SCÈNE XVII
Les Précédens , M. TARDIF , entrant par le fond , et s'arrêtant.
M. TAROIF.
Ah, mon dieu !... les voilà toutes deux... attendons qu'elle fioit sortie. ( // entre dans le cabinet.)
MADELINE, à Ursule.
Eh bien . madame^ puisque vous aîl'^z l'épouser, tâchez^ je vous prie, de le rendre bien heureux.
URSULE
Pouvez- vous en douter, ma chère ?
MADELINE
C'est que je sais mieux que personne combien il le mé* rite... il est si bon^ si aimable... Tenez, madame , je vais d'avance vous faire connaître son caractère... ça pourra vous être utile... D'abord^ il n'est pas vif; mnis ne vous impatientez pas à l'activer, parce qu'il ne changera pas... il est comme ça.
URSULE
(.'esî ce que nous verrons... Econîez, Madeline, vous
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êtes une bonne fille; et avant tout, il faut nous entendre... Vous aimez votre parrain, moi aussi... vous voulez son bonheur, c'est tout ce que je désire.... il faut donc, pour cela , que vous me secondiez en tout... en un mot , que vous continuiez à me servir comme vous l'avez déjà fait j et vous ne vous en repentirez pas.
MADELINE
Comment donc, madame! je ne demande pas mieux.
URSULE , à part.
J'en étais sûre... elle est à moi. ( haut ) Eh bien , ma chère, au lieu de laisser M. Tardif vivre comme il le fait, je prétends d'abord le mener dans le monde... dans la société.
madeline.
. Justement... c'est qu'il n'aime pas cela.
URSULE
Oui... mais si je l'aime;., quand ou a de la fortune ^ il faut en jouir... il faut s^en faire honneur... Il est encore dans un âge à aller au bal, et il m'y mènera. madeline.
Ah^ mon dieu ! vous allez le rendre malade... lui qui es^ toujours couché à dix heures.
URSULE
A Melun, c'est bien... mais comme nous irons à Paris...
A Paris!... ne vous en avisez pas.., SU quittait ce pays... il mourrait de chagrin.
URSULE
Soyez tranquille ^ cela me regarde... et si vous voulez être de mon parti , nous saurons bien l'y forcer.
MADELINE
Comment!... est-ce que vous voulez le contraindre... et commander chez lui ?
URSULE
Du tout... jamais on ne commande... mais quand on veut, on se fait toujours obéir... c'était comme ça avec mon premier mari.
MADELTNE.
Ah^ mon dieu î... vous aviez donc aussi des disputes ?
URSULE
Jamais nous n'avons eu une querelle... Moi, le contrarier !... oh dieu !... c'est si loin de mon caractère... mais avec des vapeurs, et des attaques de nerfs, on fait toujours vouloir ce qu'on veut... ils y sont forcés, par ordonnance du médecin... Adieu, Madeline, je vais attendre au salon... dès qu'il le faudra , je commencerai... je prendrai mes spasmes et mes irritations nerveuses... s'il le faut même, j'aurai une petite attaque.
( Elle va du côté du salon a droite. }
M. TARDIF, sortant du salon, A merveille !
URSULE
Oh dieux!... je vais me trouver mal!...
M. TARDIF
Ce n'est pas la peine... je n'y croirais pas... Après le petit système de conduite que vous venez de dévoiler vousmême... c'est fini entre nous.
URSULE y feignant un grand trouble.
Quoi, monsieur !... me faire une pareille scène!
M. TARDIF
C'est inutile , vous dis-je... j'ai tout entendu... et vous pouvez déchirer le contrat.
URSULE, d'un air pénétré.
Il suffit , monsieur... Je vois que vous cherchez un prétexte pour rompre avec moi... Je me flatte que vous rougirez un jour d'avoir écouté de faux rapports... ( /eysuyant les jeux ) et quel que soit le parti que vous preniez... j'aurai du moins la consolation d'avoir élé victime d'une injustice que je ne méritais pas. ( Elle sort. )