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CATHERINE DE MÉDICIS

(Médaillon de bronze. — Musée du Louvre.)

à Sainte -Hermine, pensant bien que l'ennemi ne refuserait pas la bataille. Mais celui-ci, au contraire, ne cessait de temporiser. Persuadé que les retards ne pouvaient qu'affaiblir des adversaires sans cohésion, La Noue, en général habile, laissait se prolonger un état de choses qui devait servir à sa cause. La mort

l8o CHAPITRE IV

du roi était imminente, et cette disparition, en augmentant le désarroi des Catholiques, profiterait aux Huguenots. Ceux-ci crurent même au décès de Charles IX avant qu'il ne fût survenu. Ils supposaient qu'on leur cachait cette fin pour permettre à Henri III de rentrer de Pologne; aussi s'agitaient-ils beaucoup par-dessous mains plutôt que de combattre, pour gagner le plus de partisans à leur cause et susciter le plus d'ennemis au futur roi de France, qu'ils méprisaient à l'égal de son frère. C'est au milieu de ces atermoiements et tandis que les religionnaires manœuvraient de la sorte que Montaigne fut chargé d'une mission de confiance à Bordeaux.

Le duc de Montpensier «dépêcha» Montaigne du camp de Sainte -Hermine auprès du Parlement de Bordeaux pour porter des instructions écrites et fournir verbalement un exposé plus explicite de la situation. Investi de cette délégation, Montaigne partit aussitôt et vint communiquer avec la cour. Son ancien titre de conseiller lui donnait droit de prendre séance au Parlement et d'y parler au milieu de ses collègues. C'est ce qu'il fit le ii mai 1574. Lui-même en a noté le souvenir dans le volume d'Éphémérides sur lequel il mentionnait les principaux événements de son existence". Les registres du Parlement de Bordeaux confirment eux aussi ce témoignage. Prévenus de l'arrivée de Montaigne, les membres de la Cour délibérèrent sur la façon dont il

I. D»" Payen, Documents inédits sur Montaigne, no 3, i855, p. 14 et 20. — Bigorie de Laschamps, Michel de Montaigne, 1860 (20 édition), in-12, p. i5.

devait être accueilli parmi eux. Ils décidèrent qu'en sa qualité d'ancien conseiller le messager serait € assis et mis au milieu du bureau de la Grand'- Chambre parmi les autres conseillers d'icelle Chambre >. Ainsi procéda- t-on. On accorda à Montaigne

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