‹ Monsieur Scapin; comédie en vers. Nouv. éd., contenant la version en deux actes et la version en trois actesChapitre 8 sur 84 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

DORINE

Non, certes.

Entraînant Suzette à part.

Ecoute, ma Suzette.

SCAPIN

Ah! si tu te concertes Dès l'abord avec elle, hein I ce n*est pas de jeu.

Il court prendre Suzette par la main et l'entraîne de son côté.

Moi, je vais t'expliquer.

DORINE, même jeu.

Moi.

SCAPIN, même jeu.

Moi. Mais, sarpejeul C'est à moi de parler, enfin ! Ça m'exaspère Qu'on méconnaisse ainsi les droits sacrés d'un père !

DORINE

Ah î diable ! les grands mots ! Parle alors. Je me tais.

SCAPIN, solennel.

Ma fille, ainsi qu'un mur croulant veut des étais, La famille a besoin d'être consolidée Par le mariage. Or (tu suis bien mon idée?) Les parents (ou plutôt le père; enfin, passons! Les parents) de ce mur croulant sont les maçons. C'est-à-dire, il faut que. . .

DORINE

Bref, sans tant de sornettes, On veut te marier, voilà les choses nettes.

SUZETTE

Ah! quel bonheur!

SCAPIN, triomphant, A Djrine.

Tu vois si j'étais bien tombé !

DORINE, à Suzelle.

Te marier au fils de maître Barnabe.

SUZETTE

Ah! quel malheur!

DORINE, triomphante, à Scapin.

Qui donc avait deviné juste?

SCAPIN, de plus en plus solennel.

Enfant, le mariage est une chose auguste...

SI ZETTE

Non ! il s'appelle Antoine.

SCAPIN

Antoine est un beau nom.

SUZETTE

Tu veux faire de moi madame Antoine, oh ! non. Ça te fait rire, tiens !

SCAPIN

Du tout, mademoiselle.

SUZETTE, câline.

Voyons, papa!

SCAPIN

Ne me fais pas tes yeux d'oiselle.

•nutile 1 Tu vois, moi, je fais mes gros yeux.

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