‹ MonstresChapitre 29 sur 29 · PROMESSE · texte numérisé non relu

PROMESSE

Quand nous serons clos. . .

Elle m aime toujours, presque toujours. . Odeur de fleur, parfum de femme.

Tf autres hommes, non d'autres femmes. . . — HH—

DESSIN

Elle avait mis de côté une journée pour moi.

LE MUR

DESSIN

C'est à propos (Tune question d'intérêt privé quil a perdu le ne% qui lui fut mangé.

DESSIN

La Nouvelle Athènes (à Montmartre). . . Athènes (l'ancienne).

D'Espagnat.

DESSIN

Chantonelle amoureux.

Un peu godiche.

Une femme sensible (portrait)

— Quelqu'un?

— Plusieurs quelqu'un.

Henri Guérard.

i9o CHAPITRE DOUZIEME

DESSIN

Et elle se montra conciliante.

Latin de boudoir.

— ctt8t§> —

En attente idées, ...ce sourire! .

Spirituel.

— Une absinthe avec un petit glaçon.

Quelque chose en moi cloche, clodoche...

Rendez-vous obtenu.

Y ai été reçu à ïoral.

Donner des fleurs, conter fleurette.

EN TRAVAIL

EN TRAVAIL

Chantonelle a travaillé fenêtres, portes ouvertes, et le vent a brouilléles feuillets; à pied il a- fait le long voyage, ayant peut-être en poche un billet pour quelque train rapide ; à deux rendez-vous appelé, quel a été son choix? « La vie est intervenue et l'a dominé, la vie Ta opprimé. » Il s'est mal défendu. Il n'a pas eu la

force de s'isoler, tout a toujours été tout mêlé. Dépendant des joies ou des tristesses de l'heure, l'œuvre entreprise va s'écartant des résolutions premières vers quel point d'arrivée? Des lignes arrêtées, que reste-t-il?

Il revoit son premier essai.

Chasseur à petit plomb, dans son amour déjà bien vif des oiseaux chanteurs, il a visé les oiseaux siffleurs, de bas, de loin.

Et puis il voulut prendrechamp, timide et tant ignorant dans la belle querelle de la matière et de l'esprit, tenter œuvre morale par des moyens d'artiste : la petite voix... le faible souffle...

Et ensuite, fier, il voulut dresser au milieu de tous une figure d'homme libre.

C'est alors que Chantonelle, lassé, attristé, apaisé, non refroidi, prit quelque goût à l'agrément de l'entour, et l'art lui fut un refuge. Cette galerie de Monstres, virtuoses de l'artifice, est enfin un réveil, un tardif réveil! La jeunesse est passée. Et clic et clac! L'idée s'enlise dans la matière grise... Clic... clac... Il n'y a plus trace de légèreté d'esprit; loin des freluches de l'heure heureuse, rien ne vient, vif et rapide, apporter sa minute d'agitation; aucun choc, ni

EN TRAVAIL

surprise; l'homme jeune n'est plus et l'homme vieilli n'a rien dit de décisif...

Pendant que Chantonelle travaille à l'atelier, le grand arbre de cent ans est arraché dans une bourrasque; il tombe avec fracas et couvre tout, après avoir tout brisé (i). Un moment Chantonelle cesse de travailler. Il causait sous cet arbre avec des amis; il songe... « sous un autre arbre ... avec d'autres amis... » Son ombre fut douce à cette vieille tête, à ces jeunes fronts.

Chantonelle raconte : « J'avais écrit à un artiste : « Vous savez, le grand arbre, le vieil arbre, « notre arbre, le vent Ta renversé!... Venez. » Et, ce même jour, l'ami, l'artiste puissant et profond, arrive, et, paroles inattendues, dit: « Je k. vous rapporte votre parapluie. » Tout à son noble rêve (ah! justement!), l'artiste avait peut-être en route oublié l'arbre ; j'avais oublié le parapluie. »

Et, en espoir de dresser sur un haut socle son Tueur, Chantonelle travaille avec le désir de retrouver la naïveté d'expression des temps anciens, une forme dont le gothique français aurait été la Renaissance. A chacun des monstres

(i) 25 septembre 1896.

il emprunte le trait significatif, il dégage des détails vains le sens mystérieux de l'être. Chantonelle n'a rien fait, rien dit; mais, toujours debout, il se sent une force non encore utilisée, dirigée. Dans le silence et la solitude il s'agite, espère, craint et sent en lui le trouble délicieux de la maîtrise, trouble inconnu. Il se sait libre enfin, agissant, possesseur des secrets, dominateur; il se voit investi, ainsi épuré, affermi, d'une dignité nouvelle. Un autre lui, qui est luimême, surgit. De ces emprunts faits à tous ces monstres, il a fait un Monstre, et ce Monstre est debout! Chantonelle, tremblant, regarde, dans l'ivresse du triomphe,, l'œuvre belle, révélatrice, son œuvre, et alors... alors, dans un sentiment douloureux où persiste une trace de la joie ressentie... il se reconnaît! .

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