LE PLATEAU
LE PLATEAU (i)
Chantonelle fait se perdre dans les herbes, dans la terre vaseuse :
(i) Les machinistes ne disent pas : La Scène, ils disent : Le Plateau.
Les veules, gens modérés, tempérants, concurrents au deuxième accessit, -gens au cou gras, de chair gris blanc, blanc jaune, blanc brouillé : Boisson tiède, cuisine au bain-marie, pleine eau : un bain desiè^e... Pouah!
Les puants, un défilé de gens de tout habit et de toute robe. Des mentons en avant, des ventres qui s'affichent, des bouffis, des rondelets, des grassouillets, des fluets; des tout petits qui se haussent, s'allongent, s'élargissent; des grands qui se cambrent; des « jeunes », des « encore jeunes », des « toujours jeunes » ; jeunes de dos, ils sautillent les mains en pointe... Puants, pour ce motif, pour cette raison, pour ça... pour ça!...
Des gnomes béats et confits, accroupis, la lubricité refoulée vers les paumes; des pleutres et des ladres, gens penauds enfouis dans les riches floraisons de la terre, grande dépensière.
Et il fait saillir en belle vue le Groupe de femmes au visage caché :
Celle qui s'est donnée, — celle qui s'est refusée, — celle qui s'est donnée et reprise, — celle qui n'apas deviné, — les disparues. Les possédées : « Ah! chair asservie... pauvres femmes ! »