‹ Montaigne pamphlétaireChapitre 64 sur 108 · Chateaubriand, Éludes hisloriques, t. IV, p · texte numérisé non relu

Chateaubriand, Éludes hisloriques, t. IV, p

2. MoNSTRELET, dans Recueil des Mémoires pour servir à Vhisloire de France, par Michaud et Pcujoulat, t. II, p. 68&.

172 MONTAlG>E ET LE « CO>TK U> »

fidèle à ses amis et accueillant pour tous. Le peuple aimait à le voir passer dans les rues, et s'était toujours dit que les maux publics provenaient de l'état de maladie où était tombé le roi Charles; la bonté qu'il laissait voir dans ses intervalles lucides avait fait de lui un objet de tendre pitié. Quelques semaines avant sa mort quand il était rentré dans Paris, les habitants, au milieu de leurs souffrances, avaient vu avec joie le pauvre roi fou revenir parmi eux, et ils l'avaient accueilli de mille cris de Noëls ^ ! »

Henri Martin [Histoire de France, t. V, p. 442) : «A partir de cette époque (1392-1393), la vie de Charles VI n'est plus qu'une succession de longs accès de frénésie et d'idiotie entrecoupés d'intervalles où il retrouvait assez d'intelligence pour comprendre son malheur et celui de son peuple, et parfois assez de volonté pour .essayer d'y porter remède. Mais à peine avait-il commencé d'agir que le mal impitoyable ressaisissait sa proie. Plusieurs fois, des instants lucides furent signalés par des ordonnances utiles et populaires, mais les détenteurs habituels de son autorité attendaient que son esprit recommençât à s'obscurcir pour lui arracher la révocation de ses mandements, ou rendre en son nom des édits funestes au paj'^. »

Michelet [Histoire de France, Bourguignons et Armagnacs, p. 149-150) : « Hélas ! s'écriaient les

bonnes gens ! Ah ! s'il avait sa tête, la ville et le

royaume s'en seraient bien mieux trouvés. Chaque fois qu'il revenait à lui, il tâchait de remédier à

1. GuizoT, Histoire de France raconlce à mes prlUs-enfants, p. 28.3-84.

momaiglNK kï le « gom'r'un » 170

quelque mal. Il avait essayé de mettre de l'ordre dans les finances, de révoquer les dons qu'on lui surprenait dans ses absences d'esprit. Visiblement, il aimait le peuple ; il aimait, mot immense ! Le peuple le lui rendait bien. «

Charles VI n'a donc jamais été un tyran ni pour ses contemporains, ni dans l'opinion de personne. Ce sont les oncles qui furent des tyrans. Or, dans la thèse de M. Dezeimeris, c'est bien Charles VI qui est le tyran; il soutient, nous allons le voir, que les traits du tyran du Contr'un s'adaptent un par un à ceux de Charles VI. Nous ferons voir qu'il n'en est rien; mais montrons d'abord que le gouvernement des oncles, si tyrannique fût-il, ne ressemble en rien à celui qui soulevait l'indignation du Conir'iin.

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