DE LA CONVERSION TARDIVE
Je hais cet accidentai repentir que l'aage apporte. Je ne sçauray jamais bon gré à l'impuissance, de bien qu'elle me face. Nos appétits sont rares en la vieillesse ; une profonde satiété nous saisit après le coup : en cela, je ne veois rien de conscience; le chagrin et la foiblesse nous impriment une vertu lasche et catarrheuse.
Pour la veoir hors de combat, je ne l'estime pas plus valeureuse.
S'il y a convalescence, c'est une convales-
cence maleficiee. Misérable sorte de remède, debvoir à la maladie sa santé !
Il fault que Dieu nous touche le courage ; il fault que nostre conscience s'amende d'elle mesme, par renforcement de nostre raison, non par l'afïoiblissement de nos appétits.
Ondoibtaymerla tempérance par elle mesme, et pour le respect de Dieu qui nous l'a ordonnée, et la chasteté; celle que les catarrhes nous prestent, et que je dois au bénéfice de ma cholique, ce n'est ny chasteté, ny tempérance.