‹ MontalembertChapitre 91 sur 217 · QUID SI IPSUM TONANTEM AUDIVISSES · texte numérisé non relu

QUID SI IPSUM TONANTEM AUDIVISSES

HANC PRISCI ARISTIDIS EFFIGIEM ARISTIDI NOSTRO JULIO DUFAURE VIRTUTE ET ELOQUENTIA PR.-ECELLENTI

GRATUS OBTULIT AC DICAVIT CAROLUS COMES DE MONTALEMBERT ACCUSATIONE MAJESTATIS EXSOLUTUS AC VINDICATUS DIE XXI DECEMBRIS MDCCCLVIII.

« Oserai-je montrer un tel hommage, comme si je croyais le mériter, répondit Berryer? Vous me mettez, mon ami, dans un grand embarras. Enfin, je vous dirai comme Racine à Saint-Simon : « Je déteste la trahison, mais « j'aime bien le traître. » — Dufaure écrivit de son côté : « Vous avez introduit dans ma famille un monument qui doit faire l'orgueil de mes enfants et leur servir de leçon. Ils comprendront sans doute ce qu'il y a de trop

Hélas ! le vœu de dom Pitra ne semblait pas à la veille de se réaliser. Pendant le procès de Montalembert, Louis Veuillot, tout en se défendant de l'avoir suscité, ne dissimulait guère ses vrais sentiments : « Si le Correspondant succombe , écrivait-il, nous n'en aurons aucun regret. Sa ligne politique n'est qu'un tapage ou stérile ou malheureux; sa ligne religieuse est effacée ou incertaine, sans lumières pour les incrédules, sans chaleur pour les catholiques. » En dépit de quelques nuages passagers, la devise du clergé était toujours : Dieu et l'Empereur! On le vit bien au mois d'août 1858, lorsque Napoléon III et l'Impératrice visitèrent la Bretagne. Le 15 août, jour de leur fête, ils vinrent prier à Sainte-Anne d'Auray. « Désormais, disait le préfet du Morbihan, l'Empereur. l'Impératrice et le prince impérial seront, comme tous les vrais Bretons, placés sous la protection de sainte Anne... Que vos acclamations disent à la France que votre dévouement est acquis au souverain qui a rendu au monde la paix et à notre Saint-Père le Pape son trône! » Comment dépeindre la joie de l'Univers et l'enthousiasme du clergé! Les Bretons affluaient sur toutes les routes, croix et bannières en tête; dociles à la voix de leurs pasteurs, ils répétaient : Vive l'Empereur, comme on chante Ora pro nobis à la procession. Ils semblaient n'avoir pas assez de langues pour louer leurs augustes visiteurs, et les curés employaient tour à tour le français, le latin et le bas-breton. Mais le fond des harangues était le même. Après avoir exalté « le prince que la Providence avait suscité pour arrêter sur le bord de l'abîme la France et l'Église », ils eussent cru lui manquer de respect en ne réclamant point quelques subsides pour leur église ou leur clocher. Dans une lettre à Montalembert, M. de Carné montre les anciens voltairiens. les hurleurs démocrates qui formaient jadis en Bretagne le cœur de l'opposition, « s'inclinant jus-

flatteur dans l'assimilation écrite au pied de cette statue ; mais ils pourront jï-ifier des relations que j'ai eues avec un homme dont le nom restera célèbre longtemps après que le mien sera oublié, et ils sentiront ce que devient la reconnaissance, accordée même à. des services secondaires, lorsqu'elle est inspirée par un grand et noble cœur et exprimée par une intelligence supérieure. »

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