‹ Montaigne; textes choisis et commentésChapitre 36 sur 61 · LI":S ESSAIS UE · texte numérisé non relu

LI":S ESSAIS UE

1res vives, très personnelles, il crée des métaphores et des images avec une étomdissante fécondité. Son style est une création perpétuelle, un jaillissement ininterrompu d(î formes sensibles, c'est un enchantement discret, mais pénétrant, de tous les sens et de tous les muscles aussi bien que de l'esprit, car toute la personne de Montaigne '^ concourt à le former, aussi bien sa sensibilité physique que " son imaguiation et son bon sens. Sa richesse d'exi^ression est inépuisable. Les philosophes nous parlent de l'âme en général comme d'un ensemble de facultés abstraites qui semblent mortes à l'imagination du lecteur. L'âme chez Montaigne, par une métaphore continue, qui enveloppe tout son livre, vit en quelque sorte d'une vie physique et sensible. EUc a une stature. EUe a des yeux et des oreilles. EUe a des mains avec lesquelles elle saisit les objets, et sa poignée est Ihnitée ; si vous lui donnez trop d'objets, elle ne peut les prendre et les serrer. EUe a des pieds sur lesquels elle se cambre pour soutenu* l'attaque des passions ses adversaires ; elle se présente à eux fièrement, dans son haut appareil ; et quand une fois ils l'ont renversée, quand elle a perdu pied et qu'elle est à terre, elle ne sait plus se relevei-. EUc porte des fardeaux, se roidit sous la chaige et parfois succombe. EUe sait se bander, tendre ses muscles et les détendre. EUe a presque toutes les quaUtés et les foiictions du corps. Cette poésie intense se jomt à beaucouj) de naturel. C'est une causeide, mais une causerie singulièrement chaude, pleine d'imprévu et de coulem', une causerie qui serait une incessante création.

Les essais maintenant sont aussi souples et amples qu'ils étaient raides et pauvres autrefois. Montaigne, qui a sous la main une matière abondante et une matière qu'il connaît mieux que quiconque, procède par larges tableaux, (pii débordent de sensations, d'impressions, de sentiments, f Tout y est vivant parce que le Moi a tout envahi, qu'il a apporté partout sa vie propre, parce qu(^ partout bai. nu cœur humain, troublé des doutes, des inquiétudes, des malheurs, des joies, des rêveries qui agitent l'existence himiaine. Et puis, dans tous ces tableaux, pom* divers

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qii'ili! soient, c'est le même personnage aperçu dans des attitudes diverses, c'est le Moi de Montaigne, souple mais un, qui concentre l'intérêt du spectateur. Et ce Moi de ^lontaigne, partout présent, confère au livre une sorte d'unité nouvelle qui le rend singulièrement attachant et dramatique. Le mouvement et la vie ont pénétré partout, li'essai est devenu vraiment un genre original. Il a reçu la vîe des mains de Montaigne.

Quand il eut publié sa cinquième édition, eu 1588, Montaigne ne composa plus d'essais nouveaux. Son expérience ne s'était pas renouvelée. Il n'avait ni rempli uiuî magistrature comme naguère sa nuùrie, ni éprouvé des catastrophes semi)lables à la peste de 1585, et le voyage qu'il venait de faire cette même année à Paris n'était pas de ceux dont on rapporte une ample moisson d obseivations. Son sujet n'était pas inépui able. A l'exploiter plus longuement il eût diffic ement évité les redites. Déjà n'vn avait-il pjiij un trop grand nombre à se ;e])rocher?

Voilà i)ourquoi il se contenta de gonfler d'additions ses anciens essais. Il le fit d'ailknus très abondamment, et lo mamiscrit de Bordeaux est littéralement couvert de notes nuirgiuales. Ce n'était pas là chez lui un système nouveau : déjà dans l'édition de 1582 il avait fait quelques additions aux deux premieis livres, mais elles étaient courtes et peu nombreuses. En 1588 elles s'étaient beaucoup multipliées. En 1595 elles envahissent tout : on n'en compte; l)as moins de mille, et beaucoup d'entre elles sont très dévelopi)ées. Quels |)Ouvaieut être les effets d'un pareil procédé?

Le dessein de Montaigne n'est pas changé. Il se propose de se jieindic comme en 1588, et c'est sa propre peinture qu'il prétend faire au moyen d'additions, de même qu'en

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1588 il la faisait au moyen d'essais nouveaux. Non seulement il continue à affirmer à bien des reprises que ses intentions sont restées les mêmes, mais parmi les additions plus de deux cent cinquante nous apportent des informations sur le Moi, et celles-là sont parmi les plus étendues. Montaigne s'observe toujours et philosophe à l'occasioil "-; de ses impressions et de ses expériences.- Plus que par le passé, la vieillesse et la maladie le pressent, et la mort se fait imminente. Aussi ses préoccupations vont-eUes souvent à la vieillesse, à la douleur et à la mort. Il écrit :

Voici, de nouveau, que les pins légers mouvements éprennent le pur sang de mes reins ; quoi pour cela? je ne laisse de me mouvoir comme devant et piqner après mes chiens, d'une juvénile ai'deur et insolente; et trouve que j'ai grand'raison d'un si important accident, qui ne me coûte qu'une sourde pesantem* et altération en cette partie : c'est quelque grosse pierre, qui foule et consomme la substance de mes rognons et ma vie, que je vide peu à peu, non sans quelque naturelle^, douceur, comme un excrément hormais (désormais) superflu Sj^et empêchant (1).

... La décrépitude est qualité soUtaire. Je suis sociable jusqu'à l'excès : si {aussi) me semble-t-il raisonnable que meshui (désormais) je soustraie de la vue du monde mon importunité et la couve moi seul ; que je m'appile et me recueille en ma coque connue les tortues, que j'apprenne à voir les hommes sans m'y tenir... D est temps de tourner le dos à la compagnie (2).

... L'opiniâtreté de mes pieiTes (la maladie de la pierre) m"a parfois jeté en longues suppressions d'urine, de tfois, de quatre jours, et si avant en la mort, que c'eût été lolie d'espérer l'éviter, voire désirer, vu les cruels efforts que cet état apporte. Me trouvant là, je considérais par combien légères causes et objets l'imagination noumssait en moi le regi'et de la vie ; de quels atomes se bâtissait en mon âme le poids et la difficulté de ce délogement ; à combien frivoles pensées nous donnions place en un si grand affaire : un chien, un cheval, un livi'c, un verre, et quoi non? tenaient compte en ma perte ; aux autres, leurs

(1) Essais, TII, xni,

(2) Ibid., III, IX.

ambitieuses espérances, leur bourse, leur science, non moins sottement A mon i^ré (1).

.le suis pour cette heure en tel étal. Dieu nieici, que je [»uis (lél()t;;er quand il lui plaira, sans re^et de chose quelconque. Je nie (lénoue partout : mes adieux sont tantôt pris de chacun, sauf de moi. Jamais homme ne se prépara à quitter le monde plus purement et |)leincment, et ne s'en déprit plus universellement que je ne m'attends de faire (2).

... Le plus long de mes desseins n'a pas un an d'étendue, je ne pense désormais qu'à finir, me défais de toutes nouvelles espérances et entreprises, prends mon dernier congé de tous les lieux que je laisse, et me dépossède tous les jours de ce que j'ai (B).

TTn très grand nombre d'additions copendant n'ont pas trait au Moi. Nous avons vu que, par désœuvrement sans doute, ]\F()ntaia:ne, sur la fin de sa vie, donnait ])lus de t 'iiif)s à ses lectures. Maintenant comme autrefois, il lit surtout des moralistes et des historiens. Il se plaît particulièrement aux histoires qui lui parlent de pays lointains, la Turquie, les Indes orientales, la Chine, qu'il s'amuse à visiter (n imagination maintenant que ses infirmités Tempri-onnent dans sa tour.

Or, quaiul il rencontre dans ses livres un fait capable d'illustrer qui^cpie passa<ïe des Epsais, une idée qui cadre avec les idées qu'il a exprimées lui-même, il est tenté d'ouvrir ses Essais et de les faire profiter de son butin. Cela ne va pas sans avantages : Montaigne contrôle ainsi ses pensées par l'expérience et par les pensées de antres. 11 en ])récise l'expression et souvent la fortifie. Tel exemph». heureu-(>ment approprié étaie une opinion insiiflisamment prouvée. Telle autre de ses opinions n'avait pas été exprimée ])ar lui avec assez de vigueur. Platon ou Cieéron lui fourniront les mots dont il a besoin pour lui donner toute sa force. Déjà en 1588 il avait critiqué la torture. Il trouve

(1) Essais, III, IV.

(2) Ibid.. I, XX

3) Ilid., II, xxviiL

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chez Vives (1) des raisons nouvelles de la condamner. Los raisons de Vives viennent corroborer son argumentation. AUleurs, au contraii'e, il se sent en contradiction avec son auteur : il le cite pour le réfuter, pour opposer sa pro])r(manière de voii' à celle de ses adversaires, et par là il prend une conscience plus ferme de son originalité.

Nou moins que la pensée, le style est l'objet de s''^ ""^''^^ - Certes, quand il s'est phTà nous répéter qu'il n'avait nul souci de la forme, qu'il écrivait au petit bonheur, nous ne l'avons Jamais cru sur parole. Mais, à l'époque où nous sommes, ses scrupules d'artiste se font plus impérieux cpu; jamais. La méthode des additions, qui invitait son esprit à 's'arrêter sur les détails, favorisait l'mveiition des expressions pittoresques, et aussi les ratures et corrections. Il multiplie les images et métaphores, qui recou\Tent l'idée d'une végétation luxuriante. H multiplie les proverbes et les tours populaires, qui donnent à la causerie des Essais cette allure de vivacité et de naturel qui en fait le charme. « Trouver la fève au gâteau. — Faire la figue à un aveugle et dire des pouilles à un sourd. — Qui m'aura craché au nez pendant que j'étais, me \'ienne frotter les pieds quand je ne suis plus. — Laisser la rivière courre sous le pont. — Jeter, comme l'on dit, le manche après la cognée. » 11 recherche les pointes et les antithèses jusqu'à en abuser. Les retouches de forme qui ne portent que sur un ou deux mots sont au nombre de plus de trois mille, en moyen tu' deux fois plus nombreuses qu'en 1588, et quatre fois plus qu'en 1582. Significatives entre toutes sont les suppressions de mots si fréquentes, destinées à alléger la phras(\ H avait donné terriblement dans la mode, courante au seizième siècle, de redoubler ou même de tripler certains termes de la plu'ase sans utihté pour le sens, à seule (in d'étoffer la période. Après 1588 il se prnul à effacer bei!ucoup dp ces redoublements oiseux, plus conscients de l'oi i-

(1) Louis Vives, ministre et érudit du seizième siècle, né à Valence rasme et Rude. iJ a h 'Europe occidentale.

en Espagne. Comme Erasme et Rude. iJ a fait beaucoup pour le révcjl de l'humanisme dans l'Europe occidentale.

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ginalité de son style, qui est un parler de causerie, familier, vif, haché, coloré, et que déparc nt toute affectation 'd'aml)leui' et toute boursouflure.

Et puis, que de beaux contes il sait trier dans les livres des autres pour en enrichir le sien! C'est un genre de pillage auquel il est passé maître. Qu'on relise les anecdotes que voici, insérées j)ar lui à cette époque dans des Essais qui nous parlaient de la mort et de la cruauté.

(JbKLQUES EXEMPLES DE COURAGE DESESPERE

Jiogès (1), gouverneur en Eione de la part du roi Xerxès assiégé par rannée des Athéniens, sous la conduite (Je Cimon, refusa la composition de s'en retourner sûrement en Asie à tout, (avec) sa chevance {ses biens), impatient de {ne voulant pas) survivre à la perte de ce que son nuiître lui avait donné en garde; et, après avoir défendu jusciu'à l'extrémité sa ville, n'y restant plus que {de quoi) manger, jeta premièrement en la rivière de Strymon tout l'or et tout ce de quoi il lui sembla renneiiii pouvoir faire plus de butin ; et puis, ayant ordoiuié d'allumer un grand bûcher et d'égosiller (étrangler) femmes, enfants, concubines et serviteurs, les mit dans le feu, et puis soi-même.

Ninachetuen, seigneur indois {indien), ayant senti le premier vent de la délibération du vice-roi portugais de le déposséder, s'ans aucune cause apparente, de la charge qu'il avait en Malacca, jjour la domier au roi de Campar, prit à part soi cette résolution : il fit dresser un échafaud plus long que large, appuyé sur des colonnes, rojalement tapissé et orné de fleurs et de parfums en abondance; et puis, s'étant vêtu d'une robe de drap d'or chargée de quantité de pierreries de haut prix, sortit en rue et par des degrés monta sur Téchafaud, en un coin duquel il y avait im bûcher de bois aromatique allumé. Le inonde accourut voir à quelle iin ces préparatifs inaccoutumés : Ninachetuen remontra, d'un visage liardi et mal contejit, l'oljligation que la nation portugaloise (porhigaise) lui avait; combien lulèlemenl il avait versé (il s'clail conduit) en sa charge; qu'ayant si sou vtMit témoigné [tour autrui, les armes en main, que l'honneur lui ét;iit de beaucoup plus cher que la vie, il n'était pas pour en

(1) Etinaii), II, m. Ju suis le texte de l'éditiuu municipale.

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abandonner le soin pour soi même ; que, sa fortune lui refusant tout moyen de s'opposer à Tinjure qu'on lui voulait faire, son courage au moins lui ordonnait de s'en oter le sentiment, et de servir de fable au peuple et de triomphe à des personnes qui valaient moins que lui : ce disant, il se jeta 'dans le feu.

... Vibius Virius, désespéré du salut de sa ville, assiégée par les Romains, et de leur miséricorde, en la dernière délibération de leur (1) sénat, après plusiems remontrances employées à cette fin, conclut que le plus beau était d'échapper à la fortune par leurs propres mains ; les emiemis les en auraient en honneur, et Annibal sentirait de combien fidèles anus il aurait abandonnés : conviant ceux qui approuveraient son avis, d'aller prendre un bon souper qu'on avait dressé chez lui, oîi, après avoir fait bonne chère, ils boiraient ensemble de ce qu'on lui présenteiait : « breuvatre qui déh\Tera nos corps des tourments, nos âmes des injures, nos yeux et nos oreilles du sentiment de tant de vilains maux (pie les vaincus ont à souffrir des vainquem's très cruels et offensés. J'ai, disait-il, mis ordre qu'il y aura personnes proj)res à nous jeter dans un bûcher au-devant de mon huis (porlr), quand nous serons expirés. » Assez approuvèrent cette haute résolution ; peu l'imitèrent ; vingt et sept sénateurs le suivirent ; et, après avoir essayé d'étouffer dans le vin cette fâcheuse pensée, finirent leur repas par ce mortel mets: et, s'enti^'embrassant, après avoir eu commun déploré le malheur de leiu- pays, les uns se retirèrent en leurs maisons, les autres s'aiTêtèrent (rp.</ère»Opour être enterrés dans le feu de Vibius avec lui, et eurent tous la mort si longue, la vapeur du vin ayant occupé les veines et retardant l'effet du poison, qu'aucuns fui'eiit à une heure près de voir les ennemis dans Capoue, qui fut emportée le lendemain, et d'encourir les misères (ju'ils avaient si chèrement fuies. Taurea Jubelhus, un autre citoyen de là. le consul Fulvius retournant de cette honteuse boucherie qu'il avait faite de deux cent vingt-cinq sénateurs, le rappela fièrement par son nom, et l'ayant arrêté : « Commande, tit-il, qu'on me massacre aussi après tant d'autres, afin que tu le puisses vanter d'avoir tué un beaucoup plus vaillant homme (|ue toi. » Fulvius, le dédaignant comme insensé (aussi que {parce qup) sur l'heure il venait de recevoir lettres de Rome,

^l) Du sénat des habitants de Capoue, sa ville. Annibal avait cnvalii ritaUe. Capoup s'était pr(jnoncée en sa faveur, et, puur la SDumettrc il l'obéissance, les Romains en faisaient le siège.

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contiaires à l'iuhumaiiité de son exécution, qui lui liaicnl les mains), Jubellius continua : « Puisque mon pays pris, mes amis morts, et ayant de ma main occis ma femme et mes eni'anîs pour les soustraire à la désolation de cette ruine, il m'est interdit do mourir de la mort de mes concitoyens, empruntons do la vertu la vengeance de cette vie odieuse », et tirant un «ilaivc (|u'il avait caché, s'en donna au travers la poitrine, lombaui renversé et mourant aux pieds du consul.

... Astapa, ville d'Espagne, se trouvant faible de murs et d<' défenses pour soutenir les Romains, les habitants firent un amas de leurs richesses et meubles en la place : et, ayant rangé au-dessus de ce monceau les fcnunes et les enfants, et Tayanl entourné (mtouré) de bois et matière propre à prendre feu soudainement, et laissé cinquante jeunes hommes d'entre eux pour l'exécution de leur résolution, firent une sortie oii, suivant leur vœu, à faute de pouvoir vaincre, ils se firent tous tuer. Les cinquante, après avoir massacré toute âme vivante éparse par leur ville et mis le feu en ce monceau, s'y lancèrent aussi, finissant leur géiUM'euse liberté en un état iitsensilile plutôt (|ue douloureux et honteux, et montrant aux ennemis que, si fortune; l'eût voulu, ils eussent eu aussi bien le courage de leur ôtcr la victoire, conmie ils avaient eu de la leur rendre et frustratoire {ruine) et hideuse, voire et mortelle à ceux qui, amorcés j)ar la lueur de l'or coulant en cette flamme, s'en étant a| (proches en bon nombre, y furent sulToqués et brûlés, le recidi'r leur étant interdit par la foule ([ui les suivait.

Les Abydéens, pressés par Philippns, se résolurent de même : mais, étant pris de trop court, le roi, ayant horreur do voir la précipitation téméraire de cette exécution (les trésors et les meubles qu'ils avaient diversement condamnés au feu et au naufrage, saisis), retirant ses soldats, leur concéda trois jours à se tuer à l'aise; lesquels ils remphrent de sang et de meurtre au delà de toute hostile cruauté, et no s'en sauva une seule |)( isomie qui eût pouvoir sur soi. 11 y :> infinis exemples de pareilles conclusions populaires, qui semblent, plus âpres d'autant (pic lelTet en est phis universel : elles le sont moins (pie sépaiTcs ; ce que le discours ne ferait en chacun, il le fait eu tous, Tardeiir do la société ravis.sant les parliculi(Ms jugements.

... Philip])us (i), roi de Macédoine, celui (pii eiil laiil d ■ lufiécs (affaires nnhrnnillâK) à démêler avec le peiipli' roiiiaiii

(1) Essaia, li, xxvn.

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