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LES ÉLECTIONS DE 1863. — UNE VOCATION. LE CONGRÈS

DE MALENES.

Les joies delà famille ne suffisent pas à consoler Montalembert des déboires de sa vie publique. Ni ses nombreuses amitiés, ni ses voyages multiples, ni ses grands travaux d'histoire ne lui font oublier un seul instant les intérêts de l'Église et du pays. Nul ne suit avec plus d'attention la marche des événements. Or, depuis quelques années, de meilleurs symptômes apparaissent à l'horizon politique. D'une part, l'attitude des catholiques envers l'Empire se trouve modifiée par les affaires romaines; un refroidissement entre TÉglise et l'État s'est produit, suivi d'une petite guerre, dont le principal incident a été le décret de M. de Persigny contre les Conférences de Saint- Vincent de Paul. D'autre part, les idées libérales sortent de leur engourdissement et Montalembert surprend au Corps législatif et au Sénat des signes d'une opposition sérieuse. Au mois de mars 1861, il suit les débats sur la question romaine au Sénat, et applaudit chaudement au Corps législatif M. Keller, « le champion éloquent de la cause catholique, le seul talent nouveau qui se soit produit depuis l'avènement du Césarisme ». — « J'ai assisté aux deux dernières séances du Corps législatif, écrit-il le 28 mars 1861, et j'ai été très frappé de l'extrême animation qui y régnait. C'était une vraie fourmilière, ou pour mieux dire, une fournaise, tout comme aux jours les plus agités de la Chambre des députés ou de l'Assemblée nationale. Les deux minorités relativement énormes de 61 voix au Sénat et de

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