tant est que vous me fassiez l'honneur d'être jaloux à ce point-là de mon affection. Je ne vois pas, à l'horizon, l'ombre d'une catastrophe.

LEBRASIER

Tant mieux. Mais vous me permettrez cependant de garder ma façon de penser...

(Rentrent les invités par la terrasse.)

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